Soirées histoire et alcool à la cidrerie Michel Jodoin : plonger au coeur du sujet

Éric Vincent est assistant maître de chai à... (Photo Julie Catudal)

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Éric Vincent est assistant maître de chai à la cidrerie Michel Jodoin de Rougemont. Le lieu, il le connaît par coeur. C'est lui qui s'occupera de faire le tour du propriétaire lors des soirées «histoire et alcool» lancées récemment.

Photo Julie Catudal

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) Sous l'effet de l'alcool, il s'en raconte des histoires. Mais l'alcool, a elle seule, peut en cacher de très belles.

Dans cette optique, la cidrerie Michel Jodoin vient de lancer une toute nouvelle activité: des soirées dégustation qui mêlent joyeusement histoire et alcool. Réunis en petits groupes, les gens sont invités à découvrir divers produits faits à base de pommes dans la cidrerie située à flanc de montagne, en prenant d'abord connaissance de l'origine entourant leur fabrication. Le tout en circulant dans ce lieu qui dégage une douce odeur sucrée et qui n'a jamais cessé de s'agrandir au fil des ans.

«On parle de visites guidées et commentées, explique Éric Vincent, assistant de la maître de chai de l'endroit, Laurence Lamboley. On explique vraiment 'comment c'est fait', ce qui apporte un côté plus intime à la visite.»

Sous la formule 5@8, les gens apprendront, entre autres, que les pommes Lobo, Empire et Polared produisent de meilleurs cidres. Que les vieux vergers fournissent des pommes plus acides et que la «part des anges» fait référence au volume d'un alcool évaporé pendant son vieillissement en fût. Ils verront les installations, apprendront les rouages de l'alambic, pièce maîtresse de la cidrerie, et découvriront pourquoi et comment les spiritueux se sont ajoutés à la gamme de produits signés Michel Jodoin avec le temps. La dégustation peut se faire au comptoir ou dans le chai qui, à lui seul, avec ses tonneaux de chênes blancs, transportent le visiteur dans une autre époque. Les bouteilles empilées dans les arches de briques rouges sont d'ailleurs des vestiges d'un pan de l'histoire de la cidrerie fondée en 1901 par Jean-Baptiste Jodoin.

Un poisson dans l'eau

Éric Vincent a été guide touristique pendant plusieurs automnes en ce lieu qui a vu grandir quatre générations de Jodoin. Il a aussi occupé de nombreux postes au sein de la cidrerie qu'il connaît comme le fond de sa poche. Il est donc la personne toute désignée pour ces tournées du propriétaire dites «historiques». «Ça fait 13 ans que je suis ici, et j'ai de la jasette, alors...»

Formé en histoire et en brassage de bières, M. Vincent vous entretient sur l'histoire du lieu comme s'il y avait grandi. Il explique de belle façon l'évolution des techniques de production du cidre et de la fabrication de spiritueux... pour avoir lui-même tourné des bouteilles à la main pour y déloger les résidus de pommes qui se déposent au fond. Aujourd'hui, la machine a remplacé l'homme pour cette tâche très physique et pour bien d'autres.

«Je veux aussi aborder l'aspect du terroir agricole», dit-il, en faisant remarquer que les vergers poussent normalement au pied des montagnes, «dans le sable», alors que l'agriculture, elle, se fait dans la plaine, là où la terre est souvent plus riche. «Ce qui est une relation cohérente!», fait-il remarquer, visiblement passionné.

«Je veux que les gens repartent avec l'impression d'en connaître un peu plus sur le terroir québécois», espère-t-il.

À ceux qui possèdent une vision récréative du cidre et des pommes, il souhaite faire connaître la réalité du cidriculteur. «Toute une génération a connu de mauvais cidres, regrette l'assistant maître de chai. Nos produits gagnent donc à être découverts. Par ces soirées 'histoire et alcool', on a envie de rester romantiques, tout en donnant de la profondeur à la visite.»

En plus des nombreuses visites et randonnées qui figurent au programme de la cidrerie Michel Jodoin, le lieu est ouvert tous les jours de 9h à 17h. Pour les curieux, tout est en place pour leur en apprendre toujours plus sur le chemin parcouru par la pomme jusqu'à devenir cidre ou spiritueux.

«Attention au syndrome Félix Leclerc, met en garde M. Vincent, sourire en coin. N'attendez pas qu'un ami Français vous dise que les cidres du Québec sont bons pour les découvrir!»

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