Amis d'enfance réunis grâce à la musique: le pouvoir rassembleur des pianos publics

Les amis d'enfance Jocelyn Dubois et Raynald Comtois... (Photos Catherine Trudeau)

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Les amis d'enfance Jocelyn Dubois et Raynald Comtois se sont retrouvés l'été dernier autour d'un des sept pianos publics installés un peu partout dans la ville de Granby.

Photos Catherine Trudeau

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Marie-Élise Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) L'histoire de Jocelyn Dubois et Raynald Comtois est digne d'un scénario de film. Adolescents, les Granbyens se sont liés d'amitié grâce à une passion commune pour le piano, et c'est à nouveau la musique qui les a réunis il y a un an. L'hebdo Le Plus les a rencontrés à l'endroit de leurs retrouvailles: le piano public installé devant l'église Notre-Dame!

Jocelyn Dubois et Raynald Comtois se sont connus en 1973 au collège du Mont-Sacré-Coeur. «On était en secondaire 1, se souvient Jocelyn. J'aimais la musique, mais je ne savais pas jouer d'un instrument. C'est lui qui a commencé à me montrer des bases. Je trippais!» explique-t-il.

Les deux garçons ont commencé à jouer ensemble chez Raynald. «On avait un piano chez nous. C'est mon frère qui était dans l'armée qui m'a montré les rudiments du piano», explique l'homme qui travaille aujourd'hui dans le domaine de l'électronique.

Si Jocelyn est toujours pianiste, c'est grâce à cette passion que son ami lui a transmise. «C'était un moyen d'évasion pour nous sur l'heure du midi. On se dépêchait de dîner, pis on se réfugiait autour du piano à queue», évoque Raynald. Faisant partie de l'harmonie scolaire, Jocelyn avait également accès au local de musique. Les deux amis avaient obtenu une permission spéciale pour pouvoir utiliser le piano en dehors des heures de classe.

«C'était un Yamaha, hein? Il était bien équipé», se rappelle Raynald, plongeant dans ses souvenirs. Le Granbyen possède toujours un piano à la maison, en plus d'un orgue et d'un clavier. «C'est mon hobbie, la musique», dit-il. À l'époque aussi, les amis jouaient pour le plaisir. «On faisait des chansons d'autrefois, des classiques», précise Jocelyn. Les amis s'installaient côte à côte sur le banc du piano et jouaient pendant des heures sans voir le temps passer.

Perdu de vue

Il aura fallu qu'ils se perdent de vue au terme de leurs études secondaires avant d'offrir une première prestation publique... en pleine rue Principale! «Je me promène souvent en vélo l'été. Quand je vois qu'il n'y a personne, je bifurque vers ici et je joue une fois de temps en temps», raconte Jocelyn, assis près de son piano public fétiche.

Le soir du 31 juillet2015 était une de ces fois. Pendant que les doigts de Jocelyn couraient sur les notes pour faire revivre La langue de chez nous d'Yves Duteil, Raynald écoutait, impressionné. «J'ai dit à ma femme: il joue-tu bien, ce gars-là!» rigole l'homme dans la cinquantaine, qui pensait avoir affaire à un étranger talentueux. «Ça faisait tellement d'années qu'on ne s'était pas vus qu'on ne s'est même pas reconnus...»

Après «le Mont», Raynald s'est dirigé vers la polyvalente J.-H.-Leclerc tandis que son ami a poursuivi ses études en musique au cégep de Drummondville. La vie suivant son cours, les deux hommes ont fondé leur famille chacun de leur côté et ne se sont plus donné de nouvelles. Mais la musique, qui les avait unis, allait provoquer leurs retrouvailles.

Retrouvailles

«Quelqu'un qui joue bien, je peux le contempler pendant des heures», relate Raynald, un fidèle des pianos publics. Il a commencé à filmer Jocelyn avec son téléphone, tout en discutant de la prestation avec sa conjointe. «Je l'ai entendu parler, raconte Jocelyn. Je me suis dit: ça me dit de quoi cette voix-là! Ce serais-tu Raynald Comtois?» C'était bien lui, son grand ami du secondaire, à qui il devait son amour du piano.

Il n'en fallait pas plus pour que les deux hommes retrouvent leur complicité d'antan et s'asseyant à nouveau côte à côte pour jouer L'essentiel. Après Ginette Reno, ce fût un autre classique, puis un autre... «On a joué pendant un bon deux heures!» se rappelle avec bonheur Raynald, qui a par la suite invité son ami à poursuivre le party musical chez lui.

Pouvoir rassembleur

Depuis cet épisode, les deux hommes ont repris contact et continuent de fréquenter les pianos publics. «Ça rassemble le monde! Chaque fois que je viens, je fais de belles rencontres», dit Jocelyn Dubois. «S'il n'y avait pas de piano, le monde ne se parlerait pas. Avec un piano, tout le monde se parle!» La preuve: après l'entrevue accordée à l'hebdo LePlus, les deux hommes se sont retrouvés au piano. Quelques secondes de Stand By Me et les curieux s'attroupaient déjà devant l'église Notre-Dame, soutenant la cadence en tapant des mains, certains entonnant même les paroles.

La magie des pianos publics a d'ailleurs de nouveau opéré pour Jocelyn, qui y a récemment fait la rencontre de la chanteuse mexicaine Ivonne Fuentes. «Elle m'a invitée à l'accompagner au piano pour trois chansons», se réjouit-il. Un petit spectacle aura lieu ce samedi 11 juin , à 19h, à l'église St.George, rue Principale! Le pianiste fait également partie du Trio Clock Jazz de Saint-Hyacinthe.

Pour ce qui est du duo Dubois-Comtois (un futur nom de groupe, qui sait?), il compte faire la tournée des pianos publics cet été. «Moi, je le suis!» lance Raynald, enthousiaste, en jetant un regard complice à son compagnon.

Depuis début juin, sept pianos publics résonnent aux quatre coins de la ville: devant l'église St.George, à la Place Johnson, chez Boréart, devant l'église Notre-Dame, au parc Pelletier, près de la Casa du Spaghetti, au pavillon Roger-Bédard du parc Daniel-Johnson et au Zoo de Granby.

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