30e anniversaire du Calacs de Granby

Sophie Labrie et Chantal Brassard, du Centre d'aide... (Photo Janick Marois)

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Sophie Labrie et Chantal Brassard, du Centre d'aide et de lutte aux agressions à caractère sexuelle (CALACS) de Granby. L'organisme célébrera ses 30 ans le 2 octobre prochain.

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(Granby) Le Centre d'aide et de lutte aux agressions à caractère sexuel (CALACS) de Granby soufflera 30 bougies le 2 octobre prochain. Au fil des années, l'organisme a évolué tel un papillon, au fil des technologies, pour devenir une référence régionale en la matière.

«Notre expertise est bien connue dans la région. On se fait souvent référer lorsque vient le temps d'aider une femme», explique Chantal Brassard, coordonnatrice des bénévoles au CALACS.

À sa création, en 1986, l'organisme s'est fait appeler le CAPAS (Centre d'aide et de prévention des agressions sexuelles). La chenille qu'il était est alors entrée dans sa phase chrysalide en 2001. Une remise en question a mis de l'avant son volet «lutte». Le13 août 2001, un papillon a émergé du cocon pour laisser place au CALACS, tel qu'on le connaît aujourd'hui.

«La prévention, on en fait quand même, parce que c'est important, rassure Mme Brassard. C'est simplement que la lutte peut avoir plus d'impact, en suscitant des questionnements parmi les gens qui nous voient prendre position.»

Le CALACS de Granby joue également un rôle de choix dans la mobilisation du milieu. «Nous faisons preuve d'un leadership pour mobiliser les gens pour des événements. Et lorsque vient le temps de se prononcer sur des sujets d'actualité, on n'hésite pas à prendre la parole», soutient Sophie Labrie, agente de prévention et responsable des communications au CALACS.

«Il y a de la sensibilisation à faire partout, des mentalités à déconstruire, de l'éducation à faire», ajoute-t-elle.

L'ère des réseaux sociaux

L'avènement des réseaux sociaux amène son lot d'avantages... mais aussi d'inconvénients. «Quand c'est le temps de mobiliser des gens ou de faire signer une pétition, ça va vite et ça facilite nos démarches», se réjouit Mme Labrie.

Mais un nouveau phénomène a du coup fait son apparition: la cyberagression. Rares sont les jeunes filles qui n'ont pas encore reçu une photo non désirée d'un garçon se montrant dans une position explicite. D'autres ont été exposées en photos sur Internet, sans leur consentement. Tout ça, c'est sans parler du harcèlement que certaines peuvent subir. «C'est récent et on doit s'adapter à cette nouvelle réalité. Il faut comprendre que les réseaux sociaux, c'est permanent, ça laisse des traces à vie», déplore Sophie Labrie.

Cela amène-t-il moins d'agressions dans la réalité? «On pense qu'il y en a autant. C'est difficile à dire, parce que c'est énorme pour les femmes de sortir de l'ombre et de dénoncer ce qui leur est arrivé», répond l'agente de prévention.

«Elles ont peur de se faire culpabiliser, de se faire mettre en doute. Elles ressentent une honte face à ce qu'elles ont subi, alors que ce sont elles les victimes. Qui a le goût de se faire agresser? Personne. C'est pourquoi il serait intéressant de voir une grande campagne de publicité, comme pour l'alcool ou les textos au volant, pour contrer cette réalité», affirme Mme Labrie.

La force et le courage

Est-ce qu'on peut célébrer les 30 ans du CALACS? Les organisatrices se sont posé la question. «Idéalement, on n'aurait tout simplement pas besoin des CALACS, admet Chantal Brassard. Mais, on peut tout de même célébrer la force et le courage de toutes celles qui ont fait le pas de dénoncer. On peut aussi souligner l'implication de toutes celles qui ont joint la lutte à ce phénomène.»

La célébration se déroulera donc en trois volets. En première partie, le CALACS recevra en conférence Marie L., l'auteure du livre Le chant du papillon, qui a raconté son processus de guérison après avoir subi une agression sexuelle. «C'est un livre qui fait du bien. On le fait lire aux femmes qui passent ici et ça les aide», explique Sophie Labrie.

Par la suite, toutes les personnes présentes pourront échanger entre elles lors d'un coquetel dînatoire. «Ce sera une occasion de faire des retrouvailles, de jaser et aussi de réagir à la conférence qu'on va entendre», estime Mme Brassard.

Pour clore l'événement, des militantes du milieu reprendront des extraits d'une pièce bien connue intitulée Les monologues du vagin. Celle-ci a connu un succès monstre à Broadway en 1996. «Il y a des histoires qui sont comiques, d'autres vraiment pas drôles, même tragiques. Ce sont des femmes qui racontent leur histoire à travers leur sexualité», explique Chantal Brassard.

Dans les dernières années, le membership du CALACS a bondi, passant de 30 à 150 personnes. «Ça nous lance un message qui dit: "J'appuie votre cause". Et ça, ça nous fait du bien. Ça nous pousse à continuer», dit Mme Brassard.

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