Le Manifesto de l'art slow: pour des changements positifs

Sophie B. Samson, designer qui aime toucher à... (photos Christophe Boisseau-Dion)

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Sophie B. Samson, designer qui aime toucher à l'art visuel, l'impression textile, la production de vêtements et la littérature, vient de lancer Le Manifesto de l'art slow.

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) Difficile de lutter contre sa vraie nature. L'artiste et designer Sophie B. Samson en sait quelque chose. Désormais, la fille de Québec ancrée à Bromont s'exprime sur plusieurs médiums et à son rythme: celui du mouvement slow. Les principes qui s'en dégagent, elles les applique à ses créations. Récemment, elle lançait Le Manifesto de l'art slow, histoire, justement, de partir le mouvement.

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Sophie B. Samson manifestede l'art slow photo: christophe boisseau-dion

Sophie B. Samson est la fondatrice de Jackalop, une entreprise qui, à l'origine, se concentrait sur la conception et la fabrication de vêtements de snowboard, notamment de One Pieces uniques. «Mais il n'était pas dans ma nature de me consacrer à un seul projet ou un à seul médium», écrit-elle sur son site Internet.

Sont donc nés divers produits portant sa signature: vêtements, coussins, peluches, toiles, etc.

«En 2007, 2008, ça roulait vraiment pour Jackalop, raconte Sophie entourée de son chien Léon et de ses nombreux chats dans sa maison située à flanc de montagne. Il y avait un buzz. J'ai donc décidé d'adopter une approche plus business... Finalement, je n'allais vraiment pas bien! J'étais en train de tuer ma créativité. J'étais déçue. Je n'aimais pas ce que je faisais.»

Le contexte «affaires» n'est pas un terreau fertile à la création, estime-t-elle. «Le mode de vie actuel n'est pas adapté et je me disais que je ne devais pas être la seule à en souffrir», fait-elle remarquer.

C'est à ce moment qu'elle a décidé d'écrire ce qu'elle avait sur le coeur. «Ça m'a fait du bien!», avoue-t-elle, visiblement libérée d'un fardeau.

Le texte original du Manifesto de l'art slow s'allongeait sur une quarantaine de pages. «Au début, j'étais révoltée! , raconte-t-elle, en riant. Je l'ai retravaillé et là, certains me disaient que c'était trop doux. Je l'ai durci un peu et raccourci. C'est dur de faire lire de la philosophie aux gens. En fait, c'est dur de juste les faire lire. J'ai donc voulu faire mon manifeste le plus concis possible.»

Elle a finalement réussi à relever le défi en exprimant l'essence de sa pensée sur huit pages.

Révolution neutre

C'est très humblement et de façon très subjective que Sophie B. Samson a écrit Le Manifesto de l'art slow. L'idée est le fruit de ses expériences, mais également de la lecture de L'éloge de la lenteur, de Carl Honoré, qui a fait connaître le mouvement slow. L'approche a fait naître, dans les années 1980, le slow food. En opposition au fast food, à la malbouffe, le slow food prône le plaisir de se préparer à manger à partir de produits frais et locaux. Des valeurs qui, transposées à l'art, luttent contre l'accélération, la productivité et le profit à tout prix.

Ce manifeste ne se veut pas directif, insiste toutefois Sophie. Elle souhaite simplement y soulever des enjeux. «Mon but est que les gens y apportent leur touche pour faire évoluer cette philosophie. Qu'ils s'engagent. Un artiste qui se fait pousser dans le derrière pour livrer ou qui se fait dire qu'il ne va jamais assez vite, n'a plus de place pour le vide. Moi, si l'horaire est organisé tac-tac-tac, il n'y a plus de place pour le processus créatif.»

D'où l'importance de distinguer art et produit, croit-elle.

L'art slow est une philosophie qui repose sur l'idée que l'inspiration artistique est foncièrement indomptable, qu'elle ne peut s'astreindre à des standards imposés et nécessite le loisir de se déployer selon son rythme, écrit-elle pour débuter son manifeste.

«Dans mon cas, l'inspiration est une entité que j'essaie d'apprivoiser, explique la designer. Tout relève du vide. Il faut que j'arrive à taire ma pensée. C'est presque un état méditatif. Alors, je me suis établi une routine.»

La philosophie de l'art slow s'oppose à la substitution des ouvrages artistiques par des produits de consommation. «Aujourd'hui, c'est la quête infinie de la productivité, regrette celle qui ne se dit pas du tout compétitive. Je ne peux pas croire que c'est ça l'art.»

Selon l'art slow, l'art nourrit l'esprit des individus, note-elle également dans son manifeste. Il s'intègre dans son quotidien, reflète et influence l'identité de sa nation.

Maintenant que son manifeste est en ligne et disponible en version papier, Sophie cherche une façon d'en enseigner les grandes lignes. «Je voudrais proposer des pistes», dit-elle.

D'ici là, en plus de se concentrer sur la production de toiles sur tissu, Sophie planche sur un deuxième projet de livre. Pour l'instant, celui-ci porte le titre de Pet my ego. «Je le fais d'abord pour moi, mais si ça m'aide, je pense que ça peut en aider d'autres...»

Pour en savoir davantage et pour signer Le Manifesto de l'art slow, suffit de se rendre au www.slowartmanifesto.com

Pour découvrir certaines oeuvres de Sophie B. Samson, sachez que certaines sont en vente à la boutique Fringué de Granby.

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