L'environnement flexible: une approche logique

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Après ses recherches, il devenait logique pour Emilie Bachand, enseignante en anglais et tutrice des 6e année, de leur offrir le flexible seating dans sa classe.

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) Offrant aux élèves différentes assises et surfaces de travail, l'approche de l'aménagement flexible dans une classe ou flexible seating gagne du terrain dans les écoles primaires publiques et privées de la région. Il est révolu le temps des pupitres en bois placés en rang d'oignons. D'ailleurs, la commission scolaire du Val-des-Cerfs a confirmé, lors de la rentrée, vouloir « soutenir » et « aider à développer » ces projets qui rendent l'enseignement « plus actif et kinesthésique ». Pour favoriser l'attention et la motivation des enfants, des enseignants de la région osent donc sortir des sentiers battus. Cette année, ils laisseront les jeunes accorder le verbe bouger, allongés, assis ou debout.

Dans la classe d'Émilie Bachand, les élèves de... (Janick marois) - image 1.0

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Dans la classe d'Émilie Bachand, les élèves de 6e année peuvent suivre le cours assis sur des ballons, dans des fauteuils, sur des chaises ou des tabourets, debout ou encore sur une planche d'équilibre.

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En réunion avec ses collègues enseignants de l'École Les Jeunes Explorateurs de Granby (ELJE), Madame Émilie gigote sur sa chaise après 20 minutes. Comment ses élèves peuvent-ils donc rester assis, concentrés et attentifs pendant des heures ? Consciente de l'effort que la disposition pupitres et chaises droites peut demander à un enfant, elle a décidé de métamorphoser sa classe en adoptant l'approche « flexible ». Désormais, dans son local, les élèves auront l'opportunité de choisir et de bouger.

Emilie Bachand connaissait le phénomène de flexible seating depuis longtemps, elle qui enseigne depuis 2006. Mais ce n'est que depuis l'hiver dernier qu'elle a intensifié ses recherches sur le sujet. « Et c'est devenu de plus en plus logique pour moi de le faire dans ma classe », explique celle qui enseigne l'anglais aux élèves du deuxième cycle et qui est tutrice des élèves de 6e année à ELJE.

Selon l'enseignante, le gros de l'inconfort vient des chaises en plastique et des pupitres en bois. « L'idée est d'offrir du confort et des choix de places variés, dit-elle. D'offrir quelque chose de nouveau. Le statu quo, faut faire décoller ça ! »

Grâce à l'appui financier de la Fondation de l'École Les Jeunes Explorateurs, Miss Émilie a donc pu mener à terme son projet. Sa petite classe a ainsi fait un virage complet. Lors de la rentrée scolaire, les élèves de 6e année avaient le choix de s'installer où bon leur semblait dans ce nouveau décor moderne et hyper fonctionnel.

Désormais, ses 19 élèves pourront travailler sur trois niveaux : au sol, assis ou debout. « J'ai encore quatre pupitres, mais ils sont vides », explique l'enseignante, enthousiaste.

Dans sa classe sont disponibles des coussins, des tabourets, des tables hautes, des ballons d'exercice, des tabourets oscillants et un pedal desk.

« Le but, c'est de permettre aux enfants d'être en mouvement, insiste Miss Émilie. De les amener à circuler plus souvent au lieu d'être passifs. Comme leur matériel sera conservé dans des cubes, ils seront obligés de se déplacer. »

Une joyeuse façon de faire diminuer leur trop-plein d'énergie et leur permettre de se concentrer sur la matière enseignée.

Faire les choses autrement fait partie de l'ADN des enseignants de ELJE. La preuve, sans savoir ce que mijotait Miss Émilie dans sa classe, le tuteur de 3e année, Dominic Gauthier a, lui aussi, pris la tangente flexible dans sa classe de 28 élèves. « Les pupitres en rangées, on n'a plus besoin de ça ! , insiste l'enseignant en circulant dans son nouvel environnement. On est prêt pour de nouvelles assises. »

Bien sûr, des règles claires seront exposées aux enfants quant à l'utilisation de ce nouvel espace organisé pour favoriser l'attention.

« Et on espère que ça fasse des petits ! », souligne Dominic Gauthier.

« Le but est d'amener les enfants à être autonomes », ajoute son assistante, Émilie Lafrance.

« On dit aux enfants de répondre à leur besoin avec le matériel qu'on leur offre », poursuit-elle. 

