Journée Coeur à coeur pour les gens atteints de cancer: une invitation à vous faire dorloter

Atteinte du cancer du col de l'utérus, Sophia... (Photo Julie Catudal)

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Atteinte du cancer du col de l'utérus, Sophia Lessard veut changer la symbolique du 28 février, date où son diagnostic est tombé. Ce jour-là, elle invite les gens aux prises avec la maladie, à venir se faire dorloter gratuitement.

Photo Julie Catudal

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) Comme elle ne peut changer la date où elle a appris qu'elle avait le cancer, Sophia Lessard a décidé d'en modifier la symbolique. Désormais, ce jour fera référence à un moment extraordinaire. Le 28 février, celle qui se fait appeler Sophia Soleil invite les gens de tous âges atteints de cancer à profiter d'une journée de soins gratuits. Avec l'événement Coeur à coeur, elle vise un but noble: offrir aux gens qui traversent cette aventure une mégadose de vitamines C et D.

«Je veux donner aux gens l'occasion d'aller encore plus à la rencontre d'eux-mêmes et, comme le cancer fait souvent fondre le budget, qu'ils puissent expérimenter des trucs qu'ils ne vivraient peut-être pas», insiste la sexologue de formation.

Aidée dans sa démarche par Marie-Josée Larouche, France Forget et une belle brochette de bénévoles, Sophia espère accueillir une soixantaine de personnes pour qu'elles profitent de soins en massothérapie, en esthétique, en coiffure, en sonothérapie, en yoga, etc. «Du bon monde, il y en a en titi! , lance la mère d'une jeune adulte de 19 ans. Ça va être une journée de coeur, car tous ces gens ont accepté de faire un don de soi à 100%. Tous ces professionnels avaient le goût d'offrir.» Sur place, environ 40 intervenants et spécialistes d'autant de domaines accueilleront les personnes prêtes à se faire dorloter. Le tout dans une ambiance chaleureuse et détendue.

«Il y a de la place!», insiste Sophia, qui souhaite que les gens atteints de cancer participent en grand nombre.

«J'ai le goût de leur offrir la chance de revoir leur position face à la maladie, dit-elle. Qu'ils sortent de la 'victimite aiguë'. Je veux savoir comment ils vivent leur cancer. Comment ils l'expriment. La vie me pousse là.»

Les participants qui le voudront pourront profiter, par exemple, des services d'un photographe. «Tout le monde pourra repartir avec sa photo et peut-être se dire: 'sais-tu, finalement, ce n'est pas si pire! '»

Souvent appelée à intervenir dans les médias comme spécialiste, Sophia sait à quel point le choc est grand quand la maladie vient soudainement transformer l'image. «Je sais comment c'est important d'arriver à se trouver beau et belle avec ce nouveau visage, sans cheveux, et souvent avec plusieurs livres en trop, explique-t-elle. Voilà pourquoi je trouve important qu'ils et qu'elles puissent être pris en photo, s'ils le veulent. Lors de cette journée, personne n'est obligé à rien.»

Grande voyageuse et se considérant comme «une fille qui habite la planète», Sophia Soleil n'exclut pas la possibilité de voir ses journées Coeur à coeur faire des petits ailleurs au Québec, voire dans le monde. «Je souhaite rejoindre les gens, tranche-t-elle. Mon métier m'amène là-bas, alors oui, ça serait génial!»

Un événement est déjà en train de prendre forme dans les Laurentides. Comme de nombreux voyages figurent à l'horaire de la communicatrice pour les prochains mois, les chances qu'elle l'organise aussi en Belgique sont très grandes. «Ce n'est pas un congrès. Ce n'est pas quelque chose de froid, rappelle-t-elle. Les gens n'auront pas à prendre la parole non plus! Ils n'auront qu'à se laisser glisser dans la journée. Ma place à moi n'est pas dans l'intellectuel. Elle est ancrée dans le coeur!»

La journée Coeur à coeur aura lieu le dimanche 28 février, de 8h30 à 17h30 au 348, rue Principale à Saint-Alphonse (La Pyramide). Tout est gratuit. Il suffit de s'inscrire sur la page Facebook de Sophia Lessard sexologue, par courriel à info@sophiasoleil.com ou au 514-495-0840, poste 2.

Un parcours de guérison atypique

Quand le diagnostic de cancer du col de l'utérus est tombé en 2012, Sophia Lessard n'a pas choisi le chemin qui mène vers un centre hospitalier. «Chaque fois que tu entres à l'hôpital, tu ressors toujours avec une nouvelle claque sur la gueule, illustre-t-elle. Je me suis donc dit : mon temple, je vais en prendre soin.»

Divers voyages ont suivi au Mexique, en Californie, au Brésil et en Amazonie dans le but d'y subir des traitements, autant en médecine traditionnelle qu'alternative. «Je suis une grande aventurière, dit-elle. J'allais tout simplement à la rencontre de ce qui était là. À ma rencontre.»

«J'étais à l'écoute de ce qui me disait un gros OUI en dedans de moi, poursuit-elle, rayonnante. Le tout, toujours suivie par mon oncologue qui observait mon évolution. J'ai imposé ma façon de travailler avec amour et respect.»

Pas question pour elle de se faire dicter la marche à suivre. À son retour de l'Amazonie, l'annonce du décès de sa soeur aînée a toutefois changé sa façon d'aborder son plan de guérison. «Nous sommes trois filles, raconte-t-elle. Je me suis dit que ma petite soeur ne pouvait pas perdre ses deux soeurs. Je suis donc entrée dans le parcours chimio/radio. J'ai entrepris mes traitements avec la même puissance et la même détermination que j'avais, et en ayant la certitude d'avoir tout fait ce que je pouvais faire (autrement) avant.»

C'est au cours de son processus oncologique que Sophia Soleil a pris toute sa place. Celle qui prend la parole. Celle qui veut inspirer les autres personnes malades. La porteuse de flambeau. D'ailleurs, de toute cette volonté de battante sont nées les capsules Sophia Soleil sur le web. Un lieu où elle peut établir un contact particulier avec ceux et celles qui vivent la même aventure qu'elle. Sophia offre aussi des conférences.

En mai dernier, le cancer est réapparu et son développement se faisait à vitesse grand V. Une troisième série de traitements lui a été proposée... pour repousser l'inévitable de quelques mois. Elle a décidé de la suivre. «On ne sait pas ce qu'il y a en avant de moi, mais je ne pense pas mourir demain, soutient-elle avec un large sourire. Je vais être conservatrice, mais moi je me vois encore ici à96, 97 ans. Et pendant que je vis, je vis. Je ne sais pas si c'est de la naïveté, mais au moins, ça m'aura permis de croquer dans la vie à pleines dents!»

La preuve? En mai, Sophia s'envolera pour la Thaïlande. Après suivront la France et la Suisse. Un projet d'émission de télé est dans l'air et elle entend écrire un livre. Entretemps, les capsules se poursuivent et elle demeure toujours disponible pour les médias qui auront besoin de faire appel à son expertise en tant que sexologue. Auteure, elle a écrit plusieurs livres, entre autres sur la sexualité des enfants.

«La maladie est une aventure, une opportunité remplie de remises en question et où tu donnes un sens à ta vie», souligne-t-elle avec sagesse et lucidité.

«Les gens ont besoin de modèles, reconnaît-elle. Moi, j'essaie d'être le plus possible la lumière qui m'incarne. Si je suis inspirante, c'est juste un dommage collatéral de ce que je suis!» - Isabelle Gaboriault

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