Le mystère du stabilimentum

Les jardins et les champs grouillent d'un petit monde étrange et fascinant. Il... (WIKIMEDIA)

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Michel Aubé
La Voix de l'Est
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Les jardins et les champs grouillent d'un petit monde étrange et fascinant. Il suffit de passer un filet à papillons au travers d'un massif de fleurs pour y recueillir un véritable zoo miniature : des dizaines de bestioles de couleurs et de formes variées s'y débattent à qui mieux mieux. 

Parfois, parmi celles-ci, des araignées jaunes et noires, massives comme des bourdons, attirent l'attention. Ce sont des argiopes, un genre qui comprend deux espèces au Québec. L'une d'elle, l'argiope trifasciata, est abondante en septembre au CINLB, embusquée dans les champs ouverts, au milieu des verges d'or. 

Son corps est rayé de bandes jaunes, noires et blanches qui lui donnent une allure de guêpe bouffie. Ses longues pattes sont noires striées de jaune. Les femelles sont trois fois plus grosses que les mâles, qui doivent se montrer prudents afin de ne pas être dévorés durant l'accouplement ! 

C'est probablement peine perdue, car selon certaines observations, les mâles meurent subitement peu après l'accouplement, un phénomène inexpliqué. La femelle tisse deux à trois sacs en forme d'outre, au diamètre d'environ 2,5 cm, dans lesquels elle peut pondre jusqu'à 1400 oeufs. Ceux-ci éclosent à l'automne, mais les petits ne sortent qu'au printemps, les multiples couches de soie qui composent le sac leur permettent d'hiverner sans difficulté. 

Les argiopes tissent des toiles dont le diamètre peut faire jusqu'à 60 cm. Ces constructions se distinguent par une structure en zigzag, appelée stabilimentum, qui traverse la toile en son centre. Sa fonction reste encore incomprise des chercheurs, en dépit des hypothèses formulées. 

L'une d'elle propose un rôle protecteur pour l'araignée. Elle permettrait aux oiseaux de détecter la toile et d'éviter de la briser. D'autres recherches révèlent que le stabilimentum reflète les rayons UV, tout comme plusieurs fleurs qui attirent ainsi leurs pollinisateurs. Le rôle proposé serait alors plutôt celui d'appât. D'autres araignées, comme la misumena vatia (chronique du 28 juin dernier), utilisent l'attrait des fleurs en s'y camouflant, tel un caméléon, afin d'attraper les insectes pollinisateurs. Les argiopes simuleraient la propriété des fleurs de réfléchir les rayons UV, avec un résultat analogue. La question reste toutefois débattue et le mystère persiste...




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