Sus aux anglicismes

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La Voix de l'Est

D'abord expliquons ce SUS. 

Il peut se dire « su » ou « susse », mais « su » est préférable. 

Il vient du latin susum, est un adverbe et a le sens de (attaquons). 

Oui, attaquons et menons une lutte acharnée aux mots anglais qui s'infiltrent dans nos journées !

Ce sus a-t-il un autre sens ? Oui, dans une locution adverbiale : en sus. Il a alors le sens de supplément. On le rencontre souvent dans « Taxes et frais en sus ». 

Mon propos aujourd'hui est de vous souligner un certain nombre d'anglicismes que nous partageons avec nos amis de France. 

Booster a le sens de hausser, promouvoir, renforcer, stimuler, dynamiser, redonner de l'énergie, relancer, survolter. 

En France, depuis un certain temps, la publicité offre de « booster votre business », de « booster votre pouvoir d'achat » et de « booster votre carrière ».

De notre côté nous « boostons nos batteries ».

En France, on « fait un break ». De ce côté de l'Atlantique, on « prend un break ». Cela peut se produire au travail, dans un couple quand les relations sont devenues désagréables ou encore pour prendre un repos pendant un exercice physique. Essayons de suggérer des mots pour remplacer ce « break » : pause, vacances, changer d'air ou d'idées, briser, casser, rompre, rupture et arrêt.

J'ai un deal à vous proposer. Ce « deal » apparaît en français dans les années 1980 avec le sens de marché, transaction, négociation, accord. Il avait été rendu célèbre par le New Deal du président américain F.D. Roosevelt. L'idée s'est spécialisée dans le domaine de la drogue donnant naissance à dealer et dealeur.

Le « staff » pourrait devenir équipe, employés, ouvriers, travailleurs. Ce mot est au dictionnaire depuis l944.

Je me permettrai, avant de vous quitter, de vous transmettre un texte non signé paru dans une revue française en avril dernier.

« La langue française n'évolue plus, elle régresse et, loin de continuer à l'enrichir, les mots et expressions venus de l'anglo-américain l'altèrent, la gangrènent. Résister aux anglicismes n'est donc pas un combat d'arrière-garde, ni prôner un repli linguistique identitaire, mais simplement défendre l'intégrité de notre langue. »

J'avais trouvé ce texte important et j'étais contente de constater qu'il y a présentement une grande campagne de passion pour un français correct sous le vocable « Arrêtez le massacre ! »

Ce massacre est dû à l'invasion de l'anglais, mais aussi aux fautes d'orthographe, de syntaxe, pléonasmes (dont je parlerai bientôt) de barbarismes, mais, surtout, de la nonchalance ou l'indifférence envers notre langue maternelle.

Conseil ou recommandation : quand vous utilisez un mot anglais dans une phrase, ne rajoutez pas : « comme on dit en bon français ».

Dites de préférence « comme on dit en anglais ». 

Votre reprise ou simili excuse s'avèrera alors exacte.

Est-ce une chronique trop sérieuse ?

Tant pis, c'est ainsi que j'écris.

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