La lourdeur de la détresse

Chaque matin sur le coup de 9h, David... (Christophe Boisseau-Dion)

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Chaque matin sur le coup de 9h, David Clermont Patenaude entreprendra son parcours autour du lac. Les 10 kg que portera le coureur représenteront le poids que chacun porte quotidiennement à cause de la maladie mentale.

Christophe Boisseau-Dion

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Le froid et la grisaille de lundi matin ajoutaient à la symbolique du geste de David Clermont Patenaude, qui, chaque jour de mai, courra cinq kilomètres autour du lac Boivin avec un poids de 10 kg (22 lb). Ce défi appelé Un poids sur l'âme, vise à sensibiliser la population aux effets des maladies mentales.

«Pour les gens en détresse, la vie, c'est une succession de jours gris, froids et pluvieux comme aujourd'hui», illustre le principal intéressé, que Le Plus a rencontré au pavillon Roger-Bédard du parc Daniel-Johnson, quelques instants avant son tout premier départ. Cela coïncidait avec le début de la Semaine nationale de la santé mentale.

Chaque matin sur le coup de 9h, le Granbyen, qui travaille de nuit, entreprendra son parcours autour du lac, beau temps, mauvais temps. Les 10 kilogrammes, qui se logent dans une veste à pochettes qu'il portera, représenteront le poids que chacun trimbale quotidiennement à cause de la maladie mentale: le poids de leur souffrance, mais aussi le poids sur les épaules des proches, qui ne savent pas toujours comment aider. «Il y a aussi le poids des préjugés, de l'intimidation, la méconnaissance de la maladie mentale, l'incompréhension, mais aussi l'ignorance face à celle-ci. Chaque personne vit sa maladie différemment», reconnaît le principal intéressé, qui s'est mis à la course en vue de cette initiative.

Pour en parler 

C'est pour soutenir sa conjointe, qui souffre elle-même d'une maladie mentale, mais aussi pour des amis et des parents d'amis, aussi aux prises avec la problématique, voire qui se sont suicidés, qu'il a décidé d'entreprendre ce pèlerinage quotidien.

Bien qu'il connaisse plusieurs personnes en souffrant, David Patenaude n'aime pas utiliser le terme «fléau» pour parler de l'épidémie de maladies mentales qui affecte la société d'aujourd'hui. «La maladie mentale, c'est quelque chose d'incompris, croit-il. Ça peut faire partie du développement normal du cerveau et, outre la médication, c'est possible de se réguler avec de l'exercice, du soutien et un mode de vie sain.»

Il espère que son initiative permettra de (re)lancer la discussion sur le sujet et, qui sait, d'en arriver à des solutions. «Je veux parler de la cause. Je veux sensibiliser aux effets de l'intimidation, à la pression qu'on subit dans le système, note-t-il. Je suis persuadé qu'une meilleure compréhension de la maladie et, surtout, une aide urgente et appropriée apportée aux malades et à leurs familles contribueraient à diminuer sensiblement le nombre (de cas).»

«Parfois, la personne malade ne voit pas les chemins possibles pour s'en sortir. Elle a accès aux ressources, mais par manque d'information, elle ne sait pas où les trouver, ajoute le jeune homme de 30 ans. Il faut prendre conscience qu'on peut poser des gestes au quotidien pour aider les autres.»

«Si mon message peut aider ne serait-ce qu'une seule personne, ça sera ça de gagné», dit-il.

David Clermont Patenaude invite le public à faire un don à l'organisme OASIS santé mentale pour soutenir la cause. Les coureurs aguerris ou occasionnels sont également les bienvenus à se joindre à lui le temps de quelques foulées.




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