Mes 40 ans

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«Mes parents avaient 39 ans hier et voilà que c'est moi qui, déjà, me prépare à franchir ce cap.»

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

Le compte à rebours est commencé.

Dans un mois pile, je vais avoir 40 ans.

Mes parents avaient 39 ans hier et voilà que c'est moi qui, déjà, me prépare à franchir ce cap.

Comme je ne me suis jamais sentie aussi bien qu'en ce moment, et ce, dans toutes les sphères de ma vie, j'aimerais marquer ce passage de belle façon.

Rien de démesuré. Juste un petit quelque chose pour réunir tout mon monde autour de moi.

Je le dis depuis un an: mon souhait le plus cher serait de voir tous les gens que j'aime rassemblés en un seul et même endroit le temps d'un party style bien-cuit. Ami(e)s, famille et collègues confondus. Le genre de soirée qui demande la location d'un gymnase d'école primaire tellement il y a du monde!

«N'attendez pas à mes funérailles pour souligner à quel point je suis extraordinaire!», que je répète depuis le 11 décembre dernier à qui veut l'entendre. Comme ça, tout bonnement. Sans trop de pression.

Ça n'a pas besoin d'être compliqué. De la Rickard's Red ou du vin blanc bien froid, des sandwichs pas de croûte (au jambon, ce n'est pas une obligation) et les gens chers à mon coeur, habillés propre pour l'occasion, et je serais la plus comblée.

D'un autre côté, mes attentes ne doivent pas être trop élevées.

Je pourrais être déçue... 

Pourquoi ne pas m'être organisé une fête à ma propre gloire dans ce cas?

Ça ne ferait pas un peu narcissique, voire control freak sur les bords?

Non. J'ai envie de me faire surprendre.

Au fil des mois, j'ai changé d'idée 1000 fois. D'abord pour éviter des ulcères à mes proches responsables d'organiser ma fête surprise. Pour ne pas déranger les gens. Pour ne pas qu'ils se sentent obligés. Pour ne pas avoir l'air trop crinquée... Pas évident de rejoindre tout le monde, que je me disais. Encore moins d'arriver à fixer une date qui plaît à chacun. De statuer sur le déroulement de la soirée, etc.

C'est là que j'ai imaginé différents scénarios. Un dîner par semaine avec une personne figurant sur la liste de celles qui auraient été invitées à mon party. Une façon de souligner l'événement sur deux ans.

Demander aux membres de ma tribu de m'écrire un petit mot, à la main. (Les gens ne prennent plus le temps de s'écrire...). Genre de déclarations d'amour que je conserverais précieusement dans un album pour le reste de ma vie.

Une séance de photos sur une journée où tous, selon un horairepréétabli, viendraient faire les fous avec moi, histoire d'immortaliser ma relation avec chacun.

Pour souligner ses 40 ans, l'actrice Kate Winslet (Le Titanic) a demandé un autocuiseur pour concocter des bouillons réconfortants à ses enfants. Quarantenaire depuis neuf mois, Véronique Cloutier a reçu, lors d'un party surprise organisé par son chum l'été dernier, une pleine palette de Pépito Sangria de la part de son ami Éric Salvail. À l'échelle locale, mon collègue photographe-chanteur Janick Marois a franchi le cap de la quarantaine en s'offrant, pendant toute une soirée, la scène de la Maison de la culture de Waterloo.

Je n'en demande pas tant. Anyway, un Crock-Pot, j'en ai déjà un...

Tout ce que je veux, c'est être entourée des gens que j'aime.

Pour pouvoir leur dire.

Une femme de presque 40 ans, sous le... (Constance Gaboriault) - image 2.0

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Une femme de presque 40 ans, sous le choc, et un conjoint, fier de son coup.

Constance Gaboriault

Surprise!

Le choc a été si brutal, qu'avoir porté un dentier, il se retrouvait dans un des verres de la table la plus proche.

J'en r'venais pas!

Convaincue que nous allions souper pour la fête d'une bonne amie samedi dernier, ma surprise a été totale et complète quand, en me pointant au resto, près d'une cinquantaine de personnes m'attendaient pour souligner MON anniversaire!

Je n'ai rien vu venir. Même ma grande fille de 11 ans, alors de mèche avec tout le monde, a joué le jeu jusqu'à la fin comme une menteuse professionnelle. (Je me questionne encore à savoir si je dois m'en réjouir...)

J'étais sans mot.

Ils m'avaient eue. Complètement.

En plein ce que je voulais!

Normalement, je vois tout, j'entends tout et je devine tout. Là, rien.

Tout a été organisé à mon insu, avec soin, et dans les moindres détails. Je suis entourée de menteurs et de menteuses de haut niveau.

J'étais tellement heureuse!

La seule qui aurait pu me mettre la puce à l'oreille, c'est ma mère que je trouvais très chic and swell pour aller souper au restaurant chinois avec mon père et mes filles, leur alibi. Mais c'est resté au stade de réflexion. Je n'en ai pas fait de cas, car il fallait que je me prépare pour la fête de mon amie Emmanuelle.

J'ai moi-même fait ma coquette ce soir-là en abusant du mascara et du fard à paupières. Ce que je ne fais jamais. Ce qui a failli se conclure en double conjonctivite tellement j'ai pleuré de joie.

J'étais totalement soufflée et émue devant ce subterfuge.

«Merde, va falloir que je réécrive mon billet!», que j'ai lancé à mes ami(e)s, mes collègues et ma famille quand j'ai recommencé à voir clair. (D'où le 2 pour 1 dans cette édition. Comme c'est moi la boss icitte, j'ai décidé de me payer la traite: travailler en double!)

Histoire d'étriver ma tribu, en réalisant que cette édition du Plus sortait un mois pile avant ma fête, j'ai décidé la semaine dernière d'écrire sur mon désir de souligner mes 40 ans en grand pour marquer le moment: la plus belle période de ma vie.

J'en parle depuis un an. Comme je savais que ça commençait à en énerver plusieurs, je me faisais un malin plaisir à en parler chaque fois que j'en avais l'occasion.

Vendredi midi dernier, réunies pour la fête de ma cousine et amie, j'ai profité d'une brèche dans la conversation pour - encore - parler du fait que j'allais (très) bientôt avoir 40 ans. «Ça passe vite en crousse un mois!», que je leur faisais remarquer au cas où personne ne se soit encore mis en branle.

Je les soupçonne de s'être roulées par terre dans le resto quand je suis retournée au bureau...

Elles, des collègues, ma soeur et mon chum travaillaient sur le dossier depuis des mois. Des vrais de vrais amours.

Je ne me suis doutée de rien. Le bonheur!

Entourée de gens que j'aime par-dessus tout, j'ai donc eu droit à des témoignages émouvants, à des anecdotes sur ma vie bien garnie, à un sketch de mon duo préféré, à une danse de trois chauds lapins et à un poème en «ant» de mon amant, amoureux et père de mes enfants.

Une soirée parfaite.

Mais si je peux me permettre, j'aurais un dernier souhait à exprimer pour mon anniversaire: que ma Laurence, six ans, me pardonne d'avoir gâché son souper au restaurant chinois...

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