Pas de place pour les naïfs

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

Quand une fillette de trois ans, sérieuse comme un pape, regarde sa mère dans les yeux et lui demande: toi maman, est-ce que tu as une maman? , on ne peut que fondre devant sa candeur, sa douce naïveté.

C'est tellement cuuuuuuute!

Quand c'est un adulte qui fait une boulette ou qui pose une question dont la réponse se voit comme le nez au milieu du visage ça, c'est hilarant!

Et ça peut l'être longtemps...

Une amie entend encore parler d'un voyage au Mexique fait il y a six ans. Alors qu'elle se trouvait dans un taxi avec des amis, ils ont tous failli mourir de rire quand elle s'est étonnée de voir le compteur accumuler les kilomètres et non les... pesos.

Elle n'avait juste pas pris le temps de réfléchir avant de parler. Il y a des jours comme ça où, à cause de mille et une raisons, un et un ne font plus 2.

Dans ces moments-là, il faut être fait fort, parce qu'en une fraction de seconde, on devient la risée.

Je vous lance le défi de venir en échapper une dans la salle de rédaction un jour. Avec la quantité d'esprits vifs présents au pouce carré, ça prend de la répartie pour se sortir du pétrin.

Les plus susceptibles ne survivent tout simplement pas.

Mon arme secrète? L'autodérision. Inutile d'essayer de ravaler ou d'effacer ce qu'on a pu dire ou faire de con. Le mieux est de l'assumer. Et complètement. Personnellement, et comme je n'ai pas d'orgueil, je tente toujours de faire face à la musique. Et j'en rajoute.

Prenons par exemple ma dernière connerie.

Sous la menace, j'ai rejoint les rangs du «club social» de La Voix de l'Est dernièrement. En gros, c'est nous qui veillons à divertir, par diverses activités ludiques et pas-du-tout-intellectuelles, les artisans du journal.

Ce mercredi midi, nous organisons une épluchette.

Comme on est six dans le comité, on essaie de se répartir les tâches. Moi, je suis nouvelle. Je veux bien faire. Même si je fournis le brûleur, la bonbonne de propane et le gros chaudron, je voulais être certaine de participer convenablement.

Je lis le courriel envoyé à tous et je réponds ceci du tac au tac: Avons-nous des condiments? Je peux amener relish, moutarde, ketchup. À moins que dans votre jargon de comité «set up des tables» ce soit ça??!!

Ma réponse était à peine expédiée que David m'appelle.

- Isabou?

- Yes?

- C'est parce qu'on mange du blé d'Inde.

(Mettez ici un bruit de cigale ou de tout autre insecte musical.)

J'ai donc tout de suite riposté. Inutile d'attendre le rebond.

Bon. Moi, j'ai été admise dans le comité pour vous divertir.

Mission accomplie! ON MANGE PAS DES HOT DOGS LA GRANDE, ON MANGE DU BLÉ D'INDE!!!!!!!!!!!!!!!!J'ai déjà lancé un appel au PAE (plan d'aide aux employés).

Je vais sans doute m'en sortir!

Quand je dis des niaiseries de vive voix, pour dédramatiser, j'aime souligner que, malgré tout, je ne suis pas dangereuse. Mieux encore, je mets l'accent sur le fait que je possède plein d'autres belles qualités.

Un ami pense que mes maladresses sont dues au fait que j'ai trop de choses dans la tête. Peut-être. Mais le contraire peut aussi être possible...

Le week-end dernier, mon chum et moi avons fait garder les enfants pour prendre du temps pour nous. Pour nous reposer, prendre ça mollo.

Assis pour déjeuner chez C'est Belge samedi matin, mon homme me regarde et me lance, le plus sérieusement du monde:

- Je me demande c'est quelle nationalité ici?

- J'sais pas. Qu'est-ce que t'en penses?

Le thème de la fin de semaine, celui de mettre la switch à off, il l'avait visiblement profondément intégré.

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