Du plaisir au carré

Les aînés se rencontrent tous les mardis pour... (Photos Julie Catudal)

Agrandir

Les aînés se rencontrent tous les mardis pour danser en ligne.

Photos Julie Catudal

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) «Changez votre compagnie!» Tous les mardis, les membres des Brome Squares se donnent rendez-vous au club de l'Âge d'or de Cowansville, rue Principale, pour effectuer quelques pas de danse. Les hommes revêtent de beaux habits et les femmes, qui ont mis du rouge sur leurs joues et leurs lèvres, sont vêtues de grandes jupes à crinoline qui tournoient au rythme de la danse carrée, la square dance à l'américaine.

Quatre paires à la fois, en forme de carrés, ils enchaînent les mouvements sur une version instrumentale de Billie Jean, un grand succès de Michael Jackson. Plus tard, ils danseront sur la piste sonore de Wake me up du DJ suédois Avicii, de Stereo Love, de Never gonna give you up et de Born to be alive, pour ne nommer que celles-là. Pas nécessairement le genre de titres qui nous viennent en tête quand on pense à la danse sociale, même si le classique Rivers of Babylon s'est fait entendre au cours de la soirée.

Passe-temps international

Il existe plusieurs niveaux de square dance. D'abord, le basic (la base), le mainstream (débutant), le plus (intermédiaire), le A1 (avancé) et le A2 (expert). À Cowansville, on pratique surtout le mainstream et le plus qui, déjà, comptent au moins une cinquantaine de mouvements différents à apprendre et à maîtriser. Du lot, notons «load the boat», «pass the ocean», «promenade» ou le classiques «circle to the left».

Parce que tous les enchaînements sont annoncés en anglais, le square dance à l'américaine est un loisir pratiqué aux quatre coins du globe.

«À tous les deux ans, il y a une grosse convention de square dance au Canada, raconte le président des Brome Squares, Larry Ingold. Il y a environ 2000 danseurs de partout dans le monde. Des Allemands, des Chinois, des Américains, des Japonais... Ce n'est pas tout le monde qui parle anglais, mais ils comprennent tous les calls!»

Comme les mouvements sont les mêmes partout dans le monde, les voyageurs s'y retrouvent aisément. Le club de Cowansville compte d'ailleurs parmi ses rangs plusieurs snowbirds, qui ne perdent pas la main pendant leurs vacances en Floride.

Bon pour le corps et pour l'esprit

Malgré ses airs peinards, la square dance constitue un bon exercice. Selon M. Ingold, une soirée de deux heures de danse équivaut à une longue marche de huit kilomètres!

Qui plus est, l'activité fait aussi travailler les méninges de ceux qui la pratiquent. L'animateur de la soirée, qu'on appelle communément le «caller», a le loisir de nommer les enchaînements dans un ordre aléatoire, selon son bon plaisir: les danseurs ne peuvent donc pas apprendre une chorégraphie. Ils doivent demeurer aux aguets.

«On ne sait jamais ce qu'on va danser. Ça peut devenir très compliqué!» lance Lorraine Derome, qui pratique la square dance depuis bon nombre d'années.

«Ça fait travailler le mental, renchérit Françoise Trépanier. Il faut toujours rester attentifs pour ne pas manquer un pas!»

Jusqu'à il y a quelques années, les Brome Squares étaient assez nombreux. Tout près de 200 danseurs fréquentaient alors le club, qui souhaite maintenant attirer de nouveaux membres. «Nos membres meurent, les autres vieillissent», déplore M. Ingold.

«Avant, on remplissait la salle!», se souvient Jacques Lamoureux.

Il serait toutefois faux de croire que la square dance est uniquement réservée à ceux qui ont vécu les Trente Glorieuses. Tous sont les bienvenus à participer à une soirée gratuite d'essai, peu importe leur âge ou leur langue. «Il n'y a pas d'âge pour commencer. Il y a des visiteurs qui ont14 ou 15 ans et qui adorent ça», souligne Adèle Tétreault.

Selon ses adeptes, ceux qui essaient la square dance l'adoptent. «C'est très rassembleur, note Françoise Trépanier. C'est un club social en même temps qu'un club de danse. J'aime beaucoup l'entraide. Les gens s'encouragent. Jamais on ne reçoit de reproches quand on se trompe.»

Et à voir les sourires fendus jusqu'aux oreilles des gens présents, on voit que c'est bel et bien vrai.

Les membres des Brome Squares se donnent rendez-vous au club de l'Âge d'or de Cowansville, rue Principale, pour effectuer quelques pas au rythme de la square dance à l'américaine.

Moi, au centre, visiblement enchantée par mon expérience!... (Julie Catudal) - image 2.0

Agrandir

Moi, au centre, visiblement enchantée par mon expérience!

Julie Catudal

Entrer dans la danse

À l'invitation des danseurs, la journaliste que je suis s'est prêtée au jeu. Pour mes premiers pas de danse, on m'a assigné pour partenaire GerhardMittelStaedt, un Allemand qui ne fait pas du tout ses 97 ans et qui, surtout, s'est avéré être un excellent danseur. Je n'aurais pas pu trouver mieux pour mon baptême.

«Quand il t'attrape, t'as d'affaire à tourner!» me prévient Adèle Tétreault. La dame avait raison.

On tourne à gauche, on tourne à droite, les femmes au centre, changez de partenaire, en promenade, puis de retour à la «maison» (position de base)... Les premiers instants sont assez mélangeants, mais ô combien amusants. Déjà, au deuxième morceau, je notais chez moi plus d'aisance. La répétition des mouvements de base - on avait été clément à mon égard - a fini par faire son effet. Même qu'à quelques reprises, c'est moi qui ai du corriger des membres du carré!

On ne m'avait pas menti: j'ai eu chaud et mon rythme cardiaque s'est accéléré le temps de la pratique.

Marie-Ève Martel

Les groupes de danse au Canada

Les clubs de square dance à l'américaine sont regroupés sous deux associations.

D'abord, l'Association des promoteurs de danse carrée et ronde de la frontière, mieux connue sous le nom de Border Booster Square Dance Association (BBS&RDA), qui existe depuis 1967 et qui a pour mission de promouvoir toutes formes de danses carrées dans les régions du Lac Champlain et de la Vallée du Saint-Laurent. Des six clubs qu'elle comptait à sa fondation, l'Association a atteint un sommet au début des années 1990 avec40 groupes de danse répartis au Canada et dans le nord des États-Unis. Aujourd'hui, la BBS&RDA regroupe14 clubs, dont une dizaine au Québec - concentrés à Montréal et en Montérégie -, trois en Ontario et un dans l'État de New York. Elle organise deux événements annuels, au printemps et à l'automne.

La BBS&RDA est pour sa part chapeautée par la Société canadienne de danse carrée et ronde (Canadian Square&Round Dance Society), qui compte des associations dans toutes les provinces. Elle a aussi pour mandat de faire connaître la danse sociale, carrée ou ronde, à travers le pays. Tous les deux ans depuis 1978, la Société tient un congrès annuel de danse où affluent des adeptes de la square dance de partout dans le monde. Seul le congrès de 2006 s'est tenu au Québec, à Montréal.

Sources: Border Booster Square Dance Association et Canadian Square&Round Dance Society

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer