Mea culpa

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

«Il ne faut jamais dire jamais.»

Cette phrase, rendue célèbre par Napoléon III en 1867, roule en boucle dans ma tête depuis deux semaines.

En l'espace de dix jours, je me suis surprise à courir sur la piste cyclable ET à suer à grosses gouttes dans une joute de dek hockey, deux choses que je m'étais jurées ne JAMAIS faire de ma vie!

Je m'entends encore dire et répéter à qui voulait l'entendre - surtout des coureurs - que moi, la course, ça ne me disait rien du tout. Que je détestais courir. Je prenais bien sûr le temps de leur vouer toute mon admiration d'enfiler les kilomètres par dizaines, mais que personnellement, je n'y trouvais aucun plaisir. Que j'avais peur pour mon dos, mes genoux... ma vessie! Et je terminais toujours mon laïus par un «Vive le vélo!» bien senti.

À chacun son sport, que je me disais.

Le dek hockey, ça j'étais carrément contre. «Un sport de truands», que je me plaisais à dire, haut et fort. Chaque fois que quelqu'un de mon entourage revenait d'une partie, il se plaignait de courbatures ou traînait des ecchymoses dignes d'une débarque dans l'escalier. À les voir courir le Bengay Ultra Strength, les sacs de glace, les Robax Platine ou marcher comme si un train leur avait passé dessus deux fois, j'avais du mal à saisir à quel point on pouvait autant aimer se faire violence.

Mais la vie, des fois...

J'ai écrit, il y a quelques mois, que je marchais pour me rendre au boulot. Je n'ai pas lâché. Ok, peut-être une journée de pluie diluvienne et un matin, la semaine dernière, où mon auto entrait au garage. Sinon, je suis assidue. Avec le temps, j'ai accéléré le pas. Tellement que l'envie, je dirais même le besoin de courir, s'est installée naturellement. Je m'amuse à faire de petits intervalles. Je commence tranquillement. Je fais de la coursette. Je trottine. J'ai quand même révisé toutes les chroniques de course de coach Mike! Je possède une petite base. Je disais souvent que je devais être la-seule-de-tout-Granby à ne pas courir.

Ça s'aligne pour ne plus être le cas. Vraiment doucement.

Pour le dek, disons que je me suis fait... organiser. Il manquait de filles pour former les deux équipes de La Voix de l'Est inscrites à un tournoi farnhamien le week-end dernier. Coéquipiers à l'année dans une équipe mixte, ma collègue et amie Karine Blanchard et mon chum ont décidé de mettre mon nom sur la liste des participantes. «Après tu pourras chialer!», m'a lancé mon amie au grand coeur.

Je me suis prêtée au jeu et j'ai adoré mon expérience. J'ai même une passe à mon actif! Le fait d'avoir joué contre des collègues qui m'ont épargnée a sans doute contribué à ma lune de miel. Qu'importe. Le vivre de l'intérieur a fait s'envoler mes - gros - préjugés.

J'ai lu dans une revue de «fêmes» cinq bonnes raisons de ne jamais dire jamais. D'abord, parce qu'avec le temps, on change d'avis, de goût et de caractère. Aussi, il ne faut jamais dire jamais, car on ne maîtrise pas tout et des fois, on peut se faire avoir...

Il ne faut jamais dire jamais, parce que c'est se priver. En le disant, on se ferme des portes. Du coup, on ne se donne pas la chance de se dépasser. Finalement, en se refusant certaines choses, on passe à côté d'expériences, de nouvelles connaissances, d'aptitudes et d'aventures qui pourraient nous marquer, voire nous changer.

D'un autre côté, toute la sagesse qui se cache derrière le fait de ne jamais dire jamais m'effraie un peu. Il y a tellement de choses que je me suis promis de ne jamais faire. Comme de sauter en bungee, de devenir ambulancière, députée ou vendeuse de chars. Jamais je n'aurai les cheveux verts, des bottes de cowboy ou un Dodge Caravan.

Mais je dois faire attention, car dans la vie, on ne sait jamais...

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer