Job de bras

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

Vous êtes-vous déjà demandé quelles parties de votre corps vous ne pouvez pas toucher avec votre main droite?

On jase là.

Laissez-moi vous le dire pendant que vous vous tâtez. 

Avec votre main droite, vous ne pouvez pas toucher votre bras droit et une bonne partie de votre dos, à gauche. Comme c'est symétrique tout ça, le même phénomène se produit même si vous essayez avec votre main gauche.

Ces découvertes, plus farfelues qu'utiles, provoquent de drôles de contorsions glissées dans une conversation, au même titre que l'impossibilité de se lécher les coudes.

Pourquoi ce soudain intérêt pour l'anatomie humaine?

C'est à cause du Belly Button Challenge. Vous connaissez?

Le Belly Button Challenge, qui aurait pris naissance en Asie au début de l'été, met au défi les femmes, surtout les jeunes femmes, de se toucher le nombril en se passant la main derrière le dos. Celles qui réussissent affichent fièrement  - bien sûr - la photo de leur superexploit sur les réseaux sociaux.

Avions-nous vraiment besoin de ça?

Une autre belle affaire pour faire croire aux femmes que le modèle à suivre, celui qui est socialement acceptable, est mince et fait sur le long. 

Pire. Ça envoie le message à celles qui échouent à tenter de se chatouiller le nombril en passant par Chibougamau, qu'elles sont grosses, pas en forme et, tant qu'à y être, laides comme un pichou. 

Une équation tellement simpliste. 

Encore ce foutu culte de la minceur. Derrière cette singerie stupide se cache un grand danger, car en plus de provoquer des déboîtements d'épaules et des luxations de poignets, plusieurs femmes doivent faire des entorses incroyables à leurs habitudes alimentaires pour tenter de relever ce défi. 

J'ai aimé l'analyse d'un collègue sur le sujet. Et si les femmes qui réussissent le Belly Button Challenge avaient tout simplement une trop petite taille ou des bras démesurément longs? 

Hey, les filles, dites-vous que ni la championne de ce tour-de-force-et-de-taille, ni la femme qui a les poignets aux genoux une fois le bras au repos n'ont inspiré Léonard de Vinci pour dessiner l'Homme de Vitruve

Alors qu'on se calme le poil des jambes!

J'ai demandé, pour le plaisir, à mes filles d'essayer de se toucher le nombril en passant leur petit bras derrière leur dos. Ma petite de six ans a échoué. Mais sachez qu'elle fait des roues latérales d'une seule main. Ma grande a réussi en se rentrant le ventre, en arrêtant de respirer un moment et en frisant le disloquement de l'épaule. 

Je leur ai expliqué pourquoi maman leur demandait de se plier à de telles simagrées tout en leur soulignant à quel point je trouvais l'exercice ridicule. Comment ce n'est pas sain. La beauté et la forme physique ne se mesurent pas à coup de défis débiles du genre. Point.

Et pour leur changer les idées, tout en restant dans le thème du corps, je leur ai fait remarquer deux petites choses amusantes. D'abord, que leur envergure (du bout des doigts d'une main à l'autre, les bras tendus) est égale à leur taille. Aussi, que la longueur de leur pied est la même que celui de leur avant-bras. Essayez pour voir!

Une autre histoire de bras?

Si votre enfant de cinq ans vous supplie encore d'aller lui essuyer les fesses aux toilettes, demandez-lui s'il peut, de sa main la plus habile, toucher son oreille opposée en passant par-dessus sa tête. S'il réussit, c'est qu'il a le bras assez long pour rejoindre ses fesses! Voilà pourquoi, à deux ans, le phénomène est plus périlleux. Pauvres petits, ils ont les bras trop courts pour faire ça proprement.

Comme les 5-6 ans carburent aux défis, leur lancer celui-ci les amusera et, par la bande, les amènera à changer leur comportement et à développer leur estime de soi.

ÇA, c'est du défi édifiant.

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