Soirée d'écriture à la plume

«Tu n'as pas le choix d'être lent quand... (Photo Julie Catudal)

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«Tu n'as pas le choix d'être lent quand tu écris à la plume. J'ai calculé qu'il faut tremper la plume dans l'encrier à chaque ligne», expose Nathalie Benoît, organisatrice de Waterloo à la chandelle.

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Tremper la pointe d'une plume colorée dans l'encre noire. Prendre le temps de bien tracer les lettres. Réfléchir aux bons mots. Cette aventure, une dizaine de femmes l'ont expérimentée récemment à Waterloo. La lenteur de l'activité tranchait avec la vie quotidienne où tout va vite.

Nathalie Benoît a fui la frénésie de la région montréalaise pour s'installer à Waterloo. Cela lui a sauvé la vie, dit-elle. Le 18 mars dernier, dans son patelin d'adoption, elle organisait l'événement Waterloo à la chandelle. Ce soir-là, à la bibliothèque municipale, les citoyens étaient invités à écrire une lettre sous le thème «J'aurais voulu te dire» à la lueur de la chandelle, une plume à la main.

«Je ne veux pas que le thème soit imprégné de regret. Il faut juste se donner une chance, du temps pour dire à une personne significative ce qu'on voudrait lui dire», a expliqué Mme Benoît, pour qui l'écriture est aussi un partage.

Parmi les participantes, la majorité n'avait jamais manié la plume et l'encrier. Dans une ambiance détendue, entourées de livres et de musique classique, elles ont pu apprivoiser la lenteur et coucher sur papier des mots bien choisis.

«Déjà, tu n'as pas le choix d'être lent quand tu écris à la plume. J'ai calculé qu'il faut tremper la plume dans l'encrier à chaque ligne, expose l'organisatrice. Si on se remet dans la perspective d'une personne qui écrivait ainsi dans le temps, l'avantage de prendre son temps est de choisir les bons mots pour s'exprimer. C'est de réfléchir.»

L'écriture manuscrite se perd, déplore Mme Benoît. Écrire à la main est, pour elle, une façon de prendre une pause, de décrocher de son téléphone intelligent et de s'extérioriser. Elle aimerait d'ailleurs que l'événement se répète et qu'il attire plus de jeunes, qui ont beaucoup de choses à dire.

Marilyn, enseignante à la retraite, participait pour la première fois à ce genre d'activité. «La dernière fois que j'ai écrit avec une plume et un encrier, c'était à l'école. Je me rappelle que c'était une activité agréable, mais aussi stressante, parce qu'il ne fallait pas se tromper et tout tacher.»

Marilyn a l'habitude des correspondances, puisqu'elle écrit à son frère, pourtant pas si loin, en moyenne une fois par trois semaines. C'est d'ailleurs à lui qu'elle a écrit sur ces feuilles parcheminées avec des lettres un peu plus grosses que d'habitude pour qu'elles soient bien lisibles.

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