D'où viennent les mots?

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La Voix de l'Est

Ils nous arrivent de partout, mais au départ, la majorité venait des envahisseurs latins et grecs.

Examinons quelques mots.

Prestidigitateur

Formé de l'adjectif «preste» (rapide) et du latin «digitus» (doigt), ce terme est apparu en français au XIXe siècle et signifie «homme aux doigts rapides». En somme, il désigne un tour de passe-passe. Le prestidigitateur fait apparaître des objets avec une vitesse et une facilité surprenantes, déconcertant le public.

Illusionniste est apparu au dictionnaire en 1922. Il nomme un personnage qui crée une illusion par des moyens souvent truqués. Le mot est un emprunt au latin «illusio» signifiant au XIIe siècle (ironie, moquerie, mirage). C'est, avant tout, une tromperie.

Le mot magicien est apparu au XIVe siècle pour désigner un enchanteur. Il tire son origine du grec «mageia» se référant à la sorcellerie des mages perses. Ce n'est qu'à partir du XVIIIe siècle qu'on lui confère le sens figuré de «personne qui accomplit des miracles au quotidien.»

Voyons maintenant des expressions.

Il est dans de beaux draps.

Quoi de plus agréable que de dormir dans de beaux draps propres!

Et pourtant, selon le sens donné, s'est se trouver dans une fâcheuse position, dans laquelle, du reste, on s'y met souvent soi-même. Pour bien comprendre cette formule, il faut déjà savoir que le mot «drap» ne désignait pas autrefois uniquement un tissu recouvrant le lit, mais aussi toutes sortes de vêtements. Il y avait cet habit blanc qu'on devait revêtir à la messe pour expier une faute, notamment un adultère. L'expression «être dans de beaux draps» renvoyait donc à l'idée de se faire pardonner une faute grave...soit une situation bien peu enviable. La formule est aussi une antithèse, à valeur ironique, à l'image d'une autre expression «c'est du joli».

On lave son linge sale en famille serait née au XVIIIe siècle d'une phrase de Voltaire, tirée de sa correspondance. Parlant des poèmes du roi de Prusse, Frédéric II, l'homme de lettres écrivait voilà le roi qui m'envoie son linge sale à blanchir.

Elle serait devenue proverbiale sous la plume de Napoléon qui écrit C'est en famille qu'on lave son linge sale.

Le souverain faisait allusion aux nombreux conflits qui l'opposaient à ses frères et soeurs et qui devaient, selon lui, rester dans la sphère privée. La formule invite à ne pas faire étalage de ses différents en public, mais à les résoudre plutôt en comité restreint, uniquement en présence des personnes concernées. À l'heure des règlements de compte par messages électroniques interposés sur les réseaux sociaux, au vu et au su de tous, elle est plus que jamais d'actualité...

Ces moments d'histoire de mots me font toujours plaisir et je suis heureuse de les partager avec vous,

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