Une vie beaucoup plus légère

Sandra Scott montre ici les pantalons de travail... (Janick Marois)

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Sandra Scott montre ici les pantalons de travail qu'elle portait, affichant la mention special pants à l'intérieur, et qui devaient être faits sur mesure.

Janick Marois

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) Sandra Scott franchira bientôt le cap de la quarantaine. Pourtant, la mère de deux ados n'est venue au monde qu'en 2015...

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Après la chirurgie bariatrique, Sandra Scott a commencé une nouvelle vie. Rien de moins

Janick Marois

Sur ces photos, nous voyons Sandra à l'époque... (fournies par Sandra Scott) - image 1.1

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Sur ces photos, nous voyons Sandra à l'époque où elle pesait près de 400 livres.

fournies par Sandra Scott

« J'étais morte et là, je revis, se réjouit Sandra. Dans ma tête, je n'ai pas 40 ans, j'en ai 20 ! »

Ce sentiment de se voir renaître, cette sensation de bien-être généralisé, Sandra les doit à la chirurgie bariatrique subie il y aura bientôt deux ans. Une opération devenue salutaire, alors qu'elle avait tout tenté pour perdre du poids : régimes de toutes sortes et exercices physiques, en vain, et que la balance affichait 398,2 livres. 

« Il fallait que je le fasse, insiste-t-elle. Il fallait m'arrêter de manger. Moi, j'aime tout. Tout est bon ! Ce qui fait que je bouffais jusqu'à cinq, six fois plus que j'en avais besoin. Oui, j'étais capable de manger des carottes, mais je mangeais le champ ! »

Gourmande à l'extrême, toutes les occasions étaient bonnes pour elle de manger. Un événement triste ou heureux, l'ennui, etc. Ses deux grossesses vécues dans la région de Québec, loin de ses parents, ont ajouté 100 livres aux 200 qu'elle portait déjà. « Mes fils ont 21 mois de différence et entre les deux, j'ai pris 100 livres, raconte-t-elle. À Québec, je me suis beaucoup ennuyée. J'ai carrément mangé mes émotions. Le comfort food, je me vois là-dedans. »

Tout ça jumelé à la sédentarité et à de mauvaises habitudes alimentaires a vite fait grimper son poids à la limite des 400 livres. Son obésité ne lui a cependant jamais causé de problèmes de santé physique. « Pour moi, il n'y avait pas de limites, se souvient-elle. J'avais un estomac olympique. Full entraîné ! Le sentiment de satiété, cet élément-là, je ne l'avais pas. »

Toutefois, le regard des autres porté sur elle et sa famille pesait de plus en plus lourd. « En plus, je travaillais chez McDo ! , ne cache pas celle qui y est encore instructrice auprès des nouveaux employés. Des commentaires méchants, j'en ai entendu... »

Le fait de devoir toujours magasiner dans la même boutique spécialisée tailles plus a aussi été un élément déclencheur. À une époque, ses pantalons de travail étaient faits sur mesure et portaient la mention special pants à l'intérieur. « Je n'en pouvais plus de porter mes maudits pantalons noirs 5X et mon maudit polo que je trouvais juste du côté des hommes. Moi aussi j'avais envie de porter un joli petit manteau Columbia. »

Comme la chirurgie bariatrique est désormais couverte par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ), a aussi aidé Sandra à prendre sa décision.

« Mais j'ai failli lâcher à la dernière minute, avoue-t-elle. C'était trop dur, trop l'inconnu. Le fait que mon père soit venu avec moi ça m'a donné le go ! On formait une équipe et moi, je ne lâche jamais mon équipe. »

L'opération, qui consistait à poser un anneau ajustable à l'embouchure de son estomac, a pris moins de deux heures. En deux ans, Sandra a perdu 152 livres. Elle en pèse aujourd'hui 246.

« Je ne veux pas revenir en arrière, insiste-t-elle. Je vois mes clavicules, mes genoux. Ma mâchoire est plus définie. Je vois mes muscles bouger dans mes bras et mes veines sur mes mains ! Je me trouve de plus en plus belle. »

Dans les mois à venir, Sandra fera ajuster son anneau. Elle aimerait peser entre 180 et

200 livres. Après, elle envisage l'abdominoplastie, pour faire retirer l'excès de peau laissé par sa perte de poids. Une chirurgie non couverte par la RAMQ et qu'elle estime entre 7000 et 10 000 $. 

« Je ne suis plus capable de vivre avec ce qui ne m'appartient plus, illustre-t-elle. Là, je traîne ça, et ce n'est plus moi. »

Prendre le temps...

Les bienfaits de manger lentement ne sont plus à prouver. Parlez-en à Sandra Scott. Depuis son opération à l'estomac pour perdre du poids, l'expression «l'heure du repas» prend tout son sens.

«Ça ne me prend jamais moins d'une heure manger!»

Ayant désormais l'embouchure de son «estomac olympique» réduit, Sandra doit s'appliquer à bien mastiquer les aliments qu'elle ingurgite. Le contraire lui cause automatiquement des douleurs. Si elle exagère, elle peut «bloquer». Pas question alors de manger trop vite et en trop grande quantité.

«J'avais vraiment besoin de ça», insiste-t-elle, même si le fait de porter un anneau à l'estomac vient avec de petits inconvénients.

«Je dois toujours boire avant de manger pour éliminer les sécrétions, explique Sandra. Je ne dois pas sauter d'étapes.»

Aussi, terminés pour elle le pain, les pâtes et les patates. Trop collants, trop fibreux. Désormais, Sandra doit toujours vérifier la texture des aliments qu'elle cuisine.

«Je fais de meilleurs choix alimentaires, dit-elle. Et tout est une question de quantité.» Isabelle Gaboriault

Du dek, elle en mange!

Perdre du poids a permis à Sandra Scott de gagner en confiance. Rêvant de jouer au hockey depuis l'enfance, la femme de 39 ans a décidé de célébrer le premier anniversaire de sa nouvelle vie en s'offrant pour garder les buts d'une équipe de hockey balle. 

C'est le Dix10 qui lui a donné sa chance en lui trouvant une équipe. « Au début, je pompais l'huile juste à porter l'équipement ! », raconte Sandra, qui possède un grand sens de l'humour.

« Après une période, je pensais mourir, poursuit-elle. Bouger de gauche à droite, me pencher et me relever aussi vite, je ca-po-tais ! »

Mais encore une fois, pas question pour elle de laisser tomber ses coéquipières. C'est ainsi que, saison après saison, elle a gravi les échelons, gardant les buts d'abord pour une équipe de femmes de 30 ans et plus. Ensuite, elle a été gardienne d'une équipe

F6 et d'une autre, F5. « Les filles étaient super fines, dit-elle. Je n'ai jamais senti de préjugés. Dans une saison, j'ai même fait la moitié pour une équipe F4. Cet été, j'avais jusqu'à trois matchs par semaine. »

Depuis un an, du dek, Sandra en mange. Avec l'équipe de filles Les Boys, elle a d'ailleurs remporté la saison estivale à Cowansville. « Le dek me comble, insiste-t-elle. Mon but, c'est de continuer. »




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