La reine de la montagne

Le mont Sutton... (Julie Catudal, archives La Voix de l'Est)

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Le mont Sutton

Julie Catudal, archives La Voix de l'Est

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

Ma collègue Karine mesure «5 pieds et un pouce». Inutile de vous dire que le «un» est pour elle très important, car c'est ce qui lui permet de faire trois ou quatre manèges de plus qu'un enfant de huit ans à La Ronde.

Mais le fait de ne pas avoir grandi depuis la quatrième année du primaire ne l'empêche pas d'être une grande fonceuse. C'est d'ailleurs elle qui a entraîné l'échalote craintive et douillette que je suis à courir sur une base régulière, à s'inscrire dans une équipe de dek hockey, la sienne (notre saison commence dans une semaine. Je vous en reparle) et à monter des montagnes.

Du haut de ses petites pa-pattes, elle est toujours partante.

Notre dernier fait d'armes? L'ascension du mont Sutton.

Notre dernière montée remontait à mars dernier. Une belle journée ensoleillée, presque printanière. Sans bâton de marche et avec encore moins de crampons sous nos bottes-pas-du-tout-de-randonnée, on a visé rien de moins que le Round Top.

Deux folles. Sans farce, on aurait pu se péter la margoulette dix fois en montant et retomber sur nos gales à autant de reprises au retour. C'était à la limite kamikaze notre affaire. C'est du moins la réflexion qu'on s'est faite le week-end dernier, alors qu'on retentait l'expérience sur terre battue. Sans la neige, nous avions maintenant une meilleure vue d'ensemble de la situation...

«Mais où est-ce qu'on avait la tête?», qu'on se répétait en reprenant notre souffle au pied d'un escalier forgé à même les racines de pins centenaires.

Parce qu'il est là le secret: faut être préparé à escalader une montagne et, surtout, équipé pour. Surtout l'hiver! Honnêtement, on ressemblait à la limite à tous ces Asiatiques qui débarquent au Carnaval de Québec en ballerines et bottillons, vêtus seulement de leur manteau de cuirette lustré. On détonait un peu.

La randonnée en montagne peut faire partie des sports extrêmes. Sutton n'est pas l'Annapurna. On s'entend. Chaque sommet offre toutefois aux grimpeurs un défi de forces physique et mentale, d'endurance et de sacrifices. Elle peut être dangereuse, surtout quand le grimpeur surestime ses limites ou qu'il est surpris par la météo, le relief du terrain, la présence de glace ou de roches, de souches, de racines, ou de tamias rayés.

Ma grande fille, qui nous accompagnait dimanche dernier, a failli se crever un oeil à cause d'une branche rebelle qui s'allongeait en plein sentier. Dans le bois, il faut avoir des yeux tout le tour de la tête.

Faut être focus.

Mais Maëlle et moi n'avions peur de rien. On a travaillé notre cardio, forgé la dureté de notre mental et on s'est découvert des muscles dont on ignorait l'existence. Tout ça dans la confiance, car Karine était avec nous!

Au bureau, c'est elle qui court après les méchants. Dans ses passe-temps, elle enseigne aux gens à en réanimer d'autres. S'il nous arrivait quelque chose, en montagne ou ailleurs, c'est clair que nous serions entre bonnes mains.

Des amies comme ça, remplies de ressources, convaincantes et entraînantes, j'en ai plein.

De grandes femmes dont je suis fière de suivre les pas.

Aussi petits soient-ils.

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