Le tabac indien... contre le tabagisme ?

Le promeneur attentif parcourant les sentiers du CINLB apercevra ces jours-ci... (Wikimedia)

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Michel Aubé
La Voix de l'Est

(Granby) Le promeneur attentif parcourant les sentiers du CINLB apercevra ces jours-ci une petite plante discrète aux fleurs irrégulières, bleu pâle ou violet pâle, avec un soupçon de jaune au coeur. Les cinq lobes des pétales forment une main tendue, avec trois doigts au centre et deux autres plus minces au-dessus, entre lesquels se dresse le pistil plus sombre tel un minuscule cobra à l'affût. Les feuilles ovales sont dentelées et ponctuées de petites perles blanches sur le pourtour.

C'est la lobélie enflée, nommée d'après un botaniste flamand du XVIe siècle, Mattheus Lobelius. Le terme « enflée » réfère aux fruits qui ressemblent à de petites gousses bouffies de graines. 

Le nom populaire provient de l'anglais : « Indian tobacco». Cette plante, originaire des Appalaches, était en effet utilisée comme tabac par les peuples algonquiens et iroquoiens habitant entre l'Atlantique et les Grands Lacs. Elle produisait un effet apaisant et légèrement euphorisant, sans toutefois entraîner de dépendance comme la nicotine.

Elle occupait même une place centrale dans la pharmacopée amérindienne, notamment comme expectorant ou pour favoriser la respiration et dilater les bronches dans les cas d'asthme, de coqueluche et de bronchite chronique. En doses plus importantes, elle était aussi utilisée pour provoquer de violents vomissements, produisant un lessivage efficace de l'estomac en cas d'empoisonnement. 

Du XVIIIe au XXe siècle, divers herboristes américains ont repris les pratiques amérindiennes et recommandé avec enthousiasme l'usage de la lobélie, le plus souvent en teinture, incluant du vinaigre de pomme et du poivre de cayenne. Là encore, les principaux usages concernaient la dilatation des voies respiratoires, l'expectoration des sécrétions pulmonaires, le lavage gastrique (par vomissement provoqué) et le sevrage du tabac ou de stupéfiants. 

Plusieurs recherches ont tenté, en vain, de démontrer l'efficacité de ces pratiques chez les humains, alors que plusieurs contre-indications persistaient en cas de dosage excessif. En 1993, l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) a interdit la vente libre des produits de la lobéline, l'ingrédient le plus actif de la plante. Des recherches récentes portant sur les rats et les souris continuent toutefois de démontrer l'efficacité de cette molécule dans le sevrage des amphétamines.




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