Le quadruple bonheur de la famille Brenn/Potvin

Katherina (Katia), Louis Brenn, Constantin (Costia), Sergei, Isabelle... (Photos Julie Catudal)

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Katherina (Katia), Louis Brenn, Constantin (Costia), Sergei, Isabelle Potvin et Yaroslav (Yari), le chien Chika et la chatte Margarita forment la famille Brenn. Occupée ailleurs au moment de prendre la photo, la chatte Loulou. L'heure de la collation.

Photos Julie Catudal

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) «La vie est trop belle pour ne pas avoir d'enfants!», a lancé un jour Louis Brenn. Et quand celle-ci fait obstacle à nos rêves, des solutions existent. C'est ainsi que lui et sa femme, Isabelle Potvin, ont décidé de se tourner vers l'adoption internationale. Ils allaient accueillir une fratrie de deux à quatre enfants de 2 à 14 ans venue de l'Ukraine. Depuis un mois, Katherina, Sergei, Constantin et Yaroslav font le bonheur du couple concentré à leur construire un nid douillet fondé sur l'amour inconditionnel.

Dans leur grande maison fraîchement rénovée - un énorme dégât d'eau les a surpris juste avant leur départ pour Kiev alors qu'ils venaient de tout restaurer en vue de l'arrivée des enfants -, Isabelle et Louis parlent de leurs trois fils et de leur grande fille comme s'ils avaient toujours fait partie de leur vie. Seuls les mots russes insérés ici et là dans les conversations nous rappellent l'origine des quatre enfants. Du côté des petits comme celui des parents, chacun a appris environ 300 mots de base dans la langue de l'autre, histoire de faciliter les échanges. «La magie a opéré, se réjouit Isabelle, travailleuse sociale et psychothérapeute. Tu vas voir, certains me ressemblent!»

Tous blonds comme leur mère, il est vrai que Katia, 10 ans, Sergei,7 ans, Costia 4 ans, et Yari, 3 ans, peuvent avoir des airs de famille. Pour la rencontre avec l'hebdo Le Plus, Costia, pour faire comme son papa, portait sa belle cravate.

«Ce sont nos enfants, marque Isabelle. Dès le début pour nous, ils étaient nos enfants, dans notre tête et dans notre coeur.»

Un grand bonheur qu'ils doivent en partie à leur fille, car en Ukraine, il revient à l'aînée de la fratrie de donner son accord pour que tous soient adoptés. Il revenait donc à Katherina, surnommée Katia, d'accepter qu'elle et ses frères refassent leur vie au Canada. Les quatre enfants ont été retirés de leurs parents biologiques pour cause de négligence morale et sociale.

De leur côté, Isabelle et Louis, de Waterloo, ont voulu adopter une fratrie, entre autres parce que ce geste répondait à des valeurs sociales chères à leurs coeurs. Ils étaient même prêts à risquer leur vie pour mener à bien leur projet. Pendant leur séjour en Ukraine cet été, la zone de conflit était souvent active, ce qui a souvent eu un impact sur leurs horaires de visite à l'orphelinat où vivaient les petits.

Après des semaines d'adaptation, de paperasse, d'apprivoisement mutuel, d'attente, de jeux, de surprises, de découvertes, de questionnements, de rendez-vous, les parents et leurs enfants sont arrivés à Waterloo en octobre dernier.

À cheval sur son nouveau vélo à son arrivée, Katia a permis à la famille finalement réunie de faire une petite visite des alentours.

Adaptation

Depuis, leur découverte du Québec, de leur maison et de leurs parents se fait par le bricolage, les jeux à l'extérieur, les soupers en famille, bref dans le train-train quotidien. L'heure est à l'adaptation. «Ils s'enracinent dans leur lien de sécurité, explique Isabelle, qui aura40 ans en mars. Les soins, c'est nous qui leur donnons. Nous les prenons, leur donnons de l'affection, leur enseignons des mots, ce qui est le rôle d'un parent! Ils ne reçoivent pour l'instant d'éducation de personne d'autre.»

Par exemple, juste pour la routine du dodo, le couple doit prévoir en moyenne trois heures chaque soir. À tour de rôle ils bordent, bercent et massent leurs amours. Ils leur racontent des histoires. Le tout pour les sécuriser et créer le lien d'attachement. «Mettons que ça oblige à laisser aller des morceaux!», lance Louis, en riant. Lui et sa conjointe sont à des lunes de s'en faire avec la poussière de rénos qui pourrait se trouver sur le plancher de la cuisine ou les poils laissés ici et là par Chika, leur chien, ou Margarita et Loulou, les deux chattes de la maisonnée.

«Les enfants sont très actifs et créatifs, dit Isabelle. Ce sont des producteurs de dessins à l'infini!»

Si tout va bien, Katia et Sergei, les deux plus vieux, commenceront l'école en janvier. D'ici là, Louis, 35 ans, profite d'un congé parental et Isabelle prévoit travailler à temps partiel dans son bureau attenant à la maison familiale.

«Ils sont l'fun à connaître», dit la maman.

«Notre sentiment est de les connaître depuis toujours, poursuit Louis. Ils sont là, et c'est tout. J'ai hâte de voir comment ils seront à l'école. Là, on veille simplement à être ensemble, à mettre en place des règles de vie.»

Une vie de famille qui s'installe dans la douceur grâce à l'aide généreuse des proches et des ami(e)s du couple Brenn/Potvin. Grâce à des plats prêts à mettre au four, Louis peut, par exemple, jouer au baseball dans la cour avec ses enfants sans avoir à penser à la planification des repas. «On est bien entourés», se réjouit Isabelle.

Ainsi, pour lui faciliter la vie, la famille Brenn a reçu des vêtements, des jouets et de l'argent.

Ce qui manquerait, souligne la maman, ce sont des équipements de sports d'hiver en bon état (patins, traîneaux, skis, raquettes, etc.) et des soins. «Par exemple, une visite chez le dentiste, l'optométriste, le chiro ou le physio, énumère-t-elle. Ce sont des enfants qui ont été violentés, alors ces soins pourraient leur faire un très grand bien.» Pour joindre Louis Brenn et Isabelle Potvin, il est possible de leur écrire au brennlouis@gmail.com

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