Au jour le jour avec l'autisme

Chez la famille Gallant-St-Amand composée de Steven St-Amand,... (photos Julie Catudal)

Agrandir

Chez la famille Gallant-St-Amand composée de Steven St-Amand, Mélissanne, Méven et Vicky Gallant, l'autisme se vit au quotidien. Une réalité qui demande une bonne dose d'amour.

photos Julie Catudal

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) Avril est le mois de l'autisme. Pour la famille Gallant-St-Amand, ce mois en est un comme les autres, car chez elle, le trouble du spectre de l'autisme se vit au quotidien. Rencontre avec une maman qui aborde la vie un jour à la fois.

Vicky Gallant a quatre enfants. Marc-André et Mélanie, aujourd'hui de jeunes adultes, sont nés d'une première relation. Lui étudie pour devenir policier et elle travaille comme agente de bord. D'une deuxième union sont nés Mélissanne et Méven, qui ont maintenant 10 et 9 ans. 

« Méven a tout eu ! », lance la mère de famille d'entrée de jeu, elle qui qualifie son deuxième fils de « bébé miracle ». 

D'abord, le petit bonhomme est un très grand prématuré. Né à

25 semaines de grossesse, Méven pesait 880 grammes à la naissance. Dans sa première année de vie, le poupon a traversé une hémorragie cérébrale, vécu des problèmes pulmonaires, eu recours à des transfusions sanguines et a subi de nombreuses interventions chirurgicales. « Il a mené de nombreuses petites batailles », souligne sa mère, qui n'a que de bons mots pour le département de néonatalité du CHUS Ste-Justine.

Son état de grand prématuré a fait en sorte que dès sa sortie de l'hôpital, Méven a été suivi de près par les spécialistes du Centre montérégien de réadaptation (CMR) et du CLSC. « Au CMR, il n'imitait pas, il ne parlait pas, il ne regardait pas dans les yeux, raconte Vicky. Ce sont eux qui ont sonné l'alarme. »

Le garçon avait un peu plus de cinq ans quand les diagnostics sont tombés : Trouble du spectre de l'autisme (TSA), Trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH) et Trouble envahissant du développement (TED). 

Après tout ce que le garçon avait traversé,Vicky n'a pas reçu ces diagnostics comme des coups de poing au visage. « En étant ainsi prématuré, Méven aurait pu être aveugle, paralysé ou gavé, raconte-t-elle. Tout ça aurait été pire que le TSA ! »

Le coup a été plus surprenant quand Mélissanne a été diagnostiquée. La petite était alors en deuxième année. Dans son cas, c'est l'école qui a vite fait de percevoir certains signes. « Elle a un TDAH et elle est souvent dans la lune, explique sa mère. Elle a aussi un TSA, mais moins intense que Méven qui lui, bouge beaucoup. C'est une petite fille sensible, tranquille et solitaire. »

Constance et rappels

La vie au quotidien se résume donc, pour Vicky et son conjoint Steven St-Amand, à répéter constamment les consignes à respecter ou les étapes à suivre et à toujours mettre leurs petits en situation. « Avec des enfants autistes, tu dois toujours être au-devant, explique Vicky. Il faut que tu anticipes. Tous les jours, on a des défis à relever. On répète énormément et il faut toujours expliquer, mettre en situation, par exemple, avant de faire une sortie. »

Pour se faciliter la tâche, le couple a apposé des pictogrammes un peu partout dans la maison. Ici se trouve la routine du matin. Là, celle du dodo. « Ce sont des enfants dans leur monde, illustre-t-elle. Ils voient la vie différemment de nous. Ils ressentent les choses différemment. Le bruit, les odeurs, tout est différent. »

D'où l'importance de vivre un jour à la fois, estime celle qui a fait le choix d'être mère au foyer pour être présente pour ses enfants. « Il faut choisir ses batailles et apprendre à lâcher prise, insiste-t-elle. Moi, je choisis où je mets mon énergie : je me bats pour mes enfants. Dans le couple, ça prend de l'amour, parce que souvent autour, c'est l'incompréhension totale. »

Vicky applaudit d'ailleurs le fait qu'avril soit le mois de l'autisme, ne serait-ce que pour informer les gens sur cette réalité qui touche de plus en plus de famille. « C'est méconnu et mal perçu, regrette-t-elle. Il y en a tellement pourtant... Les gens doivent s'informer, accepter la différence et ne pas juger. »

Vicky Gallant, son mari Steven St-Amand et leur... (photo fournie par Vicky gallant) - image 2.0

Agrandir

Vicky Gallant, son mari Steven St-Amand et leur fille Mélissanne, lors du quillothon organisé par les Chevaliers de Colomb, conseil 9842, au profit de la Fédération québécoise de l'autisme en février dernier.

photo fournie par Vicky gallant

Un don apprécié

Depuis sept ans, Vicky Gallant et son conjoint Steven St-Amand organisent le quillothon des Chevaliers de Colomb, conseil 9842, dans le but d'amasser des fonds pour une cause choisie par l'organisation. Cette année, les Chevaliers ont décidé de verser les profits de la soirée à la Fédération québécoise de l'autisme. Un geste qui fait chaud au coeur du couple, parent de deux enfants aux prises avec un Trouble du spectre de l'autisme (TSA).

«Quand je joignais des commanditaires, disons que je savais de quoi je parlais!», lance Vicky dont le mari est membre des Chevaliers de Colomb, conseil 9842, depuis 12 ans. 

Le quillothon a eu lieu le

25 février dernier au Royaume des Quilles de Granby. Au total, une trentaine de personnes ont pris part à l'activité. Ainsi, le conseil 9842 pourra remettre sous peu la somme de 804,50$ à la Fédération québécoise de l'autisme. 

«Si ça peut aider, tant mieux», souligne Vicky, qui se dit «ouverte aux idées» pour amasser de nouveau des fonds pour cette organisation qui, depuis 40 ans, se fait le devoir d'être une référence dans le domaine de l'autisme au Québec.

Avril est le mois de l'autisme. Pour la famille... (photo tirée de facebook) - image 3.0

Agrandir

photo tirée de facebook

La Fondation Véro et Louis : une bouée nécessaire

Vicky Gallant et Steven St-Amand font très rarement des plans pour les vacances estivales. Le futur en fait, ils préfèrent ne pas y penser. Avec deux enfants autistes, on évite d'anticiper. Mais depuis que Véro et Louis parlent de construire un milieu de vie sécuritaire et stimulant pour les adultes autistes âgés de 21 ans et plus via leur fondation, l'idée de vieillir se fait pour eux moins angoissante.

«L'idée de savoir que quelqu'un pense aux enfants autistes, ça me réconforte, avoue Vicky Gallant. Ça me rassure.»

Le célèbre couple souhaite faire bâtir une maison adaptée aux besoins particuliers d'une clientèle adulte vivant avec un Trouble du spectre de l'autisme (TSA). Sur son site, on apprend d'ailleurs que depuis 2002, les diagnostics de TSA ont augmenté de 78%.

«Ça nous permet de rester positifs, ajoute Vicky. Ça prend ça. On a besoin d'une telle bouée à laquelle se raccrocher, on vit tellement au jour le jour.»




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer