Éric Ménard Vivre sa passion...à 200 à l'heure

«J'ai la chance de pouvoir jumeler ma passion... (Photo Laurence Labat)

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«J'ai la chance de pouvoir jumeler ma passion pour la moto et ma carrière d'animateur. C'est vraiment le meilleur des deux mondes», a indiqué le Granbyen Éric Ménard.

Photo Laurence Labat

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Le terme passion est souvent galvaudé. C'est pourtant ce à quoi carbure Éric Ménard, pour qui il s'agit d'un mode de vie. En plus d'être à la barre du Show de moto diffusé au Réseau des sports (RDS) pour une neuvième saison, l'animateur, humoriste et homme d'affaires granbyen a une nouvelle corde à son arc: il est conférencier. Cherchez l'équilibre est le thème de son allocution.

Une bonne dose de professionnalisme jumelée à un brin d'opportunisme. C'est l'amalgame qui a permis à Éric Ménard de rouler sa bosse dans le monde concurrentiel des médias et de l'événementiel. En fait, le Granbyen est ce que l'on pourrait appeler un homme-orchestre. Pourquoi jouer d'un seul instrument, alors que plusieurs sont à notre disposition? C'est de cette prémisse que sont nés les projets de l'homme aux multiples talents, se succédant à vitesse grand V depuis dix ans. «Je suis un gars qui a le sens du timing, a-t-il concédé. Ça m'a souvent servi au cours de ma carrière. Et quand tu fais ce que tu aimes au quotidien, les gens autour de toi le sentent. J'ai la chance de pouvoir vivre ma passion à fond. C'est un peu cliché, mais ça n'a pas de prix.»

On s'en doute, cette passion s'articule principalement autour de la moto. Éric Ménard a enfourché sa première monture à 12 ans. Durant la vingtaine, il a toutefois mis son passe-temps en veilleuse. Une décennie s'est écoulée avant que l'appel de la route revienne en force. «À 30 ans, j'ai redécouvert la moto sur route. J'ai vraiment eu la piqûre... très fort. Dès les premières sorties, je suis redevenu comme le p'tit gars qui lisait des magazines spécialisés. J'aime tout de la moto, de l'adrénaline de la vitesse sur piste à la liberté d'une randonnée en enduro hors route.»

Créer sa chance

Être au bon endroit au bon moment. C'est exactement ce qui s'est passé en 2007, quand Éric Ménard a rencontré le producteur derrière le projet du Show de moto. «Je crois vraiment qu'on crée notre chance dans la vie. J'arrivais pour un sound check avant le [Gala Juste pour rire] de Jean-Marc Parent. En discutant avec lui, je me suis rendu compte qu'il était entouré d'amateurs de moto. On a commencé à en faire ensemble et [le producteur] m'a offert d'animer sa nouvelle émission peu de temps après.»

Une offre qu'il ne pouvait pas refuser, lui qui a notamment animé Technofolie (1999-2004), diffusé sur les ondes de Z télé. «Ça a été de belles années, mais j'étais mûr pour un nouveau défi», a-t-il indiqué. En parallèle, celui qui détient un baccalauréat en administration a, entre autres démarré une entreprise de gestion immobilière. «C'est le genre de chose plus terre-à-terre, mais ça me permet d'assurer une certaine stabilité de revenus. Et, surtout, de triper dans tout le reste autour», a-t-il imagé.

Globe-trotter

Au fil des neuf saisons à la barre de l'émission sur les ondes de RDS, et plus récemment comme rédacteur en chef des revues Moto journal et son pendant anglophone Cycle Canada, Éric Ménard a pu joindre l'utile à l'agréable en sillonnant le globe sur une foule de bécanes différentes. À ce chapitre, les derniers mois ont été ponctués de belles découvertes. «Il y a peu de temps, j'ai été invité par Bridgestone à essayer de nouveaux pneus sport sur la piste du circuit F-1 Yas Marina d'Abu Dhabi. La semaine avant, j'arrivais d'Espagne pour le lancement d'une moto de route KTM. Et, à la fin mai, je pars pour dix jours de tournage en Italie. C'est essoufflant, mais j'adore ça! , a-t-il lancé. En plus de voir du pays, ça me permet de faire de très belles rencontres.»

C'est par ailleurs cette «confrérie» qui se tisse entre les amateurs de moto qui fait qu'Éric Ménard adhère autant à ce mode de vie quasi nomade. «Outre l'aspect professionnel de mon travail, j'aime particulièrement rouler en moto avec des chums pendant quelques jours. Toute la camaraderie que tu retrouves là-dedans, c'est bien le fun.»

Funambule

On l'aura compris, Éric Ménard n'est pas du genre à maintenir le statu quo. Il préfère être sur la corde raide, sur le qui-vive. En parallèle à ses nombreux projets professionnels, il a ficelé une conférence portant sur le fait de se «mettre à risque» pour réussir. «Avec ma conférence, Cherchez l'équilibre, je parle de mon parcours particulier. Je fais partie de la première génération multitâches, a dit l'homme de 46 ans, et j'ai compris l'importance de vivre sa passion. Peu importe ce que c'est, si tu tripes, ça va t'amener du positif. Pour ça, c'est important de trouver le juste milieu entre ce qui te fait vibrer et la sécurité financière.»

Plaidoyer pour le retour des motos à Granby

Bien qu'il parcoure les quatre coins du globe lors de ses nombreux tournages, Éric Ménard reste toujours connecté à ses racines granbyennes. Toutefois, l'aguerri motocycliste revient rarement au bercail sur une de ses montures, notamment en raison de «l'approche répressive» de la municipalité qui l'a vu grandir envers les membres de sa «confrérie».

«Mes parents habitent toujours à Granby et j'ai encore des chums dans le coin. Je vais souvent faire des randonnées en Estrie. D'un autre côté, je me désole de voir que la ville d'où je viens réserve un si piètre accueil aux motocyclistes», a-t-il commenté en entrevue.

Selon l'animateur du Show de moto, en agissant de la sorte, Granby se prive d'un «important apport économique». «Les gens qui font de la moto se promènent et ils dépensent. Ils mettent de l'essence, ils arrêtent manger. Parfois, ils couchent à l'hôtel. Dans le contexte actuel, je peux dire que Granby est complètement à côté de la track. Le «mototourisme», des régions entières misent là-dessus, au Québec et en Ontario», a-t-il fait valoir.

D'ailleurs, Éric Ménard est d'avis que le concept voulant que les motocyclistes souhaitent avoir le bolide qui émet le plus de décibels possible fait partie d'une époque révolue. «Les motos qui font du bruit, c'est archaïque. Je suis le premier à réprimander les gens qui installent sur leur moto des silencieux qui ne le sont pas. Ça représente une infime partie des motocyclistes. Alors, que la police s'occupe des contrevenants et laisse la paix aux autres. Tout le monde s'en portera bien mieux.»

-Jean-François Guillet

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