Mutations au Centre local d'emploi de la Haute-Yamaska: un transfert qui dérange

Nicolas Luppens, coordonnateur du GASP, Roger Lafrance, président... (Photo Janick Marois)

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Nicolas Luppens, coordonnateur du GASP, Roger Lafrance, président du GASP et coordonnateur de l'ACEF Montérégie-Est et Steve Bouthillier, directeur du Passant, craignent que le transfert d'agents administratifs du Centre local d'Emploi de la Haute-Yamaska vers Saint-Hyacinthe ne rendent plus vulnérables des gens déjà en grandes difficultés.

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) Le transfert d'agents administratifs du Centre local d'emploi de la Haute-Yamaska de Granby vers les bureaux de Saint-Hyacinthe en 2016 inquiète les représentants d'organismes communautaires de la région qui travaillent avec une clientèle bénéficiaire de l'aide sociale. Cette réorganisation augmentera les délais dans le traitement des dossiers, fustigent-ils.

L'éloignement viendra aussi compliquer les choses pour cette clientèle déjà vulnérable, tout en augmentant la charge de travail d'organismes pour qui la tâche est déjà lourde en ce qui concerne le traitement de demandes de prestations de dernier recours.

Dans le but de faciliter l'organisation du travail et d'améliorer la gestion des dossiers, cinq agents administratifs et leur chef d'équipe quitteront le Centre local d'emploi (CLE) de la Haute-Yamaska de Granby pour s'installer dans les bureaux du service situés à Saint-Hyacinthe. Des changements qui, selon David Mckeown, porte-parole pour Emploi-Québec, n'auront pas d'impact sur la clientèle. «Il n'est pas question de fermeture et des gens vont continuer de travailler au CLE de Granby», dit-il. Les gens transférés, ajoute-t-il, n'ont pas de contacts avec la clientèle. «Ils travaillent dans le traitement des dossiers, souligne M. Mckeown. Ce regroupement vise à répondre aux demandes encore plus efficacement.»

Une explication loin de convaincre les représentants du Groupe Actions Solutions Pauvreté (GASP), de l'ACEF Montérégie-Est, du Passant et du Partage Notre-Dame, qui ont convoqué les médias récemment. «Il va y avoir tout un défi de soutien, estime Nicolas Luppens, coordonnateur du GASP. Localement, il y aura des enjeux.»

L'heure est d'ailleurs à l'inquiétude au Partage Notre-Dame qui, dans le cadre du Plan d'action pour la solidarité et l'inclusion sociale (PARSIS), a dû mettre les bouchées doubles pour aider les personnes à remplir leurs formulaires et répondre aux demandes de vérification à l'aide sociale. Une intervenante supplémentaire est venue en aide au service d'aide et de référence de l'Azimut. Toutefois, le projet étant terminé, l'organisme entrevoit difficilement comment il sera possible de répondre aux demandes provenant des prestataires de l'aide sociale, dans un contexte où celles-ci ont doublé depuis septembre 2015. Le départ de l'équipe administrative du CLE vers Saint-Hyacinthe fait craindre à Julie Rivet, coordonnatrice du Partage Notre-Dame, une hausse supplémentaire des demandes de soutien.

«Et je fais quoi si je suis obligée de réduire au maximum? , lance-t-elle, déchirée. Je devrai couper un service. Je n'aurai pas le choix. On porte le service à bout de bras et on ne fournit pas. Le besoin est là!»

«Ça va être encore plus compliqué pour la personne qui attend son chèque, regrette Roger Lafrance, coordonnateur de l'ACEF Montérégie-Est et président du GASP. Une classe de personnes pour qui c'est déjà difficile. On craint des délais supplémentaires.»

Des économies qui se feront, encore une fois, sur le dos de gens déjà dans une situation de grande vulnérabilité, déplore Nicolas Luppens.

«On éloigne les services gouvernementaux de la frange la plus vulnérable de la population, note Roger Lafrance. Celle qui est souvent aux prises avec des problématiques autres que le budget, comme la difficulté à lire, à avoir un accès à un téléphone ou à Internet, ou qui vivent des défis liés à l'organisation personnelle.»

«Remplir les demandes de prestation et rapailler toute la paperasse nécessaire est difficile, même pour une personne éduquée et scolarisée. Imagine..., fait remarquer Mélanie Tétreault, qui s'occupe du Programme de soutien à l'aide sociale au Partage Notre-Dame. Plusieurs me disent que sans notre aide, ils auraient abandonné les démarches. Des fois, il (le gouvernement) demande des choses impossibles. Il peut même remonter jusqu'à deux ans en arrière. Pour la personne aux prises avec, par exemple, des problèmes de santé mentale, c'est difficile.»

Ce à quoi le porte-parole d'Emploi-Québec, rappelle qu'un grand pourcentage de la clientèle gère leurs dossiers par téléphone, rappelant que des employés seront toujours présents au bureau de Granby pour accueillir les gens.

Concertation

Les organismes communautaires de la région envisagent maintenant de faire front commun pour trouver des solutions. «On a quelques idées, ne cache pas le coordonnateur du GASP. Nous ferons ça de concert avec les différents acteurs du milieu concernés. Il faut voir comment nous travaillerons ça, dans un contexte où les finances diminuent au même rythme que les demandes augmentent...»

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