Richard Houle prend sa retraite après 46 ans de service : lié au Zoo par la soudure

Construire des clôtures et des contentions, entretenir et... (Photo Alain Dion)

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Construire des clôtures et des contentions, entretenir et tester les manèges, mais aussi réaliser l'impossible: heureusement pour Richard Houle, les jours se sont suivis sans jamais se ressembler.

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) C'est ce qu'on appelle une retraite bien méritée. Richard Houle quittera la jungle du travail vendredi prochain, après46 ans de loyaux services au Zoo de Granby.

Embauché à 17 ans pour un emploi étudiant en1970, M. Houle n'a jamais quitté le département de l'entretien et de la construction dont son père était le patron, à l'époque. «Je tenais les morceaux des soudeurs et, un jour, je me suis dit que je pourrais devenir celui qui soude. Ça m'a donné le goût d'apprendre un métier», raconte celui qui a complété un diplôme d'études professionnelles en soudure l'année suivante.

Du travail, en plus de 40 ans, Richard Houle n'en a jamais manqué. «Quand j'ai commencé, le Zoo était en construction. Maintenant que je pars, c'est encore en construction!» lance-t-il à la blague.

Confucius disait «celui qui choisit un travail qu'il aime n'aura pas à travailler un seul jour de sa vie». Ça, il l'a vite compris.

Construire des clôtures et des contentions, entretenir et tester des manèges, mais aussi réaliser l'impossible. Pour M. Houle, les jours se sont suivis sans jamais se ressembler. «Ici, au Zoo, c'est autre chose, considère celui qui n'avait jamais pensé passer toute sa carrière au même endroit. Mais qui n'a jamais eu envie d'aller voir ailleurs non plus? Quand j'ai fait mes études, on allait visiter différents milieux de travail. Avec le bruit et pas de fenêtres, la routine, j'ai vite compris que jamais je ne voudrais travailler dans une usine.»

Un de ses derniers projets aura été de donner un peu plus de vie à la rivière Cunucunoma en permettant aux visiteurs aux abords de l'attraction d'arroser les baigneurs grâce à des fusils à eau et des sceaux suspendus. Mais pour ce faire, les visiteurs devront faire un effort: M. Houle a en effet bidouillé des pompes qui ne pourront être activées qu'en pédalant ou en prenant place sur une balançoire à bascule.

«On fonctionne beaucoup avec l'expérience et ce qui se fait ailleurs. On a évolué avec la technologie et, souvent, on doit créer des pièces d'équipement qui n'existent pas, relate celui pour qui la mécanique n'a plus de secrets. Ça rend mon travail intéressant, car je n'ai jamais fait la même chose. Je m'amuse ici.»

Une partie de plaisir

Celui qu'on appelle «la mémoire du Zoo» se dit privilégié d'avoir pu travailler dans ce qu'il appelle un «environnement de vacances». «Ici, on croise toujours des gens heureux et souriants, note-t-il. Ça mettait de la bonne humeur dans mes journées.»

Et que dire d'avoir un accès unique à des centaines d'espèces animales locales et exotiques qu'on peut observer pendant ses quelques minutes de pause. «La Savane, c'est l'endroit le plus beau. Chaque espèce prend sa place. Et ça fait de belles photos!» affirme M. Houle qui, malheureusement, a développé des allergies au pelage des équidés, des cervidés et des ongulés au cours de ses premières années de service. «Soit je me prêtais à un traitement antiallergène difficile, soit je changeais d'emploi, disait mon médecin. Mais il n'en était pas question!» se souvient celui qui s'est aussi longtemps impliqué dans le syndicat des employés du Zoo, qu'il a cofondé, à l'époque.

Richard Houle se fait une fierté d'avoir vu le Zoo évoluer au fil des décennies. En parallèle à sa carrière, dix directeurs généraux se sont succédé. Le site a pris de l'expansion et l'arrivée de nouvelles attractions est venue bonifier l'expérience des visiteurs. «Je suis content qu'on ait développé le système d'éducation du public. Quand j'ai commencé, il n'y avait que quelques petites pancartes explicatives. Avec les présentations des gardiens, c'est beaucoup plus vivant et enrichissant», affirme-t-il.

«J'ai visité beaucoup d'autres zoos, ajoute-t-il, et il y a peu d'endroits où on peut dire qu'ils sont plus avancés que nous.»

À partir de la semaine prochaine, M. Houle sera à la retraite. Il en profitera pour voyager, notamment au Québec et dans les Maritimes. Il jouera au golf et prendra soin de ses enfants et de ses quatre petits-enfants.

Il reviendra aussi faire son tour au jardin zoologique, de temps en temps. Comme quoi on peut sortir l'homme du zoo, mais pas le zoo de l'homme.

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