Les Cuisines collectives de la Montérégie: une expérience qui a bon goût

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Ce matin-là, les médias étaient conviés à vivre l'expérience de cuisiner en groupe.

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) Pour souligner la Journée nationale des cuisines collectives, les Cuisines collectives de la Montérégie ont pensé faire vivre l'expérience à une petite poignée de journalistes liés aux médias locaux. Le jeudi 24 mars dernier, en compagnie d'habitués de la place, Le Plus a participé à la production d'une succulente soupe-repas aux légumineuses et au curcuma faite à 20 mains.

Ce matin-là, Alphonse, Narcisse, Maurice et Marie-Pierre savaient parfaitement où ils s'en allaient. Dans la grande cuisine des Cuisines collectives de la Montérégie (CCM), tous donnaient l'impression d'être comme des poissons dans l'eau. Normal. À raison d'une fois par mois depuis un ou deux ans, ils viennent s'y concocter de petits plats à petits prix.

Chacun a sa raison de se rendre au Centre communautaire St-Benoit pour y cuisiner en groupe. Un veut apprendre des trucs pour se mijoter de bons soupers, l'autre souhaite briser l'isolement. Une femme espère socialiser, alors qu'une mère de famille s'y rend pour désengorger son horaire surchargé. S'ils ont des motifs différents de se préparer des repas à la sauce communautaire, une fois le pied dans la cuisine, la recette est la même pour tout le monde.

Alors que le menu est déterminé d'avance et les ingrédients nécessaires à la confection des plats déjà achetés, tous enfilent un filet pour les cheveux et un tablier. Après le lavage des mains - non négociable - tous se partagent les tâches qui mèneront aux produits finaux.

À la soupe!

Le matin où les médias ont été invités à mettre la main à la pâte, les représentants de M105, de l'Express et de l'hebdo Le Plus ont été jumelés à un participant. Sous l'oeil bienveillant des animatrices Anouk Haman-Champigny et Emmanuelle Dubé, les équipes se sont séparé la procédure à suivre pour concocter une soupe aux légumineuses et curcuma. Le Plus était jumelé à Alphonse Cayouette, un jeune homme de 81 ans! Ensemble, nous avons ouvert des boîtes de conserve, pressé de l'ail et jasé tout en brassant la soupe. Veuf depuis quelques années, Alphonse, qui refuse de se faire vouvoyer, vient aux cuisines collectives pour apprendre des trucs et voir du monde. Des astuces, il en donne aussi. Comme celui de casser des oeufs d'une seule main. «J'ai déjà cassé 30 douzaines d'oeufs d'une seule main en huit minutes et demi!», a lancé celui qui habite toujours la maison qu'il a lui-même construite, à Granby.

«Les gens partagent leurs expériences!», en a profité pour glisser Julie Bourdon, directrice des Cuisines collectives de la Montérégie, alors qu'une atmosphère conviviale flottait dans la pièce, mêlée à l'odeur de cari et de curcuma moulu.

Des arômes qui rappelaient sans doute de bons souvenirs à Narcisse Desaron Furaha, arrivée il y a trois ans du Congo. Infirmière de formation, Mme Furaha a travaillé en Algérie, en France, en Italie et en Belgique. S'adapter à la nourriture québécoise n'a donc pas été difficile pour elle. Il est même rare qu'elle cuisine de mets africains à la maison. «Ici, tout est bon!», insiste-t-elle. Âgée de 65 ans, celle qui a connu l'enfer au Congo a décidé de rejoindre les cuisines collectives pour «s'intégrer à la communauté canadienne» et briser l'isolement.

De son côté, Marie-Pierre, mère monoparentale de quatre enfants de cinq à neuf ans, vient cuisiner pour alléger sa tâche au quotidien. Elle qui avait de gros préjugés face à l'organisme a vite changé son fusil d'épaule. «Je pensais que c'était pour les pauvres et ceux qui vivaient une déficience quelconque, dit-elle. Ce n'est pas ça du tout! Pour moi, c'est venu répondre à un réel besoin.»

Comme les cuisines offrent un service de halte-garderie gratuit, Marie-Pierre peut popoter et papoter en toute quiétude, pendant que ses petits s'amusent en sécurité.

Pour les parents qui n'ont pas de voiture, les CCM offrent même un service de transport pour leur permettre de venir cuisiner.

Et au-delà des ateliers culinaires - pro-santé (pour cuisiner végétarien, le poulet et le poisson), diabétique, échange culturel, retraité, travailleur, régulier et parents -, les CCM possèdent leur propre émission de télé sur MaTV, offrent des camps de jour et des jardins collectifs. Pour en savoir plus: cuisinescollectivesmonteregie.ca

Au Québec, le mouvement des cuisines collectives compte 1382 groupes, ce qui permet à près de 10 000 personnes de se préparer chaque année plus de 1,3 million de portions. En Montérégie, 900 citoyens profitent de la cuisine du Centre communautaire. En 2015-2016, 47 500 portions y ont été cuisinées, toutes à environ1$ chacune.

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