Les T qui sonnent

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France Arbour

Collaboration spéciale

La Voix de l'Est

Depuis un certain temps, je suis attentive à tous les t en finale de mots qui résonnent et bourdonnent et m'étonnent. Oui, je sais qu'il y a icitte pour ici et deboutte pour debout, mais tout de même!

Pourrait-on prêter attention aux différences qu'il y a entre le féminin et le masculin dans les phrases suivantes: Toute le monde était là! Toutes les services suivants vous sont offerts gratuitement. Ce n'est pas «tous» les services? Où a-t-on pêché le t?

Depuis des décennies, on s'est habitué à dire «tout drette» pour «tout droit», «y fait frette» pour «il fait froid». Je vous l'accorde volontiers, moi-même je l'utilise dès que le temps d'hiver descend à -5 degrés Celsius. Car chez nous, il y a frisquet, frais, froid et frette. Une belle gradation du thermomètre!

Nous disons correctement le mot «but», alors que nos cousins de France disent «butte». Ils ont tort.

L'autre jour, on mentionnait que «toutes» les autobus étaient à l'heure. Je m'excuse de vous rappeler que l'autobus, tout comme le camion, est masculin. Les t qui peuvent sonner sont ordinairement suivis du e qui reste muet comme dans goutte, doute, frite, cuite, arbuste, flûte...

Voyons une phrase dite en 198 de notre ère par Septime Sévère, empereur d'origine africaine. Il souffrait de la goutte et remit à plus tard des campagnes militaires. Ses officiers proclament son fils Caracalla, âgé de 10 ans. Sévère fait arrêter les coupables et devant les hommes qui implorent sa clémence, il donne cette petite leçon politique et tapotant son front de la main: «Vous comprenez maintenant que c'est la tête qui commande et non les pieds.» 

Le joli mot sonnet a un t muet, mais d'où vient ce mot?

Il arrive en France par l'italien sonnetto au XVIe siècle voulant dire petite chanson, car les sonnets étaient souvent mis en musique. Le premier poète à pratiquer cet exercice rigoureux est Clément Marot, en 1536.

Quant au mot «cantate», il arrive aussi de l'Italie et désigne un poème lyrique à chanter. Sa forme se précise au XVIIIe siècle où

Jean-Sébastien Bach compose les plus célèbres du genre.

Vous voyez que mon esprit vagabonde. Pourquoi? Suis-je mal organisée du cerveau? Est-ce que j'aime les coq-à-l'âne ou la fantaisie? Qui sait!

J'écris pour mon plaisir en espérant qu'il est aussi du vôtre. C'est aussi qu'on me laisse être libre de mes sujets. Tiens, parlant de liberté, je vous quitte avec deux citations de mes auteurs préférés: «La liberté n'offre qu'une chance d'être meilleur», signé Albert Camus.

«Je ne connais qu'une liberté et c'est la liberté de l'esprit», signé

Antoine de Saint-Exupéry.

On ne peut pas dire mieux!

À bientôt!

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