En parlant avec... Aznavour

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France Arbour

Collaboration spéciale

La Voix de l'Est

 

Il s'agit, vous avez deviné, d'une conversation imaginée, puisque ce cher Charles n'est pas venu à Granby pendant l'été.

J'avais demandé à deux excellents interprètes de chez nous, Hélène Bienvenue et Benoît Chabot, de choisir un certain nombre de chansons afin de présenter une heure de ses textes sous le chapiteau aux À-côtés du Palace. De plus, je me promettais de parler des moments forts de la longue vie (92 ans, cette année) de ce chanteur d'origine arménienne.  

Je me permets de vous offrir, aujourd'hui, quelques répliques de cet homme de petit de taille, mais si de grand de talent.

Son mot préféré serait «nostalgie» et il se targue d'avoir produit une chanson qui, justement, s'intitule Avec un brin de nostalgie.  Il dit écrire avec un dictionnaire de synonymes. Il s'y plonge quand il a du mal à trouver une rime et dès qu'il a le mot équivalent, il change le premier mot de la rime. Il ne va jamais chercher un mot dans son ordinateur. Pour lui, le bouquin est très important. Il adore les virgules, car elles permettent des soupirs ou des respirations entre les mots. L'écrivain qu'il préfère est Victor Hugo et il écoute volontiers Trenet, Brassens, Béart, Lama. Les chansons de son prochain disque sont déjà prêtes, il a deux scripts pour le cinéma (l'un drôle, l'autre dramatique) et une comédie musicale à un seul personnage.

Voilà, pour moi, l'idéal de toute une vie bien remplie. 

Je me remets à l'écriture après des mois à lire, à structurer des projets, à être obligée de refuser des sorties théâtrales à Montréal, à dire non à quelques projets de télévision. Depuis que j'ai repris mes activités, je sais que mon énergie revient, que je retrouve le goût des cafés en ville, des lectures au soleil,  des échanges avec les citoyens de Granby.

Mes rencontres imaginaires avec des peintres morts, des écrivains enterrés, des chanteurs sur CD, des comédiens sur pellicules m'ont permis de passer de bons jours à la maison. Vous mettez, s'il vous plaît, toute la phrase précédente au féminin.

Oui, ce séjour obligatoire chez moi m'a donné un plaisir renouvelé des mots croisés, de la fréquentation de mes dictionnaires, de la recherche de nouveaux contes pour la 13e année des Conteuses de Granby. 

Je ne peux comparer ma vie à celle d'Aznavour - ni mon compte en banque -, mais je sais que plusieurs personnes ont des vies saturées de belles et de bonnes choses qu'elles offrent chaque jour aux êtres qui les entourent et, souvent, sans qu'on leur dise merci.

L'une soigne, l'autre cuisine, l'une enseigne, l'autre répare les pots cassés, l'une dorlote un enfant, l'autre accompagne une personne âgée, etc. (Relisez ma liste au masculin). 

Nos vies ne sont pas toutes glamour, comme disent nos cousins de France, mais elles sont pleines de gestes humains et utiles.

 

Le plus beau et le plus grand théâtre a un nom et il s'appelle la VIE.

 

Salut sincère,

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