Pomme, l'âne au coeur d'or

Âgée de cinq ans, Pomme a déjà mis... (photos Janick Marois)

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Âgée de cinq ans, Pomme a déjà mis bas un petit et se montre très affectueuse avec ses propriétaires, Cécile Lacroze et Marie-Noëlle Brien.

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(SAINTE-ANNE-DE-LA-ROCHELLE) À première vue, Pomme est une ânesse comme les autres. Âgée de cinq ans, elle a déjà mis bas un petit et se montre très affectueuse avec ses propriétaires, Marie-Noëlle Brien et Cécile Lacroze. Mais sous son épaisse fourrure se trouve un secret bien caché qui fait de la bête un animal unique au monde.

Près d'un an après son arrivée à l'asinerie Les ânes en culotte de Sainte-Anne-de-la-Rochelle, au début de décembre, l'ânesse, qui pèse environ 220 kg (485 lbs), s'est soudainement mise à faire des syncopes inexplicables. «Elle chutait brutalement dans le box, sans raison. Et puis, c'est devenu de plus en plus fréquent. C'est arrivé d'un coup, on n'avait jamais vu ça, raconte Mme Lacroze. Elle avait passé l'été dans le pré sans que rien n'arrive.»

Le couple a donc fait appel à un vétérinaire, qui s'est rendu à l'asinerie pour ausculter Pomme. Le spécialiste lui a diagnostiqué une grande arythmie cardiaque, laissant peu d'options à ses propriétaires, qui ont choisi de s'adresser au Centre hospitalier universitaire vétérinaire de Saint-Hyacinthe deux semaines plus tard.

Des examens médicaux plus approfondis ont révélé un trouble de la conduction électrique du coeur de Pomme. «Essentiellement, le signal électrique émis par les oreillettes de son coeur n'arrivait pas à se transmettre correctement aux ventricules. Les battements de son coeur n'étaient pas réguliers, alors la circulation du sang était mauvaise», explique Mme Lacroze.

Deux traitements s'imposaient alors: la prise de médicaments ou l'implantation d'un stimulateur cardiaque (pacemaker). «Il a fallu y réfléchir, précise Mme Lacroze, parce que ça nous semblait gros. Pour eux [à l'hôpital], il s'agissait d'évaluer si l'âne allait entrer dans l'équipement, parce que c'était la première fois que la procédure allait être faite sur un animal aussi gros. Un chien, un chat, ça va, mais Pomme, c'était autre chose.»

Première mondiale

Entretemps, il a fallu obtenir le stimulateur cardiaque de l'hôpital Sainte-Justine. L'appareil qu'on a installé sur l'ânesse en est un qui aurait aussi pu servir à un humain.

L'opération tant attendue a finalement eu lieu au début du mois de février et s'est étirée sur une journée entière. Il était temps, puisque la bête n'était plus que l'ombre d'elle-même, indiqueMme Brien. «Ça n'allait pas très fort. Les crises ont eu le temps d'augmenter. C'était maintenant ou jamais», allègue-t-elle.

«Elle faisait une syncope toutes les deux minutes ce jour-là. Il a fallu lui installer un pacemaker externe pour qu'elle survive à l'anesthésie et à la chirurgie», renchérit sa conjointe.

La procédure, appelée fluoroscopie, revêt un caractère particulier puisqu'elle pourrait fort bien être une première mondiale, n'ayant jamais été réalisée sur un âne ou un équidé auparavant.

Cela a aussi fait en sorte de faire épargner beaucoup d'argent aux propriétaires de Pomme. «Comme c'était une procédure particulière et dans un contexte d'enseignement, on nous a offert de payer l'équivalent des frais matériels seulement, soit environ 1000$. Ça aurait pu nous coûter plusieurs fois ce montant», souligneMme Lacroze.

Retour à la maison

Environ une semaine plus tard, l'ânesse était de retour à Sainte-Anne-de-la-Rochelle, au plus grand bonheur de ses propriétaires. Il ne suffira désormais que de remplacer la pile du stimulateur une fois tous les quatre ou cinq ans.

«Ils n'ont pas du tout ouvert son thorax. Ça s'est fait par la veine jugulaire, expliquent les éleveuses. C'est une méthode peu évasive qui a permis une guérison rapide.»

Tellement que dans quelques semaines, Pomme pourra retourner gambader dans le pré avec les siens, après trois mois de convalescence. «C'était instantané. Dès qu'ils lui ont posé, elle allait mieux. On a retrouvé l'ânesse qu'on connaissait, se réjouitMme Lacroze. Le plus dur, c'est de la garder en dedans, car elle a très hâte de sortir!»

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