École Eurêka : retour à la terre à l'horaire

Manuel Paços enseigne en sixième année. La présence... (Alain Dion)

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Manuel Paços enseigne en sixième année. La présence de ses élèves dans un vrai jardin lui permet d'aborder les mathématiques, le français et l'anglais sous un tout autre angle.

Alain Dion

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) Après les bacs de recyclage, les composteurs et les jardinières, les élèves de l'école primaire Eurêka ne cessent de cultiver leur côté vert. Comme les Jardins de la sainte-trinité se trouvent à un jet de pierre de chez eux, il devenait tout naturel qu'ils puissent aller y plonger les mains.

Luc Beaudoin est animateur à la vie spirituelle et à la vie communautaire pour la commission scolaire du Val-des-Cerfs. Il enseigne, entre autres, à l'école Eurêka, rue Yvan Duquette, à Granby. En voyant prendre forme les jardins voisins de l'établissement scolaire l'an dernier, il a pensé qu'il serait intéressant que les enfants y participent. Au même moment, Lionel Maltère, grand responsable des Jardins de la sainte-trinité (voir autre texte), mijotait l'idée d'approcher l'école pour lui offrir un bout de terrain où les jeunes pourraient s'initier au plaisir de jardiner.

« Ça a été une communion de la pensée ! », illustre Luc Beaudoin, en riant, pendant qu'une classe de sixième année se préparait à planter des légumes.

Leur « carré » de terre de 60 pieds sur 20, qu'ils ont délimité par un muret de pierres, ils lui ont donné beaucoup d'amour. À leur arrivée, le lieu était un champ de trèfle. À coups de pelles et de détermination, ils y ont éliminé les herbes et les roches. Le grand-père de la petite Julianne, une élève de sixième année, leur a donné un gros coup de pouce avec son rotoculteur. 

Cette semaine, les jeunes étaient à l'étape de la plantation. Deux groupes de sixième année, un groupe jumelé de 3e et 4e, les petits de la maternelle et les enfants du groupe Oasis (cheminement particulier), profitent d'une période d'une heure aux dix jours dans le jardin. Armés de leurs râteaux et de leurs sceaux, les élèves y vont par essais et erreurs.

« C'est de prendre contact avec le sol, de reprendre contact avec la nature, note M. Beaudoin. C'est aussi de montrer aux enfants que les légumes ne poussent pas au supermarché ! »

Jardiner montre également aux jeunes que des efforts sont nécessaires avant d'atteindre un but. Planter des carottes et des concombres les familiarise également avec le travail communautaire. Cela développe aussi leur débrouillardise et leur montre l'importance de respecter les règles à suivre.

Selon Manuel Paços, enseignant en sixième année, les projets environnementaux devraient être primordiaux dans les écoles. « Petit à petit, nous (à l'école Eurêka) nous mettons des choses en place, souligne-t-il. Les jeunes découvrent ainsi la terre et développent leur autonomie. Et moi, le jardin m'inspire autant en maths, en sciences qu'en français. »

M. Paços, tout comme plusieurs élèves de sa classe, a d'ailleurs l'intention de venir faire son tour au jardin en famille cet été, histoire de l'entretenir, de profiter de ce qu'il aura à offrir et pour préparer le terrain pour les classes qui entreront cet automne. Pas question que les vacances estivales viennent gâcher le temps investi en cours d'année scolaire.

Lionel Maltère et Thérèse Fournier veillent quotidiennement au... (Janick Marois) - image 2.0

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Lionel Maltère et Thérèse Fournier veillent quotidiennement au bon fonctionnement des Jardins de la sainte-trinité.

Janick Marois

Les frères Verrier passent plusieurs heures dans leurs... (Janick Marois) - image 2.1

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Les frères Verrier passent plusieurs heures dans leurs jardins où ils cultivent de nombreuses variétés de légumes.

Janick Marois

Un jardin bien rempli

Transposé au monde végétal, le projet des Jardins de la sainte-trinité serait rien de moins qu'une vivace. Celui-ci revient en force cette année et, avec le temps, il ne cesse de prendre de l'expansion. Un heureux phénomène pour les deux jardiniers qui ont semé l'idée l'an dernier, eux qui viennent du domaine de la restauration !

Lionel Maltère, autrefois chef cuisinier, souhaitait permettre aux gens, surtout les plus démunis, de jardiner. 

