Brillante salamandre

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Jusqu'au 3 mai, vous pourrez observer une salamandre maculée vivante lors d'une visite au CINLB.

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La Voix de l'Est

Nous parlerons aujourd'hui de la salamandre maculée, une bestiole commune, mais discrète, faisant partie des amphibiens au même titre que les grenouilles. Elle est rarement observée, car elle est nocturne et fouisseuse. Lorsqu'elle se hasarde en surface, c'est toujours à la noirceur, généralement par une soirée de pluie printanière. Longue d'une vingtaine de centimètres, elle a un corps robuste, gris foncé, parsemé de petits points jaune vif. Elle se nourrit de vers de terre et d'insectes et elle se reproduit dès le mois d'avril dans les étangs temporaires apparus à la fonte des neiges. Elle choisit ces lieux de ponte pour éviter les cours d'eau où les poissons présentent une menace pour ses oeufs.

Cette bestiole présente quelques caractéristiques fascinantes. Comme les autres salamandres, elle a le pouvoir de régénérer des membres sectionnés à la suite d'attaque d'un prédateur. Un mécanisme permet à la queue de se sectionner lorsqu'elle est saisie, un sphincter en referme automatiquement l'artère, et le membre abandonné continue de s'agiter sous l'effet de réflexes donnant au prédateur l'impression qu'il détient toujours l'animal. En quelques semaines, le membre sectionné est reconstitué, un phénomène qui a stimulé la recherche sur les cellules souches. Les membres régénérés peuvent aussi bien être les pattes que la queue et parfois même... un oeil!

La salamandre maculée présente une autre caractéristique unique. C'est en effet le seul vertébré connu qui peut utiliser la photosynthèse, à la manière des plantes, pour alimenter ses oeufs et ses embryons. Lorsque l'on trouve un amas d'oeufs de cette espèce, on est en effet frappé par leur couleur émeraude fluorescente. En fait, l'animal vit en symbiose avec une algue verte appelée oophila amblystomatis, qui colonise la ponte. Cette algue contient de la chlorophylle qui, sous l'action de la lumière solaire, libère de l'oxygène et produit des composantes organiques au profit des oeufs et des embryons, dont les rejets azotés nourrissent l'algue à son tour. Cette algue ne vient pas coloniser les oeufs de l'extérieur, mais existe déjà à l'intérieur, dans les cellules de la salamandre, qui la transfère en même temps que la ponte. Cet animal dispose ainsi de sa propre petite usine à énergie solaire!

Jusqu'au 3 mai, vous pourrez observer une salamandre maculée vivante lors d'une visite au CINLB.

Michel Aubé, vice-président du CINLB et professeur associé àl'Université de Sherbrooke

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