Le poisson qui s'invente un poumon

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Voix de l'Est

L'Umbre de vase est un petit poisson dont la longueur varie de 5 à 10 cm. Elle est de couleur brun olive avec un ventre jaunâtre et des taches brunâtres qui forment des barres verticales sur ses flancs. Sa queue arrondie la distingue facilement de la plupart des autres poissons d'eau douce du Québec, qui ont généralement la queue fourchue. Une barre sombre verticale à la base de la queue, constitue également un caractère distinctif.

Cette petite espèce n'est pas facile à apercevoir, puisqu'avec sa livrée olivâtre et marbrée, elle se confond aisément avec la végétation aquatique. À la moindre alerte, elle s'enfouit, souvent à reculons, dans la vase et les débris organiques au fond de l'eau, telle une véritable «taupe aquatique». Elle ne laisse pas non plus d'indices de présence particuliers, puisque les oeufs, pondus par centaines, ne sont pas rassemblés dans un nid, mais distribués individuellement à travers la végétation aquatique à laquelle ils adhèrent.

L'Umbre de vase présente des capacités d'adaptation vraiment surprenantes. Elle peut supporter des variations extrêmes de température, et certains chercheurs supposent que son sang contient des antigels. Son petit corps vigoureux peut aussi effectuer des bonds hors de l'eau de deux à trois fois sa longueur pour attraper un insecte ou pour atteindre une mare voisine, lorsque la sienne est asséchée.

Le plus remarquable toutefois, c'est sa capacité de respirer l'air atmosphérique, grâce à une vascularisation développée de sa vessie natatoire. C'est par cet organe que la plupart des poissons arrivent à se maintenir au milieu de l'eau, sans caler ou flotter, en le remplissant ou le vidant d'air, tel le système de ballast utilisé par les sous-marins.

Or la vessie natatoire de l'Umbre de vase est fortement vascularisée, ce qui permet au sang de capter l'oxygène, un peu comme dans nos poumons. L'Umbre de vase peut ainsi supporter des périodes de sécheresse en s'enfouissant dans la vase humide et en respirant directement par la bouche, dans l'attente de la prochaine pluie.

Jusqu'au mercredi 11 mai, vous pourrez observer l'Umbre de vase lors d'une visite au CINLB.

Michel Aubé

professeur associé,

Université de Sherbrooke et vice-président du conseild'administration du CINLB

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer