Esprit sportif ou tordu?

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

Que se passe-t-il dans le merveilleux monde du sport?

Je sais, ce n'est pas d'hier que les athlètes, et ce peu importent la discipline et le niveau de compétition, usent de divers subterfuges pour arriver les premiers. 

Dopage, fausses blessures, sabotage, faux test d'urine, name it!

En 1979, une marathonienne américaine d'origine cubaine a sauté dans le métro pour prendre de l'avance sur les autres coureurs dans le cadre du marathon de New York. Une tactique qu'elle a répétée six mois plus tard au marathon de Boston avant que quelqu'un découvre son stratagème.

C'est beau, non?

Nigel Warburton, philosophe britannique et collaborateur régulier d'émissions sportives sur la BBC, estime que la triche est une partie intégrante de toute activité sportive. Que le recours à tout ce qui peut donner un avantage sur l'adversaire fait partie, depuis toujours, de l'histoire du sport. 

Les gens sont prêts à tout pour gagner et réussir. La triche, ça ne se voit pas toujours comme le nez en plein milieu du visage. Ça peut parfois être très subtil. Et le phénomène ne se résume pas qu'au niveau olympique.

En renouant avec le vélo il y a quelques années, j'ai rêvé de faire partie d'un regroupement de cyclistes. Je les voyais partir en peloton dans leur beau suit aérodynamique et je me disais, intérieurement, à quel point j'aimerais pouvoir rouler avec eux.

Ça m'a pris trois ans avant de me convaincre de rejoindre les rangs d'une organisation. Premier regret: ne pas avoir tenu mon bout quand j'ai exprimé ma volonté de commencer au bas de l'échelle, dans les D. Comme j'avais des années de spinning dans les jambes, on m'a fortement conseillé de commencer parmi les C. À part se pratiquer sur des vélos, le spinning et le vélo sur route n'ont toutefois tellement rien en commun...

Le hic: dans les C on ne retrouve pas que des C. Il y a aussi des B. Voire des B+. Inutile de vous dire que B vient juste après A: les champions du monde. Ainsi, histoire de suivre la cadence au printemps, certains B, qui tireraient de la patte avec ceux de leur espèce, décident de se classer C. Ainsi, en roulant avec de vrais C et des cyclistes qui, comme moi, se cherchent une place confortable - et leur souffle - entre la troisième et la quatrième lettre de l'alphabet, les B débutent leur saison avec le sentiment d'être des A. 

Me suivez-vous toujours?

De cette façon, au lieu d'être les mauvais parmi les meilleurs, ils deviennent les meilleurs parmi les moins bons. Dans les circonstances, les C ont intérêt à suivre la game, parce que ça peut être décourageant.

Moi, j'ai décroché. C'était difficile physiquement et, avouons-le, moralement. Du plaisir, je n'en avais pas tant finalement. 

Je ne comprenais pas cette façon de faire. J'ai sans doute manqué la réunion qui expliquait qu'un maillot jaune attendait les coureurs au terme des sorties...

Malgré tout, j'ai accepté de donner sa chance à un autre sport de groupe récemment: le dek hockey. Après voir dit que JAMAIS je ne jouerais à ce «sport de truands», je dois dire que je suis agréablement surprise. Notre équipe La Voix de l'Est/Le Plus, ne cesse de s'améliorer. Mais là aussi, des joueuses supposées faire partie d'une catégorie donnée se classent un, voire deux crans plus bas et font des ravages.

C'est la face cachée de vouloir gagner à tout prix? 

Je ne vois pas d'autres explications.

Le phénomène serait le même chez les jeunes qui jouent au hockey sur glace et au soccer. Méchant esprit sportif.

Au dek, j'ai décidé de prendre ça en riant. Mieux encore, je me dis que de croiser le fer avec des championnes fera de moi une meilleure joueuse au fil du temps.

Ah oui, faire rouler en boucle dans ma tête cette citation de Corneille m'aide aussi à encaisser la défaite: À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

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