Le pouvoir d'un ballon

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Tous les matins de la semaine, jusqu'à une douzaine d'enfants se joint au clan Quirion pour jouer au soccer. Le tout est né de la présence d'un ballon à l'arrêt d'autobus...

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) C'est parfois dans les petits gestes que se produisent les plus grandes choses. Parlez-en à Olivier Quirion. Le père de famille, voulant joindre l'utile à l'agréable, a un matin traîné un ballon de soccer à l'arrêt d'autobus de son fils. Depuis, tous les matins de la semaine dans le quartier, une douzaine d'enfants se dérouille les jambes avant de prendre le chemin de l'école.

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Olivier Quirion accompagnés de ses fils Mathis et Maxence, et d'un des nombreux petits joueurs qui se joignent au groupe du matin. 

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Olivier Quirion a deux fils: Mathis, six ans, et Maxence, quatre ans. L'été, le papa agit comme entraîneur dans l'équipe de soccer de Mathis. Un matin, en allant le reconduire à l'arrêt d'autobus, il a pensé profiter du moment d'attente pour revenir, avec lui, sur les principes vus en entraînement.

«J'ai simplement voulu exploiter cette période-là, le matin avant l'école, pour que Mathis, qui a beaucoup d'énergie, puisse se dégourdir les jambes! , raconte le papa. Ce ne sont pas les cubes d'énergie qui m'ont drivé. Je l'aurais fait, cubes ou non. Ça fait une période de plus, pour mon gars, pour bouger. Ça part bien sa journée.»

Et pas juste celle du petit bonhomme, qui vient de terminer la maternelle. L'initiative de son père a fait boule de neige. Certains matins, jusqu'à 12 enfants de tous les âges, filles et garçons, sont présents au rendez-vous fixé autour de...7:05, parfois plus tôt!

«Ça a eu un effet d'entraînement, se réjouit Olivier. D'autres papas viennent à l'arrêt et les autres enfants apportent aussi leur ballon. On habite dans un rond-point, sur la rue du Chrysanthème. On a un beau spot!»

À la blague, Olivier dit vouloir bâtir «une culture de soccer» dans le quartier. «Enfant, j'ai fait du sport en fou avec mes amis, raconte-t-il. En plus, j'avais la chance d'avoir deux frères. Là, c'est pareil. Je joue avec les enfants. Ça leur donne un petit challenge! En dedans de moi, je suis un ti-cul!»

Le papa accueille d'ailleurs très positivement la proposition de la Ville de Granby «d'ouvrir les rues» pour permettre des jeux libres dans certaines artères peu passantes pour faire bouger les enfants.

«Ça fait tellement de sens, dit-il. J'ai tellement joué dans la rue quand j'étais petit... Dans certains coins, les enfants ont besoin de place. Je suis à 100% derrière ce principe.»

La preuve, dès l'automne prochain, Olivier Quirion et son équipe matinale ont bien l'intention de poursuivre leur bonne habitude.

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Tous les matins de la semaine, jusqu'à une douzaine d'enfants se joint au clan Quirion pour jouer au soccer. Le tout est né de la présence d'un ballon à l'arrêt d'autobus...

photo Véronique Tremblay

Passer d'un mode actif à passif

Mario Chamberland a passé près de 40 ans dans le milieu du loisir et du sport. Pendant les trois dernières années de sa carrière, il était directeur de Loisir et Sport Montérégie. Après tout ce temps à faire la promotion d'un mode de vie actif chez les enfants, son constat est fort simple: pour contrer la sédentarité chez les petits, suffit de poser des gestes au quotidien auprès d'eux. En plein ce qu'a fait son gendre, Olivier Quirion. D'où la volonté du grand-père de mettre en lumière cette belle initiative mise de l'avant pour faire bouger son petit-fils.

M. Chamberland a offert des conférences sur la promotion du loisir actif chez les jeunes partout au Québec, au Canada, voire au Sénégal et au Bénin. «Je veux démontrer comment de petits gestes de parents engagés peuvent faire la différence, alors que l'État et les instances publiques ne suffisent pas à répondre à ces enjeux majeurs de la société», dit-il.

Pendant sa carrière, Mario Chamberland en a mis sur pied des stratégies pour amener les enfants à bouger. «À pu finir!, lance-t-il en riant. Mais les saines habitudes de vie partent de la base. Même de la base de la base!»

Chaque fois, il parlait de l'importance d'une approche intégrale où l'intervention de l'État et celle des structures intermédiaires (municipale, scolaire,associative) étaient essentielles, mais que celles-ci devaient être supportées par des gestes réguliers, chaque jour, auprès de l'enfant.

«Dans la rue du Chrysanthème, Oli a provoqué un mouvement, se réjouit-il. Plusieurs jeunes qui attendaient l'autobus sont passés d'un mode passif à actif avec tous les avantages que cela comporte sur le plan de la santé, mais aussi au niveau de la socialisation et de l'intégration.»

«Mathis a six ans et maintenant il a un ami en cinquième année, raconte Olivier Quirion. Il est tellement content. C'est intéressant. Comme ça, en connaissant des plus vieux, il sera 'protégé' s'il se fait achaler!»

Même Maxence, quatre ans, fait partie de l'équipe des matinaux.

«Il se dépêche le matin pour venir jouer, poursuit le papa. Il a le goût d'embarquer.»

Comme son gendre, Mario Chamberland applaudit la volonté du maire Pascal Bonin d'analyser la possibilité d'ouvrir des rues aux jeux libres. «Dans ma tête, tout passe par les petites initiatives, insiste le retraité. Dont l'appropriation des rues par les jeunes.»

Isabelle Gaboriault

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