Eddy Clément: un collectionneur fidèle aux postes

Le sous-sol d'Eddy Clément et de Suzanne Riendeau... (photos Alain Dion)

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Le sous-sol d'Eddy Clément et de Suzanne Riendeau a des airs de musée. Pas moins de 250 radios de tous genres meublent l'espace. Certains modèles célébreront bientôt un siècle d'existence.

photos Alain Dion

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) Nombreux sont les collectionneurs qui possèdent une vision mercantile des objets qu'ils accumulent. Eddy Clément n'est pas de ceux-là. Les radios exposées dans son sous-sol ont à ses yeux une valeur patrimoniale, voire muséale. Et pour cause. Spécialiste d'appareils datant du début du Broadcasting (1920), il détient, entre autres, plusieurs haut-parleurs à pavillon et postes à galène qui ont marqué le début de la diffusion de masse.

«Si j'avais tout gardé ce que j'avais, ça me prendrait aujourd'hui trois maisons!», lance Eddy Clément, en dévoilant son impressionnante collection de radios de tous genres et de tous les formats qui auront bientôt 100 ans.

La passion de M. Clément pour les anciens récepteurs, haut-parleurs et émetteurs remonte aux années 1970. C'est précisément en 1977 que lui et sa femme, Suzanne Riendeau, ont commencé à s'intéresser à ces appareils qui ont changé la société et marqué l'histoire. Ensemble, ils ont lu sur le sujet, acheté des revues spécialisées pour mieux connaître chacune des pièces qui composent une radio et parcouru brocantes et antiquaires. Leurs appareils viennent de partout: Angleterre, Paris, Australie, etc.

«C'était une vraie chasse au trésor!», lance Suzanne, aussi passionnée que son mari collectionneur.

«C'est notre patrimoine», insiste Eddy, qui a agi à titre de conseiller historique pour l'épisode Unis par les ondes dans le cadre de la série Au Coeur du XXe produit par l'ONF.

«La radio a permis l'ouverture sur le monde, le développement de l'éducation et du marketing et la diffusion de l'information», note sa femme.

«Les radios transistors de l'époque sont en fait les iPod d'aujourd'hui», poursuit-elle, rappelant l'émerveillement qu'ont sans doute vécu certaines personnes à une ère où plusieurs ne savaient encore ni lire ni écrire. Tous pouvaient désormais se faire leur propre idée sur la société dans laquelle ils évoluaient. «Pense à la prise de conscience que ça a créée, ajoute-t-elle. On l'oublie. C'est dommage qu'au Québec on n'ait pas une plus grande culture à ce niveau.»

«Au début, les gens se changeaient de vêtements pour écouter la radio!, rappelle le collectionneur. Ça a changé bien des choses, mais c'est comme occulté. Il y a eu quelque chose avant ce que nous connaissons aujourd'hui.»

Diffuser l'information

Ensemble, le couple souhaite donc faire connaître cet univers fascinant. Comme ils ne pouvaient pas tout garder dans leur sous-sol à Cowansville, Eddy et Suzanne ont fait don de certains appareils à des musées, dont le Musée des ondes Émile-Berliner de Montréal, ainsi qu'à Radio-Canada. «Nous avons élagué et élagué», ne cache pas celui qui possède aussi plus de 3000 disques vinyles, des archives de Radio-Canada et de nombreux documents sur l'histoire de la radio. Pour plusieurs radios qui forment sa collection, le couple possède la publicité qui en faisait la promotion à l'époque, voire les papiers d'origine qui s'y rattachaient.

«On est prêts à transmettre l'information», insiste Eddy, membre de la Société québécoise des collectionneurs de radios anciens.

«On veut laisser quelque chose», enchaîne sa femme.

Tous deux ne se font donc pas avares de commentaires quand vient le temps de faire découvrir le fruit de leurs nombreuses recherches. Parmi les 250 appareils mis en valeur dans leur demeure, on retrouve de vrais petits bijoux. Comme cette radio à galène qui aurait été fabriquée dans le temps de la guerre à partir d'une raquette de ping-pong. «Dans le temps, les gens achetaient des pièces et se montaient une radio!, rapporte le collectionneur. Une radio, ça valait une fortune. Certaines se détaillaient 400$. En 1920, c'était le prix d'un bungalow!»

Leurs appareils ne fonctionnent pas tous. Ce qui importe, c'est l'histoire cachée derrière chacun. «Ça n'a aucune importance pour moi s'ils fonctionnent ou pas, soutient Eddy. C'est de l'électronique. Ce n'est pas fabriqué pour durer 100 ans. C'est composé de produits chimiques, etc. Mais c'est une pièce de musée. Notre patrimoine.»

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