Champignons sauvages : aucune place pour la témérité

Dans le grand règne végétal des Fungi, il existe beaucoup plus de champignons... (photo Réjean Perreault)

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) Dans le grand règne végétal des Fungi, il existe beaucoup plus de champignons sauvages non comestibles que le contraire. Mais c'est la qualité qui compte plus que la quantité... Parlez-en à Louise Fortin. Grâce à l'Agaric des jachères bien apprêté, elle a eu la piqûre pour ce petit fruit méconnu à chapeau. D'abord mycophage, elle est devenue mycologue. Depuis, elle offre des ateliers partout au Québec. D'abord pour faire connaître cet univers, mais, surtout, pour sensibiliser les gens à l'intoxication.

«J'ai été une pionnière dans le domaine en Beauce, lance la Granbyenne d'adoption. J'organisais des rencontres en forêt les week-ends. Je suis très fière de ça!»

Des champignons, Louise Fortin en mange donc depuis plus de30 ans, et ce, dans tous les sens du terme. «Si ça avait été de simplement les identifier, je n'aurais pas continué, affirme-t-elle. Mais le fait de les préparer et de les manger, c'est ce que j'aime le plus.»

Mais avant de penser à consommer des champignons sauvages, il faut savoir lesquels sont vénéneux, n'insistera jamais assez la mycologue. Il y a quelques années, elle a d'ailleurs pondu le Guide d'initiation à la mycologie à l'attention des néophytes. Un petit livret très complet disponible au Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin. Pour ceux qui veulent pousser leur recherche plus loin, Mme Fortin conseille La fonge du Québec. «C'est l'outil par excellence pour l'identification», dit-elle, en ajoutant que le monde des champignons est en perpétuel changement. «Aucun mythe n'est vrai en mycologie, lance-t-elle. Rien ne tient la route! Mais chose certaine, dans le doute, il faut toujours s'abstenir.»

Si les choses bougent autant dans le règne végétal des Fungi, c'est que depuis quelques années, un classement des champignons selon leur code génétique est en branle. «Le nom des espèces change beaucoup, mais ça achève!», se réjouit la mycologue, qui rappelle que le langage universel dans le domaine reste le latin. «Ainsi, tout le monde parle la même langue!»

Selon elle, connaître dix espèces de champignons sauvages par coeur permet facilement aux curieux de s'amuser. «Moi, c'est ma curiosité qui m'a menée à cette passion et c'est toujours resté! , lance-t-elle. C'est tout un monde.»

Prudence

Un domaine qui demande toutefois beaucoup de prudence, car seulement 25 grammes d'un champignon non comestible et toxique peuvent causer la mort. «C'est moins d'une once, fait remarquer Mme Fortin. Lui toucher, ça ne cause pas de problème. Même si on porte ensuite nos doigts à la bouche. Ce qu'il ne faut pas, c'est l'ingérer.»

D'où l'importance de savoir bien les identifier. Surtout en sachant, par exemple, que l'Amanite vireuse (mortelle) peut être facilement confondue avec la Lépiote lisse, et que le Clitocybe lumineux (vénéneux) s'apparente aux très célèbres Chanterelles. «Le Clitocybe lumineux, souvent associé au chêne, pousse en touffe, alors que les Chanterelles, que l'on retrouve plus isolées, au sol, poussent en talles. PRUDENCE!», souligne la mycologue d'expérience.

«Dans chaque atelier, nous faisons une excursion pour apprendre à bien cueillir les champignons, raconte-t-elle. Par exemple, lors de la cueillette, il faut toujours aller chercher la base du pied, la volve, qui est un caractère d'identification très, très important.» Même chose pour le chapeau et sa couleur, le pied et si celui-ci présente un anneau, et les lames (sous le chapeau).

«On ne s'improvise pas mycologue!», soutient Louise Fortin, souvent appelée dans les hôpitaux de la région pour identifier des champignons ingurgités par des enfants.

«Une fois, j'ai eu vraiment peur, raconte-t-elle. Une petite fille avait mangé un champignon de pelouse. Le médecin s'apprêtait à la traiter pour l'Amanite vireuse, mais c'était finalement une Lépiote lisse. Heureusement, la maman avait eu le réflexe d'en apporter un à l'hôpital.»

Pour ceux et celles qui souhaitent en savoir plus sur les champignons sauvages, Louise Fortin se prépare à donner un atelier de niveau 1 les 26 et 27 septembre à l'Auberge des Appalaches de Sutton. Il reste encore quelques places pour le dimanche 27. Début octobre, plus précisément le samedi3 octobre, elle offrira un atelier niveau 2 (il faut avoir suivi le niveau 1), au Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin. Le lendemain, elle sera à l'Auberge des Appalaches. Pour s'inscrire: loufortin45@hotmail.com. Pour en savoir plus: www.mycolouise.com

Retrouvez plus de détails dans notre copie papier.

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