Semaine nationale de prévention du suicide: Les sentinelles en première ligne

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On voit ici Stéphane Miclette, membre du programme des sentinelles, Sylvain Blanchard, président de Réanimation Sauve-Vie et Yves Bélanger, directeur général du CPSHY.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) C'est à nouveau sous le thème «T'es important pour nous, le suicide n'est pas une option» que se décline la Semaine nationale de prévention du suicide. L'initiative se déroulera du 31 janvier au 6 février. Pour la 26e mouture, le Centre de prévention du suicide de la Haute-Yamaska veut outiller le plus de personnes possible dans les milieux de travail pour qu'ils décèlent les signes de détresse avant que certains commettent l'irréparable. Ceci par le biais du programme des sentinelles.

Dans la région, entre 20 à 25 personnes mettent fin à leurs jours chaque année. De ce nombre, 80% sont des hommes âgés entre 25 et 60 ans. La plupart d'entre eux sont donc à l'emploi. Ainsi, l'équipe du Centre de prévention du suicide de la Haute-Yamaska (CPSHY) mise sur cette masse de gens qui les côtoient au quotidien pour intervenir au moment opportun. «Actuellement, en Haute-Yamaska puis dans Brome-Missisquoi, on compte 300 sentinelles, réparties dans 12 entreprises. On veut augmenter leur nombre parce qu'elles sont nos yeux et nos oreilles sur le terrain», a indiqué le directeur général du CPSHY, Yves Bélanger.

Le programme des sentinelles s'adresse tant aux hommes qu'aux femmes. Celui-ci est encadré par le ministère de la Santé. Ces personnes ressources sont formées et accréditées par le CPSHY pour «reconnaître les indices avant-coureurs de comportements suicidaires et réagir adéquatement face à la situation». Stéphane Miclette est du nombre. «Il y a cinq ans chez GE Aviation, trois suicides sont survenus en peu de temps. Le dernier a apporté inquiétude et frustration dans l'incapacité d'aider ces gens en difficulté. Personnellement, j'avais remarqué la détresse de ces individus, mais je ne savais pas comment intervenir», a-t-il mentionné. À la suite de cette série d'événements dramatiques, l'entreprise a emboîté le pas au programme des sentinelles, formant ainsi plusieurs de ses effectifs.

Faire la différence

Depuis qu'il est devenu sentinelle, Stéphane Miclette a épaulé quelques personnes en détresse. Une de ces interventions est tombée à point. «Un individus m'a avoué que si je ne lui avais pas parlé en après-midi, le soir, tout était prêt [pour se suicider], s'est-il remémoré. Quand vient le temps d'intervenir, c'est la preuve que chaque discussion peut faire la différence.» Dans tous les cas, l'équipe du CPSHY a pris la relève pour écouter et diriger ces gens en situation précaire vers les ressources adéquates.

D'ailleurs, aucun signe avant-coureur pouvant mener au suicide ne doit être pris à la légère, a souligné M. Miclette. À ce propos, celui qui est sentinelle depuis près de cinq ans a récemment aidé un autre individu «mal en point». «Cette personne a été dirigée vers son médecin de famille pour un burnout. La plupart des suicidaires ont manifesté des symptômes de dépression avant d'en venir à leur décision finale», a-t-il fait valoir.

Il faut savoir détecter tous les changements drastiques de comportement, a mentionné M. Bélanger. «Souvent, la personne ne dort pas. Elle a perdu sa joie de vivre. Elle peut être de mauvaise humeur ou agressive. Elle peut s'isoler. Ça peut aussi aller à l'inverse. Tout à coup, elle peut devenir très performante ou sortir davantage et consommer plus d'alcool par exemple.»

Électrochoc

Ayant lui-même été confronté à quelques tentatives de suicide dans son entourage, le président de Réanimation Sauve-Vie, Sylvain Blanchard, a donné un défibrillateur au CPSHY. «C'est aussi ma façon de redonner à la communauté», a affirmé celui qui est «ambulancier-paramédic» depuis plus de 38 ans. L'appareil à la fine pointe, d'une valeur de 2300$, sera mis aux enchères au cours des semaines à venir. La mise de départ est de 1500$. L'initiative se déroule jusqu'au 15 mars via la page Facebook CPS-Haute-Yamaska. Les gens ou les entreprises qui prendront part à cette vente publique auront droit à 10% de rabais lors de l'achat d'un défibrillateur à prix régulier. La somme recueillie sera investie dans la formation de sentinelles.

Dans le cadre de la semaine de prévention, le CPSHY présentera également la conférence d'Isabelle Fontaine, qui s'intitule «Comment donner plus de sens à son travail, à sa vie?». L'événement aura lieu au Palace de Granby, le 1er février, à 19 h. L'entrée est gratuite et les billets sont disponibles seulement sur place. Le public est invité à faire un don à la fin de l'activité. Rappelons que le CPSHY offre ses services sans frais aux personnes suicidaires, aux endeuillés ainsi qu'à leurs proches. Ceci en tout temps par le biais de sa ligne d'intervention au 1-866-277-3553.

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