Abus sexuels chez les hommes: un nouvel outil pour briser le silence

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On voit ici Bertrand Proulx, directeur général de RHHY, aux côtés de Zakya Abounaïdane, l'initiatrice du projet HASE, lancé officiellement lundi.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) L'organisme Ressource pour hommes de la Haute-Yamaska (RHHY) a fait un pas de plus pour aider sa clientèle à briser le silence à propos d'abus sexuels vécus durant l'enfance. Ceci en emboîtant le pas au programme HASE, lancé officiellement lundi.

«L'abus sexuel doit avoir le palmarès d'être partagé avec les violences les plus graves, les plus destructrices et les moins dénoncées. C'est une vérité criante. La loi du silence règne sur cette forme de violence souvent commise par les proches», a indiqué en point de presse l'adjointe à la coordination du projet HASE (hommes abusés sexuellement durant l'enfance), Zakya Abounaïdane.

En fait, l'initiative a pris naissance en avril 2014 lorsque des membres de RHHY ont pris part à un séminaire mené par À coeur d'homme, un regroupement dont fait partie l'organisme granbyen. Une présentation des services offerts par CRIPHASE, une ressource montréalaise qui accueille la clientèle masculine ayant été victime d'abus sexuels, a été l'élément déclencheur du projet initié par Mme Abounaïdane dans la région. «Il y a tellement de tabous qui entourent la masculinité. C'est important d'aider les hommes à les faire tomber», a-t-elle fait valoir.

De son côté, le directeur général de RRHY, Bernard Proulx, a évoqué des statistiques plutôt éloquentes. «Près de 90 % des agressions sexuelles ne sont pas déclarées à la police. Les deux tiers des victimes sont âgés de moins de 18 ans. Près de huit victimes sur dix connaissent leur agresseur. Et un homme sur trois affirme avoir subi des contacts sexuels non désirés durant sa vie.»

Les séquelles et les symptômes des sévices sexuels les plus souvent reportés vont de la dépression à la tentative de suicide, en passant par la toxicomanie et le trouble de la personnalité limite, a poursuivi M. Proulx.

Isolement

Un des principaux objectifs du programme HASE est de briser l'isolement des hommes. «Plus la victime arrive à vivre les émotions qui font partie de la réalité de l'abus sexuel, plus il lui est possible de retrouver une certaine paix. La vie est une boîte à surprises qui risque d'éclater au moindre stimulus. Les souvenirs de l'abus sont envahissants et menaçants. Notre accompagnement permet à la victime de prendre une certaine distance par rapport à ce passé. Mais cette fois-ci, le passé est mieux digéré, a illustré Mme Abounaïdane. L'homme qui vient chercher de l'aide est très [peu] conscient que cet acte a un impact sur son mal vécu et les comportements inadmissibles en société.»

Ainsi, la démarche se décline en dix ateliers. Ceux-ci portent notamment sur le choc post-traumatique, les mécanismes d'adaptation et les séquelles psychologiques des abus, comme le déni et le refoulement des émotions.

Jusqu'à maintenant, un premier groupe de six hommes ont pris part au projet. Son instigatrice s'est dite ravie des résultats obtenus. «Plus les hommes découvrent qu'il y a un espace pour eux, plus ils y viennent, a-t-elle mentionné. Avec nous, les hommes entrent dans un bain. En groupe, il y a un partenariat qui se crée. Ils ne sont plus seuls. C'est beau de voir la dynamique qui s'installe.»

Pour de plus amples renseignements à propos des services de RHHY et du programme HASE, signalez le 450-777-6680.

Retrouvez plus de détails dans notre copie papier.

Abonnez-vous gratuitement au : http://ofsys.com/T/OFC4/CP/1075/ZXnv5XjM/OF/Inscription.ofsys

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