Des artistes au Zoo: une espèce colorée

Le jaguar, le serpent et l'alligator croisés en... (- photos Janick marois)

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Le jaguar, le serpent et l'alligator croisés en dévalant la Rivière Aventure, sont semblables à s'y méprendre aux modèles vivants présents ailleurs dans le Zoo.

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) Dans un lieu magique se trouvent des magiciens. Au Zoo de Granby, pendant que les visiteurs n'ont d'yeux que pour les 225 espèces exotiques présentes, ils veillent, tout en subtilité, à rendre leur expérience aussi vraie que nature en se faisant experts de l'illusion et artistes du grandiose et du coloré animalier. Rencontre avec deux spécialistes en art appliqué de la région capables de transformer un bloc de polystyrène en un jaguar semblable à s'y méprendre à ceux hébergés dans la section Amérique du Sud.

Jean-Yves Rhéaume et Marco Demuri sont des artistes. Murales, 2D, 3D, faux finis, peintures sur toile, ils touchent à tout. «On fait n'importe quoi!», lance le peintre décorateur Jean-Yves Rhéaume, dans le bon sens du terme.

Enchaînant les nouveautés été après été depuis quelques années, le Zoo de Granby fait régulièrement appel aux services des deux travailleurs autonomes. En 2012, l'hebdo Le Plus rencontrait justement M. Rhéaume (L'art du faux) alors qu'il venait d'intégrer, en peinture, des bassins d'eau, des chutes et de la végétation sur les murs des habitats des animaux de l'Amérique du Sud. Au fil du temps, lui, Marco Demuri et leur collaborateur Alain Desroches ont mis leur touche sur tous les continents présentés au Zoo. Les fausses roches semées ici et là dans la Traversée australienne, le décor de l'habitat des macaques japonais, la murale dans la piscine à vagues, les poteaux de bambous à l'Amazoo, etc.

«On a travaillé partout dans le Zoo, se réjouit M. Rhéaume. Le but c'est de toujours upgrader un peu. On n'est pas Disney World, on n'a pas le même budget, mais le look, on veut toujours le faire monter.»

«Ce qui est intéressant, c'est qu'au Zoo, on a une belle atmosphère de travail, insiste Marco Demuri. Tout le monde travaille vers le même but. Ils nous fournissent un atelier. Leurs menuisiers nous aident. En plus, on apprend plein d'affaires sur les animaux!»

L'artiste souligne également son bonheur de pouvoir faire ce genre de travail à Granby. «À Montréal on aurait de l'ouvrage dans notre domaine, mais on ne veut pas y aller!»

Autre réalité non négligeable pour les artistes, membres du Conseil des métiers d'art du Québec, ceux-ci sont impliqués de A à Z dans les projets sur lesquels ils sont appelés à travailler. Après un mélange d'idées sur les oeuvres à créer, des dessins sont faits. Viennent ensuite des maquettes d'argile qui sont soumises aux comités impliqués dans le processus. Une fois le choix arrêté, les deux hommes se retirent dans leur atelier et se lancent dans la production. Ils permettront désormais, par exemple, aux aventuriers qui dévaleront la Rivière Aventure cet été de croiser un serpent, un jaguar et un alligator surprenants, mais tout à fait inoffensifs. Dans le bassin de réception des nouvelles glissades d'eau, Les descentes de l'Amazonie, petits et grands découvriront un ara, un anaconda et un piranha colorés. (voir autre texte).

Dans la Rivière Aventure, les animaux sont de style réaliste, explique Marco Demuri. Pour les glissades d'eau, la nouvelle attraction estivale 2016, le but était que les trois personnages adoptent une allure plus cartoon. «Ça fait plus ado, lanceM. Demuri. Un peu méchant!»

Les deux hommes et leur collaborateur ont travaillé tout l'hiver sur ces nouveautés. Savent-ils déjà comment ils investiront l'hiver 2017?

«Ah ça, c'est un secret!», lance Marco Demuri, sourire en coin.

«C'est sûr que le Zoo a d'autres projets en tête, renchérit Hélène Bienvenue, conseillère en communication au Zoo de Granby, sans en dire plus. Ça mijote!».

La glissade de l'anaconda est verte, celle du... (Photo Janick Marois) - image 2.0

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La glissade de l'anaconda est verte, celle du piranha rouge et bleu et la dernière, celle de l'ara, arbore du bleu, du rouge et du vert. Les artistes appelés à créer les animaux devaient donc, eux aussi, respecter cette réalité.

Photo Janick Marois

L'art de laisser sa trace

Quand le Zoo de Granby se lance dans un projet, rien n'est laissé au hasard. Pour la construction des glissades Les descentes de l'Amazonie, les couleurs choisies devaient respecter le thème. Du coup, celui des animaux décoratifs qui allaient accueillir les baigneurs à la sortie des glissades aussi.

«Jamais la glissade de l'ara n'aurait pu être rose, car dans la vie, il n'y a pas d'ara rose!», souligne Hélène Bienvenue, conseillère en communication au Zoo.

Ainsi, la glissade de l'anaconda est verte, celle du piranha rouge et bleu et la dernière, celle de l'ara, arbore du bleu, du rouge et du vert. Les artistes appelés à créer les animaux devaient donc, eux aussi, respecter cette réalité.

Environ sept semaines ont été nécessaires à Jean-Yves Rhéaume, Marco Demuri et Alain Desroches pour donner vie aux trois personnages au style cartoon. L'ara aurait donné le plus de fil à retordre aux artistes... «C'est qu'il n'est pas très statique!», lance Jean-Yves Rhéaume en riant.

La tête du volatile plie, tout comme une de ses pattes. Aussi, il a les ailes ouvertes, comme s'il était prêt à s'envoler. «L'ara est en mouvement, ajoute Marco Demuri. Il y a de l'action.»

Leur collaboration avec le Zoo de Granby occupe environ 60% du calendrier des deux artistes. Selon l'envergure de chacun des projets, tous deux peuvent y passer jusqu'à cinq mois, du début de l'hiver jusqu'à l'ouverture du site, au printemps.

«C'est l'fun parce que ce qu'on fait reste longtemps», souligne M. Rhéaume.

Isabelle Gaboriault

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