Après avoir cessé d'exploiter une petite parcelle de terrain appartenant à une usine du parc industriel de Granby, le jardinier a trouvé une oreille attentive auprès du conseiller municipal Robert Riel. C'est lui qui a mis en contact le passionné avec la direction du Centre Jean-Paul Régimbal et les pères des Trinitaires. C'était en mai 2016. 

Comme le projet de M. Maltère rejoignait les valeurs véhiculées par l'organisme, père Denis et Alain Labonté, directeur du Centre Jean-Paul Régimbal, ont convenu de lui prêter quatre acres de leur terrain situé au bout du boulevard Robert. Avec l'aide d'une bénévole dévouée, Thérèse Fournier, M. Maltère n'a pas tardé à diviser l'endroit en nombreux lots de

20 pieds sur 20 pieds.

Projet florissant

Aujourd'hui, 205 jardins y fleurissent.

M. Maltère ne s'en cache pas : il est victime de son succès. Des familles, des gens seuls et des organismes y cultivent divers fruits et légumes, voire des fleurs. Plus aucun jardin n'est disponible.

Lors du passage de l'hebdo Le Plus, le jardin de l'Atelier 19, reconnaissable à sa signature, commençait à prendre vie. Non loin, les frères Verrier jardinaient dans l'un des six lots qui leur appartiennent. Un petit bout de terrain (20 X 20) coûte 20 $ à un jardinier pour la saison. Avec ce montant, M. Maltère achète des outils et divers autres trucs nécessaires au bon fonctionnement du mégajardin. « Nous avons plus de 40 variétés de légumes », énumère René Verrier, entouré de généreux plants de laitues, patates, oignons, etc. 

Chez les Verrier, le jardinage, c'est génétique ! Les jumeaux passent de nombreuses heures par semaine dans leurs jardins où ils cultivent aussi plusieurs variétés de choux, des pensées, des tomates.

« Ici, la terre est riche », souligne Anthony-Alexandre Verrier, en lançant des fleurs à M. Maltère. « Lionel travaille très fort, insiste-t-il. Pour tout ce qu'il fait pour les jardiniers, je lui lève mon chapeau ! »

« Ah! Ici on fait des miracles avec rien », ne cache pas le grand manitou du projet. 

« On se pince parfois, car ça a été une réussite, et ce, en très peu de temps », souligne M. Maltère.

Comme la Maison Arc-en-Ciel et l'école primaire Eurêka, les Cuisines collectives de la Montégérie possèdent leur petit coin de terre aux Jardins de la sainte-trinité. Au total, 25 jardiniers, des familles et des personnes seules membres de l'organisme, peuvent venir y donner du temps. « Lionel nous a approchés et on a décidé d'embarquer, raconte Catherine Bernard, intervenante communautaire au CCM. Ainsi, les gens plantent, cultivent et cuisinent ensuite le fruit de leurs récoltes. 

Aux écoles et aux organismes communautaires, Lionel Maltère fournit le terrain, les semences et le compost.

« On veut que ce soit une réussite ! », dit-il.

Une classe de sixième année de l'école Eurêka... (Alain Dion) - image 3.0

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Une classe de sixième année de l'école Eurêka s'affairait récemment dans la parcelle de terrain qui appartient aux élèves.

Alain Dion

Joindre l'utile à l'agréable

Pendant qu'il assistait son amie Charlotte en train de planter des graines de carottes, Le Plus a demandé à Jetsun comment il trouvait le projet de jardin communautaire scolaire. Le garçon a résumé le tout en un seul mot. Pour lui et ses amis, jardiner, c'est « nice ! »

« C'est pratique jardiner et comme on mange bio, c'est meilleur pour la santé », a ajouté Lily, qui dit avoir déjà cultivé chez elle des pommes, des piments et des tomates.

Pour Lyssandre, se retrouver ainsi dans la nature est apaisant. « C'est relaxant et on se vide l'esprit », souligne la jeune fille dont les parents jardinent. « C'est beau et c'est bon ! »

Pouvoir prendre l'air et couper la journée en deux, c'est aussi ce qui plaît à Cédric, Pierre et Gabriel. Le joyeux trio venait tout juste de planter de la bette à carde. 

« Je vais venir cet été avec ma mère, a confirmé Pierre. Je l'ai aidée à la maison pour les fraises, les framboises et les bleuets. C'est l'fun après de manger ce que tu as planté. »




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