La course aveugle du tigre d'émeraude

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Michel Aubé
La Voix de l'Est

(Granby) La cicindèle à six points est un petit coléoptère long de 12 à
14 mm, soit un peu moins que le diamètre d'un dix sous. De couleur émeraude métallique et doté de six points blancs sur le bas du dos, c'est une pure merveille que l'on imaginerait volontiers en bijou. Mais ce joyau est d'une extrême voracité !

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Il appartient à la sous-famille des cicindélidés, qui compte 130 espèces en Amérique du Nord, dont 30 au Canada et 13 au Québec.

Le terme anglais pour les cicindèles est « Tiger beetles », soit littéralement « coléoptères tigres ». Le nom réfère au comportement de prédation de ces insectes qui s'embusquent, puis traquent et poursuivent leurs proies à la course. Une fois celles-ci capturées, elles les dévorent en les déchirant de leurs mandibules fortes et acérées, qui rappellent les crocs des fauves.

La cicindèle à six points fréquente les milieux ouverts et ensoleillés, car elle doit réguler sa température interne en se chauffant sur les pierres ou le gravier. On la trouve souvent sur les chemins forestiers dégagés, d'où elle fuit dès qu'elle aperçoit un promeneur. Sa course est vive, lui permettant de parcourir 2,5 mètres/seconde, soit

100 fois la longueur de son corps par seconde, ce qui en fait l'insecte dont le déplacement terrestre est le plus rapide au monde.

Cette vitesse est néanmoins la cause d'un curieux comportement. Comme l'ont remarqué divers observateurs, l'insecte effrayé s'enfuit, mais revient sur ses pas après quelques mètres, un peu comme s'il se jouait de son chasseur. Il a un comportement analogue lorsqu'il poursuit une proie. Il s'arrête soudainement et semble perdu, comme s'il devait se réorienter. Les chercheurs dressent l'hypothèse qu'il devient en fait momentanément aveugle dans sa course, parce qu'il n'arrive plus à accumuler suffisamment d'informations visuelles pour continuer sa traque. Après un bref arrêt, ses énormes yeux lui permettent néanmoins de reprendre sa chasse (ou sa fuite) efficacement.

Dans sa course rapide, il doit également utiliser ses antennes pour détecter les obstacles sur son chemin. L'information tactile fait alors automatiquement redresser son corps, lui permettant de passer aisément par dessus l'objet qui entrave sa trajectoire.

MICHEL AUBÉ,

VICE-PRÉSIDENT DU CINLB ET PROFESSEUR ASSOCIÉ A L'UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE




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