Grand Canyon: le fleuve Colorado en cadeau

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Une famille qui n'a pas peur de se mouiller: Élisabeth, Julie, Pascal et Audrey.

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) Homme de rivière, Pascal Girard, qui signe les capsules Un prof dans le bois dans le magazine Géo plein air, rêvait depuis 22 ans de parcourir la rivière Colorado et d'y engloutir les rapides à bord d'un raft.

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Au total, 16 personnes faisaient partie de l'aventure au coeur du Grand Canyon, dont la famille Girard-Deslauriers. 

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Sur le fleuve Colorado, 70 rapides attendaient les rafteurs, dont celui-ci.

Photo fournie par Pascal Girard

Quand lui et sa famille ont remporté la «loterie» organisée par les autorités du parc national du Grand Canyon au printemps 2015, ce rêve était à portée de main. Du 23 novembre au 17 décembre dernier, lui, sa femme Julie, leurs filles Élisabeth et Audrey et un groupe de 12 personnes formé d'amis ont parcouru 360 km sur ce fleuve mythique qui traverse des paysages à couper le souffle nés de l'érosion. Tous replongeraient dans l'aventure demain matin.

«Les rapides, je les connaissais et je les voyais. Je les avais étudiés, raconte Pascal, près d'un mois après leur retour de l'Arizona. Ce lieu était magnétique. C'est une terre d'aventure. Le Far West! Tout ce qui animait mes rêves.»

La confiance et la connaissance approfondie du lieu dans ses moindres détails par Pascal a finalement convaincu Julie Deslauriers de le suivre jusque dans les entrailles du Grand Canyon. Avec leurs filles de 12 et de 14 ans. «C'était gros, mais j'ai découvert un Pascal "organisé", lance l'enseignante en première année. Avec lui, je me sentais en sécurité, même si au début, c'était comme si je me lançais dans le vide! Je me trouvais hors de ma zone de confort.»

Même si après la première nuit (très froide), tous les membres de l'aventure se sont demandé - en silence - dans quoi ils s'étaient embarqués, chacun a conclu avoir fait le plus beau voyage de sa vie. «On le savait que ça allait être dur, mais finalement, tu prends un certain rythme de vie. Tu travailles fort physiquement, mais le rythme est lent. Et des 70 rapides, je n'ai manqué qu'une seule ligne!»

Les filles, elles, n'ont finalement marché que trois rapides sur 70, alors que Julie pensait devoir en contourner davantage, par sécurité.

Organisation

Au total, cinq rafts se sont suivis au fil des 25 jours passés sur le fleuve Colorado. Dès le départ, tous se sont vu confier des responsabilités. Pascal occupait le rôle de chef d'expédition. Chaque raft comptait un capitaine. Une personne veillait à la sécurité de chacun des aventuriers. Une autre voyait à la nourriture et une à l'itinéraire à suivre. Un horaire rotatif sur quatre jours a aussi été établi en ce qui concerne la préparation des repas, la vaisselle, etc.

«On a eu un très bon groupe», souligne Pascal, qui a eu l'heureuse surprise de voir son 42e anniversaire souligné pendant le voyage.

«On mangeait vraiment bien et ce voyage a été une véritable cure de sommeil! , lance Julie. Pour moi, être toujours dehors a été une révélation.» La preuve, l'enseignante qui habite dans le coin du Zoo de Granby se rend chaque jour à son travail à pied... à l'école primaire St-Bernard rue Denison Est!

«Je n'ai pas eu assez d'une seule page pour noter tous les changements que ça m'a apportés, poursuit-elle, rayonnante. Ça a changé plein de choses.»

Même les filles prennent plaisir à prendre l'air. Ensemble, elles marchent jusqu'à l'école secondaire qu'elles fréquentent. Sportives dans l'âme, les deux ados sont inscrites au programme sports.

«Au total, 5 millions de personnes visitent le Grand Canyon par les endroits plus touristiques chaque année, raconte Pascal. Seulement 29 000 descendent la rivière. On a donc pu voir l'endroit de manière plus intime. Je voulais vivre ça en famille.»

Une expérience hors de l'ordinaire qui a, dit-il, responsabilisé ses filles. «Et ça m'a donné le goût de faire d'autres expéditions!», lance Élisabeth, la plus jeune. Comme faire une randonnée sur la Grande Muraille de Chine.

«Moi, j'aimerais pouvoir aller skier dans les Alpes», annonce pour sa part Audrey.

«Quand on était là-bas, parfois j'avais l'impression que ce n'était pas réel!», ajoute-t-elle.

C'est que tout y est énorme, fait remarquer le père de famille, qui enseigne au Centre régional intégré de formation à Granby (CRIF). «Tout est disproportionné, explique-t-il. Il devient même difficile d'évaluer la distance qui te sépare d'un objet et la grosseur de l'objet lui-même.»

Pour remettre les choses en perspective et voir le lieu sous tous ses angles, le groupe s'est rendu au sommet du Grand Canyon qui, par endroit, peut s'allonger sur une hauteur égale à trois fois l'Empire State Building de New York. «On est allés le voir d'en haut!», rapporte Élisabeth.

«On se disait, en regardant au fond, 'On était là! Dans ce trou-là! ' On était dans la 'craque' du monde!», illustre Julie, encore sur un nuage.

«Ça a été une belle folie, dit-elle. Tous ces souvenirs vont unir notre famille à jamais.»

Changement de cap

Avant de s'aventurer sur le fleuve Colorado, Pascal Girard, habitué de filmer des capsules rocambolesques sur ses expériences en plein air, projetait de tourner un documentaire sur son voyage. Son but était de raconter leur histoire à travers les yeux de ses filles, Audrey et Élisabeth. Aussi, le prof souhaitait  sensibiliser les gens à la protection de ce lieu mythique qui s'étire au coeur du Grand Canyon. Un  projet était prêt à prendre place sur la plateforme de financement participatif Kickstarter. Finalement, le père de famille a décidé de concentrer ses énergies sur l'expédition dont il était le chef. Les grandes lignes du périple, accompagnées de photos, feront toutefois l'objet de capsules dans le magazine Géo plein air, dont l'éditrice faisait partie du groupe d'aventuriers. «J'ai adoré faire du raft, raconte Pascal. C'est impressionnant. Au Québec, on est très canot. Mais toutes nos rivières, on pourrait les faire en raft! Ce voyage m'a ouvert les yeux au raft.»

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