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Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges: chronique d'une autre époque

Manon Lussier (deuxième à partir de la gauche)... (Gérard Leduc)

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Manon Lussier (deuxième à partir de la gauche) joue le rôle de la douce soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus.

Gérard Leduc

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) Après avoir été présentée avec succès chez Duceppe, au théâtre Denise-Pelletier et deux fois en province, la pièce Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges a repris la route cet automne et franchira les portes du Palace de Granby cette semaine.

Les amateurs des Chroniques du Plateau-Mont-Royal de Michel Tremblay connaissent bien le second tome, Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges. Publiée en 1980, l'oeuvre nous plonge dans le Montréal de 1942, dans le petit monde de Thérèse, Pierrette et Simone, trois copines inséparables qui étudient à l'école des Saints-Anges. Menée par des religieuses, l'institution catholique sert de trame de fond au quotidien de ces adolescentes, à l'aube de la Grande Noirceur québécoise.

La comédienne d'origine granbyenne Manon Lussier fait partie de la distribution depuis la première représentation. Pour l'avoir jouée une centaine de fois, elle est bien placée pour parler de cette tragi-comédie qu'elle adore.

«Ce qui est touchant dans cette oeuvre, c'est la résonance qu'elle a sur les gens qui ont vécu cette époque. Ils reconnaissent le contexte et réagissent. On voit que des comptes se règlent!»

Elle poursuit. «Dans Thérèse et Pierrette, il est question de l'éveil à la sexualité, mais aussi de confrontation et de synergie à l'intérieur d'un groupe. Ces thèmes rejoignent tout le monde.»

Sans surprise, Manon Lussier voue une profonde admiration à Michel Tremblay. «Pour moi, Tremblay, c'est du bonheur. C'est notre auteur national», lance-t-elle.

Dans cette pièce, ajoute la dame, le romancier transgresse les interdits et libère des carcans de l'autorité et de la religion qui prévalaient dans le Québec de la Deuxième Guerre. «La dignité humaine est très importante dans l'oeuvre de Tremblay. Il prend le pouls de la société de l'époque, il dénonce et il propose une force intérieure à ses personnages. En fait, il redonne de la liberté au monde».

Cette dernière se réjouit d'ailleurs du fait que la situation ait aujourd'hui grandement changé par rapport au récit. «Ça n'a plus rien à voir! La Révolution tranquille a tout changé. Il y a eu un réveil total, un grand éclatement dans les années 60 en matière de féminisme, d'éducation...»

Les beaux rôles

Pour l'oeuvre théâtrale, produite par Jean-Bernard Hébert, Manon Lussier porte deux chapeaux. Dans une scène, elle interprète la mère de Pierrette. Pour le reste, elle enfile les habits de soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus, une religieuse «fine et douce», qui vit une amitié amoureuse avec soeur Ste-Catherine.

Quant au reste de la distribution originale de Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges, ila changé depuis le premier lever de rideau, mais demeure drôlement solide. Aux trois interprètes principales - Sylvianne Rivest-Beauséjour (Simone, alias Bec-de-lièvre), Marie-Ève Milot (Pierrette) et Marianne Dansereau (Thérèse) - vient se greffer une brochette de comédiennes, dont Jade Bruneau, Isabelle Drainville, Lynda Johnson et Muriel Dutil, qui reprend ici du service en tant que mère supérieure.

Et parmi toutes ces femmes, un seul homme, Maxime René de Cotret, dans le rôle du séduisant Gérard Bleau, dont la jeune Thérèse tombe amoureuse.

Quand on lui demande quelle est sa réplique préférée dans cette oeuvre touffue qu'elle connaît par coeur, Manon Lussier n'hésite pas bien longtemps.

«C'est lorsque la mère de Bec-de-lièvre s'adresse à la mère supérieure en lui disant "Pourquoi vous ne nous donnez pas confiance en nous autres, au lieu de toujours nous rabaisser?". Ça me touche chaque fois, même après toutes ces représentations. Je trouve que ça résume bien toute la pièce.»

Jouer et enseigner

Depuis qu'elle a quitté son Granby natal à 17 ans pour aller étudier en théâtre à Saint-Hyacinthe, Manon Lussier a roulé sa bosse sur les planches, à la télévision... et à l'école.

Détentrice d'une maîtrise en art dramatique, elle enseigne au cégep de Saint-Hyacinthe depuis 20 ans. «Ça fait partie intégrante de ma carrière. J'aime tellement le théâtre que ça me permet d'en faire tout le temps! J'aime le lieu qu'est l'école, le rapport avec les jeunes adultes. C'est comme une famille.»

L'un des moments forts de ces dernières années aura sans doute été sa pièce solo Un suaire en saran wrap, qu'elle a écrite, mise en scène et jouée durant quatre ans. L'oeuvre avait notamment remporté le Prix Roseq/RIDEAU 2010.

La scène l'a souvent accueillie, dans La Mandragore, Les Belles-soeurs et Les Femmes savantes, entre autres productions. Au petit écran, on a pu la voir notamment dans Le grand remous, Yamaska et Tout sur moi.

Bien qu'elle revienne rarement dans son patelin, la Montréalaise d'adoption rappelle que c'est à Granby qu'elle s'est initiée au théâtre. «J'ai été gâtée et chanceuse de pouvoir me préparer à faire ce métier», raconte celle qui a fréquenté l'école secondaire J.-H.-Leclerc dans les années 80.

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