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Le méné à grosse tête, parfois appelé tête-de-boule, est un poisson d'environ 5... (WIKIMEDIA)

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Michel Aubé
La Voix de l'Est

(Granby) Le méné à grosse tête, parfois appelé tête-de-boule, est un poisson d'environ 5 cm fréquentant les petits ruisseaux tributaires du lac Boivin où il côtoie d'autres espèces comme l'épinoche à cinq épines, l'umbre de vase et les jeunes crapets soleil. Membre de la famille des cyprinidés, qui regroupe toutes les espèces de ménés, il est notamment reconnaissable au premier rayon de sa nageoire dorsale qui est plus court que les autres et dessinant une petite encoche.

Le méné à grosse tête, parfois appelé tête-de-boule,... (fournie) - image 1.0

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fournie

Comme chez l'épinoche, les écailles de son dos contiennent des phéromones d'alarme qui alertent les congénères lorsque le poisson est déchiqueté par un prédateur. Bien qu'appartenant à des familles différentes, l'épinoche à cinq épines et le méné à grosse tête ont appris à réagir aux alarmes provenant tant de l'une que de l'autre espèce.

Le mâle creuse son nid sous une roche ou un débris au fond de l'eau, qu'il nettoie en en brossant la surface avec son dos. La femelle courtisée viendra y pondre ses oeufs qui adhèreront au plafond. Toutefois, lorsqu'il cherche un milieu propice, le mâle va d'abord tenter de déloger un autre mâle qui y a déjà son nid, surtout si celui-ci contient des oeufs. Les femelles y seront plus facilement attirées, car elles recherchent les mâles occupant les nids qui contiennent le plus d'oeufs. Cette capacité à conquérir d'autres nids atteste d'une certaine façon de la robustesse du partenaire convoité. 

Le mâle assure la protection des oeufs, aussi bien ceux dont il a la paternité que ceux qui s'y trouvaient déjà. Durant la période du frai, les phéromones d'alarme sont inhibées chez le mâle pour qu'il ne risque pas de lancer une alerte en frottant la surface de son nid. Sa nuque est recouverte d'un coussinet sécrétant un mucus doté de propriétés antifongiques. En tapotant régulièrement les oeufs, il assure leur aération, mais les protège aussi contre les infections. Les oeufs contaminés sont généralement ingurgités par le mâle qui ne se nourrit pas autrement durant cette période. Ce travail régulier est épuisant fera en sorte que le père faiblissant sera à son tour éjecté du nid par un plus vigoureux qui prendra la relève.

MICHEL AUBÉ, VICE-PRÉSIDENT DU CINLB ET PROFESSEUR ASSOCIÉ À L'UNIVERSITÉ

DE SHERBROOKE




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