Semaine nationale de prévention du suicide: beaucoup de mouvements au CPS

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La Semaine nationale de prévention du suicide se tiendra du 29 janvier au 4 février.

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Le directeur du Centre de prévention suicide de la Haute-Yamaska, Yves Bélanger, et son équipe avaient beaucoup de choses à annoncer pour la 27e Semaine nationale de prévention du suicide, qui se déroulera  du 29 janvier au 4 février 2017.

Non seulement le CPS H-Y lance une campagne promotionnelle télé qui ciblera l'entourage de personnes suicidaires, mais un nouveau projet débutera la semaine prochaine. 

Dorénavant sur le territoire de l'Estrie, le CPS H-Y s'est allié au Regroupement des ressources communautaires en santé mentale de l'Estrie. C'est grâce à ce regroupement que l'organisme, qui couvre la Haute-Yamaska et Brome-Missisquoi, a réalisé cette campagne publicitaire. 

La campagne représente

200 messages publicitaires qui seront diffusés à Radio-Canada dans les jours à venir et durant la Semaine nationale de prévention du suicide.

« Ça fait plusieurs années qu'on insiste sur le fait qu'il n'y a pas de honte à demander de l'aide, explique Claudie Lessard, du CPS H-Y. Cette année, on a décidé, par les publicités, d'interpeler le télé-spectateur comme proche et non comme personne vulnérable. On a fait deux formats de publicité de 15 secondes, l'une qui s'adresse à la famille d'une personne suicidaire et l'autre à des gens de l'entourage, comme un collègue ou le pharmacien. »

M. Bélanger remarque qu'il y a beaucoup de gens qui n'ont pas le réflexe d'appeler au CPS H-Y pour demander de l'aide, soit pour eux-mêmes ou pour un proche en détresse. Et ce, même si la ligne d'aide est ouverte 7 jours sur 7,

24 heures sur 24. Il y a des raisons à ce constat. Soit les gens ne veulent

pas être aidés ou ils n'ont jamais eu besoin d'un tel type de service et n'y pensent pas. 

« On ne se lève pas un matin suicidaire, comme on peut se lever avec un mal de tête, illustre

M. Bélanger en entrevue. L'idée suicidaire c'est multifactoriel, c'est cumulatif, et avec le temps ça se cristallise. C'est comme un tunnel. Au début, la personne cherche des solutions et tranquillement le tunnel se referme parce que ses solutions ne fonctionnent pas. C'est au bout de ce tunnel-là que, souvent, les gens vont faire appel à nous ou que les proches vont le faire parce qu'ils remarquent que les verbalisations suicidaires sont de plus en plus présentes et que les risques sont de plus en plus élevés. »

filet de sécurité

C'est également pour rejoindre les personnes suicidaires et leurs proches que le projet Les maillons a vu le jour. 

En voulant ramener les midis-conférences à l'hôpital de Granby, un projet similaire avec plus d'ampleur a été suggéré. Cette nouveauté, en deux volets, a été réalisée en collaboration avec Johanne Vaillancourt, coordonnatrice clinique du CPS H-Y, Marie-Pier Pépin, éducatrice à l'unité de psychiatrie du CHG, et Julie Provencher, travailleuse sociale à la même unité.

« Le projet s'appelle Les maillons en référence aux maillons d'un filet de sécurité. Deux services offerts de façon indépendante, précise Claudie Lessard. Le premier, avec Julie, est pour les familles et les proches d'un patient sur l'unité qui a fait une tentative de suicide ou qui a des idées suicidaires. »

La rencontre en groupe se fera un jeudi par six semaines, pour le moment, et permettra aux proches d'acquérir des outils pour appuyer le patient à sa sortie de l'hôpital. Les proches pourront aussi poser des questions et trouver des réponses à leurs inquiétudes. Le tout se fera sans la présence des patients.

Le deuxième volet, avec Marie-Pier Pépin, concerne directement les patients. Il s'agit également de rencontres de groupe avec un intervenant du CPS H-Y et

Mme Pépin. « Le but est aussi d'amener ces personnes-là à comprendre l'impact de leur geste suicidaire. En arrière de ces gestes-là, il y a une demande à l'aide et une expression de la souffrance. On veut les aider à essayer de comprendre l'attente derrière ce geste-là et d'y répondre autrement. J'ai l'impression que le projet va créer une toile beaucoup plus solide que ce qu'on avait déjà», ajoute avec enthousiasme Mme Lessard.

Conférence gratuite

Tout au long de la semaine, l'équipe du CPS H-Y se déploiera sur l'ensemble du territoire pour offrir des formations, faire de la sensibilisation dans différents groupes et tenir des kiosques d'informations, en plus de ce qui a déjà été énuméré plus haut, reprend Yves Bélanger. 

Il y aura également la conférence de Martin Latulippe à 19h le 30 janvier, au Palace de Granby. M. Latulippe abordera tout ce qui concerne l'attitude face à l'adversité et l'impact qu'ont notre attitude et nos choix sur notre succès. 

Le centre de prévention suicide de la Haute-Yamaska ne demande qu'une contribution volontaire au terme de la conférence.

« Pour nous, offrir cette conférence gratuitement, c'est redonner aux citoyens de la région qui nous supportent toute l'année de différentes façons, indique le directeur. Aussi, c'est une façon de rendre le centre plus visible, parce que malheureusement encore, en 2017, malgré que le CPS existe depuis 31 ans, on est toujours étonné de voir que lorsque les gens vivent des difficultés, ils n'ont pas le réflexe de solliciter nos services.» 

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