Un poisson qui hurle par la peau

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Michel Aubé
La Voix de l'Est

L'épinoche à cinq épines est un petit poisson au corps lisse et sans écailles. Elle possède cinq épines dorsales qu'elle peut abaisser dans un sillon. Sa nageoire caudale arrondie est séparée du corps par un pédoncule élancé. D'une longueur maximale de 5 cm, on la retrouve dans les petits cours d'eau et au bord des étangs marécageux où sa couleur olivâtre, ponctuée de taches beiges, lui permet de se camoufler aisément.

Elle appartient à la famille des gastérostéidés, qui comprend quatre autres espèces au Québec. Les épinoches ont souvent été étudiées pour leur comportement reproducteur typique. Ces observations ont été importantes dans le développement de l'éthologie, qui est l'étude du comportement des diverses espèces animales dans leur milieu naturel. L'épinoche à cinq épines fraie en eau peu profonde, alors que la température de l'eau s'y situe entre 8 et 19 degrés Celsius. Le mâle s'approprie un territoire et construit un nid sphérique avec des débris végétaux solidifiés à l'aide de sécrétions rénales. Il attire l'attention d'une femelle prête à pondre et la guide par petites poussées vers le nid où elle dépose une centaine d'oeufs. Le mâle la pousse ensuite au-dehors et féconde aussitôt la ponte. 

Le mâle veille sur les oeufs et assure leur ventilation en agitant vigoureusement ses nageoires pectorales. À une température d'environ 18 degrés Celsius, l'éclosion a lieu au bout de 8 à 9 jours. Le mâle continue de protéger sa progéniture en éloignant les intrus et en capturant un à un dans sa bouche les jeunes qui s'éloignent pour les recracher dans le nid. Après quelques jours, ils sont devenus si rapides qu'il ne suffit plus à la tâche.

L'épinoche à cinq épines a également été étudiée pour sa capacité à tirer profit de « phéromones d'alarme », qui lui permettent de fuir et d'éviter pendant plusieurs heures les zones patrouillées par un de ses prédateurs, comme le brochet. Il s'agit de produits chimiques contenus dans les cellules de sa peau, qui ne sont libérés dans l'eau ambiante que si l'animal est mordu ou déchiqueté. Ces phéromones agissent alors comme un véritable cri de terreur « olfactif », qui déclenche aussitôt, chez tous les congénères qui se trouvent « à portée d'odorat », des comportements de fuite et de protection.

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