Ainsi, on retrouve encore des pupitres dans la classe, mais l'espace permettant de s'asseoir sur divers coussins, sur des ballons, ou encore pour travailler debout à une table est beaucoup plus grand qu'avant. Ce qui, lors de la rentrée, semblait plaire aux enfants.

« Ici, les élèves sont déjà à l'aise dans l'école, fait remarquer Miss Émilie. Ils travaillent par terre dans le corridor, dehors, etc., et on a remarqué que les résultats étaient les mêmes. Au final, ils font tous du bon travail, alors...Là, on fait juste maximiser la zone ! »

Louise Deschênes, Isabelle Vézina, à l'avant, et Vanessa... (Janick marois) - image 2.0

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Louise Deschênes, Isabelle Vézina, à l'avant, et Vanessa Senneville, les trois enseignantes de sixième année, ont fait le saut cette année en offrant l'approche flexible à leurs élèves.

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De nombreux coins aux différentes assises sont disponibles... (Janick marois) - image 2.1

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De nombreux coins aux différentes assises sont disponibles dans les deux classes de 6e année à l'école primaire Assomption.

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Pour tirer le meilleur des élèves

« COOL ! » Dans le corridor du deuxième étage de l'école primaire Assomption de Granby, ce petit mot de quatre lettres résonait entre les classes de sixième année mercredi soir dernier. Un tout nouveau décor attendait les élèves, alors en rentrée technique. Cette année, l'environnement de travail y sera flexible. Quand ils seront appelés, par exemple, à se tirer une bûche, concrètement, ils pourront le faire ! 

L'idée d'adopter une approche flexible à l'école Assomption est celle d'Isabelle Vézina, enseignante en 6e année. Du coup, elle a inspiré sa collègue Louise Deschênes, l'autre prof de sixième et, inévitablement, leur partageante, Vanessa Senneville. Avec l'aval de la direction, il n'en fallait pas plus aux deux femmes pour plonger.

« Ça faisait longtemps que ça me travaillait, raconte Isabelle Vézina. Les enfants changent, alors on doit adapter notre enseignement. Je voyais passé des photos de classes flexibles sur Facebook et ça me parlait. Là, on se lance ! »

C'est dans sa classe que le concept sera le plus appliqué. Si on y trouve encore quelques pupitres traditionnels, le local propose aux élèves un beau divan orangé, un coin où se rassembler sur un tapis jonché de coussins, un tipi où s'isoler, des tables hautes, etc. Dans la classe de Louise, les enfants profiteront d'un espace « hybride ». « J'ai fait un gros ménage, entré et sorti des meubles, raconte l'enseignante. C'est en construction ! »

Dans son local, les jeunes pourront emprunter des coussins, s'asseoir sur des bancs oscillants ou à des tables basses. Dans un autre, sur un tapis gazon, ils pourront se poser sur de vraies bûches. « Chez nous, quand on s'installe, on ne le fait pas dans un racoin plate et peu lumineux, insiste-t-elle. On aime être à la lumière et confortable. C'est ça le principe. »

« Et le but, enchaîne Isabelle, c'est de motiver les jeunes à venir à l'école. Ici, c'est leur deuxième maison. On veut donc la rendre plus belle pour leur permettre d'être plus attentifs, plus dans l'action. »

L'environnement se doit aussi d'être ergonomique. « Nous veillerons à vérifier la hauteur des assises, le temps passé sur les ballons, les appuis sur les tables hautes, explique Isabelle. On va expérimenter en même temps qu'eux. »

Des changements qui demanderont une période d'adaptation pour tout le monde. Ensuite, tout ce que les femmes espèrent, c'est que le modèle soit adopté au secondaire. 

Le secret, disent-elles, c'est d'y aller à son rythme, de faire les choses à son image, un élément à la fois s'il le faut.

« Inutile de trop s'encombrer, insiste Louise. On ne veut pas surstimuler les élèves. On veut leur permettre de canaliser leur énergie au bon endroit. »

« Le but n'est pas de les voir s'écraser dans le divan, note également Isabelle. On veut leur donner la possibilité de s'installer où ils veulent pour qu'ils donnent le meilleur d'eux-mêmes. »

Dans la commission scolaire du Val-des-Cerfs, l'aménagement flexible est, entre autres, mis en place dans les écoles de l'Étincelle, pavillon St-Luc, et de la Moisson d'Or, à Saint-Alphonse.




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