Ceintures et talons hauts

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

Normalement, les lundis soir, je me couche pas longtemps après m'être dilaté la rate, les pieds sur le pouf, devant Les recettes pompettes.

Mais cette semaine, j'ai fait une entorse à ma routine et j'ai accepté une invitation au Casino de Montréal.

Oui, au Casino un lundi soir. Mais pas pour jouer.

J'étais invitée à assister aux demi-finales du tournoi Aisudan, La ceinture noire en sports de combat, présentées au Cabaret du Casino.

­­­­­­Ce qui m'amène à découvrir plein de choses différentes et à vivre toutes sortes d'expériences intéressantes.

Il y a un mois, je vous parlais d'Alain Veilleux, que j'ai affectueusement surnommé le «karatéka-chantant». Alain gère son école de karaté Kyokushin à Cowansville et, grâce à une succession d'événements et de rencontres quasi magiques, il a vu un de ses élèves se tailler une place jusqu'en demi-finales de ce tournoi unique. Ainsi, Marc Beaulieu participe au tournage d'une téléréalité sur le kickboxing. C'est d'ailleurs Vic Thériault, le frère du légendaire «Homme de glace» Jean-Yves Thériault, qui est à l'origine du projet.

Bref, moi qui ne vois pas clairement la différence entre le kickboxing, le taekwondo et la centaine d'autres arts martiaux qui existe (j'en découvre un nouveau style chaque semaine), je me suis retrouvée à encourager un jeune homme à en démolir un autre de ses mains.

Du coup, j'étais une Cowansvilloise. Une fan finie du karaté kyokushinkai. Une membre de la famille Beaulieu!

Entourée de plus de 80 personnes de la région de Brome-Missisquoi liées par une ceinture jaune, brune, bleue ou noire à l'école d'Alain et de la mère, du père, de la soeur, de la blonde et de l'ex de Marc Beaulieu - qui, en passant, a plus la gueule d'un gars qui chante Le Vieux du Bas-du-Fleuve dans une boîte à chansons qu'à un guerrier - je me suis fait prendre au jeu.

De ma chaise d'où j'avais une vue en plongée sur le ring, j'esquivais les coups de poing de Pat Arseneault, l'adversaire de Marc. Je laissais tomber des «Ouch!», des «Ouille!» et des «Hiiiiii!» quand Marksman (tireur d'élite, son nickname) encaissait les coups.

Maudit que c'est long trois rounds de deux minutes quand tu regardes quelqu'un de ta famille manger une volée. J'ai failli me remettre à me ronger les ongles! Je me disais que le coeur de sa mère, qui s'est fait éclater les cordes vocales à force de crier sa vie à encourager son fils, devait être sur le poing d'exploser.

«Non, je suis habituée, qu'elle m'a avoué calmement après le combat. Et ce n'est pas moi qui se bat!»

Une chance. Avec l'ardeur qu'elle mettait dans ses encouragements, l'avoir laissée monter sur le ring, le Ti-Pat, surnommé The Energizer Bunny par un des juges, n'aurait pas fait long feu.

À ma table se trouvaient aussi deux amatrices d'arts martiaux. Une kiné toute menue, ceinture brune en karaté kyokushin, et une grand-maman à la retraite, ceinture jaune, dont les voyages l'obligent à négliger ses entraînements. La première disait avoir peur de blesser les autres lors des combats. L'autre s'est décrite comme un «bulldozer» une fois dans le ring. Deux femmes fortes fort sympathiques.

Ensemble, elles m'en ont appris beaucoup sur cet art qui leur permet de garder la forme. Toutefois, elles n'ont pas su me répondre quand je leur ai demandé d'où venait cette «tradition» de la belle blonde avec la robe à l'orée du bonheur et talons aiguilles qui nous aide à compter jusqu'à trois en tenant une ÉNOOORME pancarte au-dessus de sa tête à chaque début de round. Faites le calcul: avec la présentation de neuf combats de trois rounds chacun, la belle est passée 27 fois entre les câbles avec ses pancartes que je soupçonne destinées aux aveugles. Le tout en gardant l'équilibre sur ses talons de six pouces et en évitant que sa robe lui remonte jusqu'au nombril. Un autre sport extrême.

J'ai bien aimé ma soirée, mais j'ai évité de me commettre quand ma nouvelle amie kiné m'a saluée en me donnant rendez-vous dans le dojo d'Alain.

Le karaté, le taekwondo, le kickboxing et porter des escarpins Louis Vuitton, ce n'est pas pour moi.

Dans la vie, il faut savoir choisir ses combats.

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