L'appel d'une grande passion

Jean-Guy Deschambault possède une impressionnante collection detéléphones.... (photo Alain dion)

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Jean-Guy Deschambault possède une impressionnante collection detéléphones.

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) Des téléphones de tous les modèles, de toutes les couleurs et, surtout, de toutes les époques, c'est le spectacle qui attend le visiteur privilégié qui franchit les deux paliers menant au sous-sol chez Jean-Guy Deschambault. S'il fallait que tous ses appareils sonnent en même temps, le toit de la maison lèverait sans doute!

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Toutes les époques sont représentées à travers les téléphones de Jean-Guy Deschambault.

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«Je les aime!», lance l'homme de 83 ans, visiblement passionné par cet appareil de communication inventé en 1876 par Alexander Graham Bell.

La preuve, l'octogénaire en possède plus de 1000. Sa plus vieille trouvaille, en bois, date de 1880.

«J'aime les nettoyer, les réparer et les amener propres, souligne celui qui a géré un garage à Granby pendant 40 ans. J'aurais aimé collectionner les autos, mais ça prenait trop de place!»

Plus petit, le téléphone se collectionne et s'entasse beaucoup mieux, dit-il, sourire en coin.

Impressionnant

Aujourd'hui, son sous-sol déborde d'appareils avec ou sans cadran, à pile ou électriques, payants ou non, sur pied, muraux ou encore incorporés dans un meuble de bois. Sur un mur trônent des téléphones anciennement utilisés dans des bateaux et des sous-marins. Sur une table s'élèvent de nombreux candlesticks des années 1920 bien ordonnés. Dans un coin s'alignent plusieurs imposants téléphones colorés à roulettes tous impeccables. Sur des tablettes sont cordés des téléphones français antiques tous plus stylisés les uns que les autres. Ici et là, on retrouve même des centrales téléphoniques sur lesquelles travaillaient des opératrices pour faire circuler les premiers appels au début des années 1920.

C'est en 1923, raconteM. Deschambault, que le premier téléphone à cadran a fait son apparition.

Car, en plus d'aimer la machine qu'est le téléphone,M. Deschambault s'intéresse aussi à son histoire. Il a d'ailleurs visité le Lieu historique national du Canada Alexander-Graham-Bell, situé en Nouvelle-Écosse... même s'il pouvait fournir l'endroit en artéfacts, dont plusieurs sont encore fonctionnels.

Espace

«Il n'arrive plus à trouver de modèles qu'il n'a pas déjà et... il manque de place! , lance sa conjointe, Estelle Brodeur, en jetant un regard moqueur à son amoureux collectionneur. Je pense bientôt devoir y laisser ma chambre!»

La dame se souvient d'ailleurs d'un voyage mémorable en Gaspésie où, après avoir fait un arrêt chez l'antiquaire au retour, elle a craint ne pas pouvoir reprendre place dans la voiture avec sa valise, tellement son mari y avait fait des trouvailles intéressantes.

«Il n'y avait plus de place pour moi!», lance-t-elle. J'ai attendu bien des heures dans l'auto dans des cours d'antiquaires...»

Même si Mme Brodeur a réussi à imposer certaines limites, le téléphone ne se restreint toutefois pas qu'au sous-sol dans la demeure du couple. «Elle est très compréhensive, ne cache pasM. Deschambault, reconnaissant. En haut (au rez-de-chaussée), je n'ai pas le droit. En fait, je n'ai plus le droit à plus. Il faut que je me garde une petite gêne.»

Plusieurs téléphones s'élèvent malgré tout sur le vaisselier. Toute une série d'appareils à l'effigie de Mickey Mouse se dresse dans la bibliothèque du salon. Et tout ça sans parler de ceux qui se cachent dans le garage et son grenier, de la présence - dans la maison - de bibelots liés au téléphone, comme une banque en forme de cabine téléphonique, de salières et de poivrières qui imitent l'appareil en format miniature, de jouets... Dans d'anciens meubles destinés à cette fabuleuse machine, M. Deschambault conserve même des bottins de villes publiés dans les années 1950.

«Je collectionne tout ce qui est téléphone», tranche le collectionneur dans l'âme qui, entre deux pièces uniques, possède aussi des gramophones et un bon nombre de tasses de toutes sortes.

La seule chose qui manque à sa collection, c'est une cabine téléphonique rouge, grand classique du mobilier urbain londonien. Dans son garage, il en possède toutefois deux en bois dont une qui ne contient aucune vis et à laquelle il a redonné vie il y a quelques années. «Des rouges, c'est pas trouvable, regrette-t-il. Et il y en a jamais à vendre...»

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Toutes les époques sont représentées à travers les téléphones de Jean-Guy Deschambault

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Jean-Guy Deschambault possède une impressionnante collection de téléphones antiques.

Gardien de tout un pande l'histoire

Questionner Jean-Guy Deschambault à savoir quel modèle de téléphone il préfère dans sa collection est comme lui demander lequel de ses enfants il aime le plus. Impossible pour lui de répondre: ils les aime tous. Tellement, qu'il a du mal à s'en départir, et ce, même s'il possède certains modèles en plusieurs exemplaires. C'est que chaque appareil semble avoir une valeur sentimentale pour l'homme qui les a tous bichonnés avec soin.

Pour lui, la valeur monétaire de son impressionnante collection n'a pas d'importance. «J'aime ça, c'est ma passion, insiste-t-il. J'aime les avoir.»

Il se compare d'ailleurs au mythique personnage de Séraphin Poudrier, connu pour frotter ses pièces de monnaie.

«Moi, je descends dans mon sous-sol et j'époussette mes téléphones. Je les ouvre, je les regarde, je les frotte, dit-il en riant. Le vrai Séraphin!»

Mais c'est là que s'arrête l'analogie avec le maire du feuilleton culte Les Belles Histoires des pays d'en haut. Car, s'il le pouvait, M. Deschambault accepterait de léguer une partie de sa collection à un musée. Il a d'ailleurs déjà offert des pièces à celui de Sutton.

«Mais c'est coûteux à faire fonctionner un musée, note sa conjointe. Ça ne vit pas de l'air du temps...»

Ce qu'il adviendra de sa collection dans les années futures, M. Deschambault n'y pense pas. «Je ne m'arrête pas à ça», dit-il, lui qui préfère continuer à l'enrichir. Car, malgré le temps qui file, le téléphone n'a jamais cessé d'évoluer.

«Et à bien évoluer, souligne-t-il. Ça a commencé à batterie et gros comme tout et là, ils sont tout petits et ils font tout!»

Si les cellulaires ont aussi leur place dans la collection deM. Deschambault?

«Des gens m'en donnent et je les garde, dit-il en se faisant rassurant. Si je ne les garde pas, il n'y en aura peut-être plus plus tard...»

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