Quatre gars autour d'une cause

Maxime Corriveau, Alexandre Bégin, Steven Griggs et Laurent... (Photo Alain Dion)

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Maxime Corriveau, Alexandre Bégin, Steven Griggs et Laurent Lajeunesse, tatoueurs au Tattoo Shop, organisent deux jours de tatouage dans le cadre de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

Photo Alain Dion

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) Fin novembre se tiendra la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Sensibles à la cause, quatre tatoueurs du Tattoo Shop de Granby ont décidé d'organiser un événement marquant.

Les mercredi et jeudi 25 et26 novembre, ils accueilleront les gens prêts à se faire tatouer un signe bien précis en guise de soutien, de protestation et de dénonciation. Pour chaque tatouage produit (60$), 30$ seront remis à la Maison Alice Desmarais, un organisme de Granby qui vient en aide aux femmes, avec ou sans enfants, victimes de violence conjugale.

C'est Alexandre Bégin, tatoueur, dont la conjointe a déjà eu à faire appel à la Maison Alice Desmarais lors d'une relation précédente, qui a parlé de l'idée à ses collègues du Tattoo Shop.

Une initiative qui réjouit bien sûr la directrice de la maison d'hébergement fondée en 2006. Chaque année, la Maison Alice Demarais tente de rejoindre les témoins et les proches de femmes pouvant être victimes de violence conjugale. Ainsi, ils approchent les coiffeurs, les esthéticiennes, les pharmaciens, voire les vétérinaires, pour parler du phénomène avec eux. «Tous ces professionnels reçoivent des confidences, souligne Carmen Paquin. Le milieu des tatoueurs n'était pas dans nos plans, mais ça a fait son chemin. C'est un groupe très intéressant qui établit un lien de confiance avec sa clientèle.»

Un dépliant produit par l'organisme a été développé justement pour accompagner tous ces gens qui oeuvrent dans le public pour qu'ils développent une attitude aidante. «Souvent, les gens se sentent impuissants», ne cache pas Mme Paquin. Ils doivent simplement écouter sans juger, poser des questions, respecter le rythme de la personne et, si l'occasion se présente, parler des ressources qui existent dans le domaine.

La directrice de la Maison Alice Desmarais applaudit l'implication des tatoueurs du Tattoo Shop. «C'est beau de voir cette gang de gars dénoncer la violence faite aux femmes, insiste-t-elle. Certains sont touchés personnellement, mais tous acceptent de s'exposer, de passer à l'action. C'est une très belle initiative.»

Des gars impliqués

Déjà impliqué dans le projet point-virgule, il était tout naturel pour Alexandre Bégin de faire sa part pour une autre cause qui lui tenait à coeur. Le projet point-virgule (Project Semicolon), lancé aux États-Unis en 2013, invite les personnes souffrant de dépression ou ayant des pensées suicidaires à se faire tatouer un point-virgule à l'intérieur du poignet. Ce signe symbolise la vie qui se poursuit, alors qu'elle aurait pu se terminer se façon dramatique.

«Ce n'est pas juste une question de faire un don pour la cause, insiste le grand gaillard de 27 ans. C'est aussi de dénoncer, car il y a un vrai problème (de violence faite aux femmes) et il faut que ça se règle.»

Le tatouage proposé dans le cadre de la Journée internationale pour l'élimination de la violence faite aux femmes se résume au signe qui représente le genre féminin: un rond avec une croix vers le bas, qui évoque également la déesse de l'amour. C'est subtil, fait remarquer le tatoueur, et les gens peuvent choisir de le porter là où ils le veulent.

«Ma fiancée a été victime d'abus et elle a eu recours aux services du CALACS, raconte pour sa part Laurent Lajeunesse, un tatoueur d'expérience qui participe au projet. Ça me fait chaud au coeur de voir à quel point les gars s'impliquent. Ça n'a pas de bon sens de voir toutes ces formes d'abus dont sont victimes les femmes.»

Maxime Corriveau et Steven Griggs, deux autres tatoueurs du Tattoo Shop, propriété de Louis-Philippe Racine, sont également de l'aventure.

«Je suis quelqu'un qui aime faire sa part pour la société, souligne Maxime, en plein travail. Je suis juste déçu de ne pas avoir eu l'idée avant Alex!»

Comme le fait remarquer Steven, tout le monde connaît, de près ou de loin, une femme qui a été victime d'abus ou de violence. D'ailleurs, dans leur métier, il n'est pas rare qu'ils soient les premières personnes à qui des victimes dévoilent leur secret. «On entend toutes sortes d'histoires, dit-il. On fait un job très libérateur. On écoute, mais là, on voulait pousser un peu plus loin.»

Du coup, les artistes espèrent que le vent tourne en ce qui concerne la perception que certaines personnes peuvent avoir envers eux. «On veut montrer qu'on a du coeur et une sensibilité, insiste Alexandre, conscient que son apparence peut en intimider plusieurs. On est loin du temps des bikers qui, quand ils tombaient sur une aiguille, décidaient de se tatouer une tête de mort! On est des artistes.»

«Partout où on va, on se fait dévisager, poursuit-il. On aime l'art, le dessin. On est des êtres sensibles et on veut faire notre part pour de bonnes causes.»

Les gars du Tattoo Shop sont fébriles à l'idée de voir l'ampleur que prendra leur initiative. Si c'est un succès, ils se disent déjà prêts à reconduire la formule l'an prochain, pour une autre cause qu'ils ont de tatouée sur le coeur.

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