Des jardins tout en beauté

L'artiste Catherine Bodmer en compagnie de la jardinière... (photo fournie par Catherine Bodmer)

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L'artiste Catherine Bodmer en compagnie de la jardinière au long parcours, Lise Deslauriers.

photo fournie par Catherine Bodmer

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) Pour l'artiste en art visuel Catherine Bodmer, la beauté est dans l'oeil de celui qui regarde, comme disait Oscar Wilde. Pour elle par exemple, des endroits négligés, des terrains et jardins abandonnés représentent des lieux qui laissent libre cours à l'imagination. Des zones de liberté et d'expression qu'elle se plaît à photographier. Le samedi 26 septembre, elle lancera un album de cartes postales nées de sa rencontre avec une poignée de jardiniers d'ici dans le cadre de sa résidence au Centre d'essai en art actuel 3e Impérial. 

Le projet Les paradis de Granby reflète les idées et attitudes des gens envers l'aménagement de leur espace quotidien, plus précisément de leur jardin. «J'ai toujours été intéressée par la notion de la beauté, explique Catherine Bodmer, originaire de la Suisse. Nous avons tendance à idéaliser notre environnement. On projète des idées du paradis autour de nous. Par exemple, les jardins, peuvent être le miroir de nos désirs.»

Guidée par les principes du programme de résidence en art inflitrant mis sur pied il y a des années au 3e Impérial, Catherine Bodmer a donc cherché des jardiniers avec qui vivre son projet. Une seule participation à l'assemblée générale de la Société d'horticulture de Granby lui a permis d'en recruter cinq. «Le but de l'art infiltrant est de créer des liens avec des gens peu habitués à l'art actuel, qui n'est pas si accessible que ça, souligne l'artiste. C'est l'idée de créer des liens.»

Cinq jardiniers, cinq univers

Ce qui intéresse Mme Bodmer, c'est le processus qui mène à l'élaboration d'un jardin. «Le côté caché du jardin, dit-elle. Je voulais connaître les idées derrière tout ça.»

C'est d'ailleurs pour cette raison que l'artiste s'est rendue chez chaque jardinier en période «hors saison». Sa séance de photos, elle l'a commencée... à la fin de l'automne. «Les gens me disaient 'mais c'est fini! ', raconte-t-elle en riant. Au début ils étaient surpris, mais ils sont vite embarqués. Et j'ai trouvé la beauté partout, car dans chaque démarche il y a plein de motivations.»

Comme le fait remarquer Catherine Bodmer, les jardiniers connaissent leurs jardins. Ils en parlent, les prennent en photo, partagent leurs expériences, etc. «Ce sont des passionnés, souligne-t-elle. La réalité rendait leur jardin vivant, même sous une fine couche de neige.»

De ses jardiniers, Mme Bodmer en avait trois installés en ville et deux en campagne. L'un d'eux possédait ce que l'artiste a qualifié de «jardin animé». «Cette personne était très imaginative et créative, dit-elle. Son jardin comptait des artéfacts, des sculptures, des bibelots, des poupées. C'était très vivant. Un lieu où se cotoyaient l'artificiel et le naturel.»

Un deuxième jardin se composait de fleurs. Un peu à l'image d'un jardin anglais. «La dame était comme une peintre, raconte l'artiste. C'était très intuitif. Ça a été pour moi un plaisir de découvrir toutes ces personnalités.»

Un autre s'occupait d'un jardin très sculpté, organisé selon les odeurs et autres particularités des fleurs et vicaces qui composaient son décor.

Après quelques visites individuelles et des rencontres de groupe, Catherine Bodmer a produit un livre de 40 cartes postales composées de photos prises lors de ses entretiens. Comme les jardiniers qui se font un plaisir de s'échanger des plants, des boutures ou des semences, l'artiste voulait ainsi «continuer la dissémination.»

En plus de porter divers souvenirs horticoles, les cartes postales transportent aussi des citations des anecdotes et des extraits de ce qu'a inspiré Les paradis de Granby aux jardiniers participants. 

La collection de cartes postales sera lancée le samedi 26 septembre à la librairie Écololivre située au 216, rue Principale, à Granby. La veille, le vendredi 25, à 16h, il y aura une conférence causerie intitulée Les mains à la terre: quand l'art pousse dans le jardin, avec l'historienne de l'art Gentiane Bélanger et Catherine Bodmer. C'est au théâtre de poche du cégep de Granby.

Retrouvez plus de détails dans notre copie papier.

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