La femme-orchestre

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

La meilleure façon pour moi de m'exprimer sera toujours par l'écriture.

Je ne sais donc pas pourquoi j'ai accepté d'accorder une entrevue à la radio de ICI Radio-Canada Estrie, la semaine dernière. En direct en plus.

La veille, on apprenait que l'hebdo La Nouvelle, affilié au quotidien La Tribune, à Sherbrooke, allait publier sa dernière édition aujourd'hui, le mercredi 23 décembre, après 30 ans d'existence. Comme je gère l'hebdo collé à La Voix de l'Est, Marie-Pierre Roy-Carbonneau, animatrice de l'émission matinale C'est pas trop tôt en Estrie, voulait voir comment les choses se passaient chez nous. Savoir si nous étions inquiets.

Le rendez-vous téléphonique était fixé à 8h15 mardi dernier.

Normalement, c'est moi qui pose les questions. Moi qui conduis. Là, je devais prendre place côté passager. Même si je pense avoir fait ça comme une grande, voire comme une pro, je ne tiens pas à répéter l'expérience.

Du moins pas trop souvent. C'est beaucoup trop stressant!

Je tiens d'ailleurs à offrir officiellement mes excuses à toutes les personnes que j'ai interviewées au fil des années et à qui j'ai lancé, pour faire diminuer leur angoisse face à notre rencontre, «Pfffffff! Y'a rien-là. Arrêtez de vous en faire. C'est comme parler à une amie.»

C'est drôle, mais mes petits liners d'encouragement n'avaient aucun effet sur mon propre niveau de stress, même si je me les répétais en boucle.

J'étais hyper nerveuse, et ce, même si je maîtrisais parfaitement mon sujet.

Tout va bien au Plus. Notre réalité n'est pas la même qu'ailleurs. Nous faisons les choses différemment. Nous, un peu plus au pic pis à'pelle!

Mais ça, je ne l'ai pas dit à la radio.

Une partie de mon stress venait d'ailleurs de là: de ma peur de parler à peu près comme je marche. Je craignais de bafouiller en ondes. De ne pas pouvoir retenir une envie d'éternuer. J'étais terrorisée. Tellement que je psychosomatisais. J'avais des maux de ventre. Les mains moites.

Ça n'avait juste pas de bon sens.

J'ai eu une pensée remplie d'admiration pour tous les chanteurs, comédiens, conférenciers, acteurs, etc. du monde entier, capables de se livrer devant des foules, sans filet, sur scène, à la télé, à la radio...

Moi, j'aime l'éloignement que me permettent mon clavier et mon écran.

Très peu me croient, mais je suis timide. L'animatrice a toutefois su me mettre à l'aise. Quand elle m'a défini comme la chef d'orchestre de l'hebdo Le Plus, j'ai failli l'inviter à venir réveillonner à la maison.

«Hum, oui, j'aime ça chef d'orchestre!», que je lui ai lancé.

Après coup, un collègue m'a fait réaliser que je suis davantage la femme-orchestre de ce journal. Une autre image que j'aime bien.

Comme c'est moi qui mène icitte, je profite de cette dernière chronique de 2015 pour remercier mon équipe.

Merci aux collègues journalistes qui me donnent un coup de main. Merci aux collègues représentants qui défendent Le Plus sur le terrain. Merci aux photographes qui mettent mes mots en images. Merci à Lucie, Mélanie et Véro qui plongent avec moi dans les pages de l'hebdo chaque semaine, dans l'ordre et dans le désordre. En noir et blanc ou en couleurs. Merci à mon directeur de l'information, Marc, et à mon rédacteur en chef, Maurice, de ne pas se mêler de mes affaires! Merci à vous deux pour la confiance, synonyme dans mon cas de liberté. Merci à ceux qui livrent Le Plus et, bien sûr, merci à vous, chers lecteurs, de toujours être fidèles à notre rendez-vous hebdomadaire.

Je vous souhaite à tous et à toutes le plus beau des Noëls!

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