Périple de deux ans à vélo «Notre rêve s'est matérialisé, un coup de pédale à la fois»

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Denise Blanchard et Charles Coderre sont revenus à Granby après un périple de près de deux ans à vélo en Amérique du Sud.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Sillonner 15 pays à vélo en 705 jours, principalement en Amérique du Sud.C'est le périple de près de 30 000 km que viennentde boucler lesglobe-trotters granbyens Charles Coderre et Denise Blanchard en revenant au bercail il y a quelques jours, délaissant leurvie de nomadespour la quiétude de leur coquette demeure. Une pause de quelques mois avant de repartir vers de nouvelles contrées. 

«Elle est bien belle notre ville!» Voilà quelques-uns des premiers mots lancés par Denise lorsqu'elle a fait ses premiers tours de roue à Granby après son odyssée de deux ans. «On peut parcourir le monde, mais c'est une fois à la maison qu'on se rend compte que le Québec est un endroit exceptionnel», a renchéri son conjoint.

En fait, les jeunes retraités viennent de tourner la page sur un pan de leur projet de vie. Le Plus a eu la chance de suivre le couple avant et pendant sa mémorable aventure. Un voyage façonné une étape à la fois. Après un essai de plusieurs jours en Gaspésie, le duo avait relevé avec brio le défi d'un périple de 159 jours aux États-Unis, complété en octobre 2013. Après des mois de préparation méticuleuse, les aguerris cyclistes avaient commencé à engloutir les kilomètres sur les routes péruviennes le 5 juillet 2014. Sillonnant des coins de pays parfois hostiles et imprévisibles, les amoureux de vélo ont gardé le cap, s'émerveillant devant les contrastes des paysages boliviens, se lançant ensuite à l'assaut des contrées chiliennes. Suivirent l'Argentine, l'Équateur, la Colombie, le Costa Rica, etc.

Rencontres

En peu de temps, les cyclistes ont adopté leur nouveau mode de vie, troquant le confort pour la simplicité. D'ailleurs, les deux aventuriers ont rapidement dû rayer le mot «luxe» de leur vocabulaire. «Pour découvrir le monde à vélo, il faut être prêt à certains compromis, entre autres parce que les bagages sont très restreints, a concédé Denise. Mais contrairement à ce que certaines personnes pourraient penser, ça n'a pas été un voyage de misère. On se payait des hôtels à l'occasion. Et dormir dans la grange d'un paysan a aussi son côté intéressant. Ça permet de faire de belles rencontres, de s'imprégner de la culture de chaque pays visité. En fait, il faut lâcher prise et faire confiance à la vie.»

Le choc entre le monde de surconsommation nord-américain et la frugalité des peuples d'Amérique du Sud a amené le duo à une certaine introspection. «Vivre avec peu de choses, ça ramène aux vraies valeurs, a dit Charles. Notre voyage nous a amenés à voir les choses différemment. On va certainement vivre plus simplement maintenant.»

Outre les panoramas à couper le souffle, les liens tissés au fil des kilomètres avec des gens de toutes les nationalités, Allemands, Espagnols, Suisses et bien d'autres, ont amené une dimension «plus humaine» au voyage. «Pousser son vélo sur des kilomètres dans un coin où il n'y a pas âme qui vive, ça te fait apprécier le paysage qui vient au bout de tant d'efforts, a mentionné la cycliste. Ça restera imprégné dans notre mémoire pour toujours. Les amitiés avec des gens locaux et d'autres voyageurs ont aussi fait en sorte que chaque journée en Amérique du Sud a valu la peine d'être vécue.»

Moments forts

Certaines portions du périple ont été parsemées d'embûches. En ce sens, le duo ayant franchi le cap des 275 000 mètres de dénivelé positif, établir son campement à près de 5000 mètres d'altitude dans les Andes péruviennes a posé son lot de défis. Surtout lorsque la neige a été au rendez-vous. «Être pris dans une tempête au Québec en hiver, c'est une chose. Mais ça prend une autre dimension quand tu es en vélo et que tu couches dans une tente. Mais ça fait partie de l'aventure. On a eu une petite frousse, mais ça a été un des moments forts de notre voyage», a confié Charles.

Question de rester connecté avec les gens d'ici durant tout le voyage, le couple a relaté ses péripéties par le biais d'un blogue (chardenvelomonde.blogspot.ca). Chaque portion de l'odyssée y est répertoriée. On y retrouve d'innombrables clichés croqués sur le vif par le tandem, agrémentés de textes bien ficelés. Le carnet virtuel a également été ponctué de vidéos inouïes.

«Des montagnes russes émotionnelles». C'est en ces mots que Denise a décrit le voyage. «On a eu des moments de blues, loin des nôtres. On a vécu des joies immenses en s'émerveillant devant la nature à l'état pur. Mais chaque seconde a valu la peine. On peut dire que notre rêve s'est matérialisé, un coup de pédale à la fois.»

Dépaysement garanti en plein désert dans le Salar... (photo fournie) - image 2.0

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Dépaysement garanti en plein désert dans le Salar d'Uyuni en Bolivie.

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Une pause... pour mieux repartir

L'appétit des aguerris cyclistes Charles Coderre et Denise Blanchard pour le voyage est quasi insatiable. À peine rentré au bercail à Granby, le couple cogite déjà l'idée du prochain périple. «On veut prendre le temps de reconnecter avec nos proches, décanter un peu. Mais on n'est pas du genre à rester à rien faire. La retraite, c'est fait pour bouger!», a lancé Charles. En fait, le duo veut prendre près d'un an pour choisir la destination à venir, évaluer l'itinéraire et peaufiner les préparatifs. L'Australie et la Nouvelle-Zélande figurent en ce moment en tête de liste. Il ne s'agirait toutefois pas d'un voyage de deux ans comme le précédent. «On veut plutôt partir six mois. Ça nous éviterait d'avoir à louer la maison. Ça rend les choses beaucoup moins complexes.» Cette fois, Charles et Denise voudraient expérimenter un nouveau mode de transport: un vélo tandem réinventé (voir photo). «Dans notre voyage en Amérique du Sud, on s'est rendu compte qu'on ne pouvait pas toujours aller au même rythme. Charles est plus fort que moi et ça paraissait dans les montées, a mentionné sa conjointe. Souvent, on manquait certains [attraits] parce qu'on n'allait pas au même rythme. Avec un vélo tandem, on voit tout en même temps. Ce serait une très belle option.» De plus, le couple opterait pour un modèle où la personne à l'avant est assise plus bas, ce qui permet à l'autre cycliste d'avoir un champ de vision plus large. Questionnés à propos de ce qui les rend le plus fiers d'avoir bouclé leur périple, les amateurs de vélo répondent que c'est d'avoir réussi à inspirer d'autres gens à voyager à deux roues. «Les gens nous disent souvent que c'est extraordinaire ce que nous vivons. Qu'ils ne pourraient jamais faire ça. Pourtant, les seuls obstacles, ce sont le temps et la volonté, a dit Denise. Alors tant mieux si en suivant notre blogue, des gens ont eu la même piqûre que nous.»

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